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Lemoine : dans Tune, Boniface laissait entendre que, si le roi ne se rétractait pas, il agirait contre lui temporellement et spirituellement 1 ; dans Fautre, sorte de lettre complémentaire qui devait sans doute rester secrète, le pape mandait à son légat que le roi se trouvait compris dans la sentence générale d'excommunication portée contre ceux qui empêchaient les ecclésiastiques de venir à Rome 2 . Le porteur de ces lettres était Nicolas de Bienfrait, archidiacre de Coutances, chapelain du cardinal Lemoine 3 . Le roi, apprenant que la sentence d'excommunication était lancée contre lui, fît garder les routes : Nicolas fut saisi à Troyes par les sergents du roi et emprisonné 4 . Sa présence dans cette ville était-elle un hasard? L'évêque était-il de connivence dans les agissements du pape ? On ne sait. Quoi qu'il en soit, la conduite de Guichard à ce moment ne fit pas d'éclat 5 ; et si, par rancune contre la cour, Tévêque penchait pour Rome, c'était secrètement. Il était alors en relations avec le cardinal Lemoine, en qui il avait une particulière confiance et sur lequel il comptait pour appuyer ses démarches 6 : ces rapports ne peuvent faire conclure qu'il se soit montré dans cette crise « un adversaire avoué de la politique de Philippe le Bel 7 ». On put le soupçonner, non sans raison, de sentiments hostiles au roi ; Tévêque put regretter la tournure des événements et le
i. Dupuy, Preuves du différend..., p. 89.