‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313) (volume 2)Chapitre 87 sur 208 · Regnaud de Langres · texte numérisé non relu

Regnaud de Langres

2. Il y a en somme très peu de contradictions absolues entre les témoins. Il est vrai qu'ils étaient peu nombreux et que Termite était le seul à témoigner de certains faits, les plus graves. Sa déposition reste par cela même très suspecte. L'accusation était fondée principalement sur elle.

lemaur, pendant ces trois dernières années, avait bien cité trois fois par lui-même et deux fois par ses gens Termite devant Guichard; même, un jour qu'il était allé citer l'ermite, celui-ci, en pleurant, lui demanda pourquoi Tévêque le mandait ainsi, et, à mains jointes, le pria de lui dire s'il savait quelque chose des secrets de Tévêque, et s'il les savait, de les lui confier sur le péril de son âme, ajoutant qu'il confesserait volontiers ses péchés au doyen, et lui ouvrirait sa conscience : le doyen répondit qu'il ne savait rien *. Guichard, il est vrai, couvrait le vrai motif de ces entrevues ; devant le monde, il reprochait durement à Termite certains délits, des mariages clandestins à l'ermitage 2 ; et on avait entendu dire à Regnaud : — « Béni soit Dieu ! on me charge « de ce que je n'ai pas fait ! » Mais après, on les voyait se parler en secret ; une fois ils s'étaient enfermés seul à seul dans la chapelle, le temps de chanter le Miserere mei, Deus, sans qu'on sût ce qu'ils y faisaient 3 . Lorin les avait vus plusieurs fois se concerter dans la chambre et dans la chapelle de Tévêque, portes ouvertes. Guichard gardait même Termite à déjeuner ou à dîner avec ses chapelains, ses compagnons et ses familiers 4 . Le doyen de Villemaur, qui savait, par le prieur de Clairlieu, que Regnaud avait donné la bénédiction nuptiale à deux étrangers qui passaient chez lui, et qui le voyait, après plusieurs délits, venir ainsi à la maison de Tévêque, y manger, y boire, sans que Guichard levât sur lui d'amende ni l'eût jamais puni, s'en étonnait fort et se demandait pourquoi Tévêque agissait ainsi 5 ; et Lorin, comme lui, car Guichard n'avait pas Thabitude de faire manger avec lui les bonnes gens envers qui il était tenu 6 .

Enfin, il semblait bien prouvé que Tévêque était allé secrètement à l'ermitage, la nuit. Pierre deGrancey croyait bien l'avoir

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