Notaire apostolique (v. p. suivante
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les commissaires en son absence, mais en présence de son procurem\ Ils comparurent après que l'évêque se fut retiré.
Deux témoins furent produits le mercredi 5 mars, un autre le 15. Le lundi avant les Rameaux, 17 mars. M'' André Porcheronet M" Pierre Barrière furent encore examinés, et après eux Lorin, le valet de chambre de l'évêque. On jji'oduisit ensuite un instrument scellé du sceau de la cour de Tofficial de Paris, du sceau de Richard Leneveu, archidiacre d'Auge, du sceau de Guillaume de Plaisians, chevalier, et muni des seings d'Even Phili de Saint-Nicaise, du diocèse de Quimper, et de Jean Leroux, d'Orléans, clercs, notaires apostoliques; c'était vraisemblablement une pièce qui constatait la tentative de corruption et de faux témoignage si piteusement avortée en 1303 ^
L'intention des commissaires avait d'abord été de transporter l'enquête à Provins dès le 12 mars, et à Troyes le 19. Mais ils en furent empêchés, et durent la remettre au jeudi 10 avril pour la dernière de ces villes, au 17 pour la première.
Pendant ce temps mourait l'archevêque de Sens, Etienne Bécart, que la maladie avait depuis quelque temps déjà forcé à se retirer (29 mars). Il allait avoir pour successeur- Philippe de Marigny, évêque de Cambrai, frère d'Enguerrand, un homme à la dévotion du roi, et qui se chargea de mener à la fois le procès du Temple et celui de Guichard
Le 10 avril, l'évêque d'Auxerre se trouvant légitimement
1. Elle commençait ainsi : « In Dei nomine, amen. Noverint universi pre- « sentem paginam inspecturi quod cum fidc dignorum suggestione ad domini « régis ac domine regine Francie audientiam pei'venisset quod quidam ex a testibus olim productis per dominam reginam Navarre, bone memorie, « quondam matrem domine regine, ac per ipsam dominam reginam Francie « seu per ministros et procuratores earum contra domiiium Guichardum, « episcopum Trecensem, in causa per ipsas dominas reginas mola contra « eum super facto Johannis de Calesio, quondam thesaurarii domine regine
« Navarre, detenti in carcere episcopi » La pièce finissait : « .. anno
« Domino millesimo CGC tertio. » (Arch. Nat., J. 438, n° 7, extrait).
2. Le 23 avril, le pape le nommait par provision [Gall. christ., XII, 71).
3. Enguerrand n'était rien moins que favorable à Guichard (voy. III<' partie).
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empêché, la procédure fut encore remise. Enfui, le lundi 14 avril, l'enquête fut transférée àTroyes. L'évêque avait d'abord répondu qu'il verrait s'il devait s'y transporter en personne ; mais il se décida à ne pas comparaître et envoya son procureur en son nom. En cinq jours, du lundi au vendredi, les enquêteurs examinèrent, à Troyes, soixante et onze témoins, au nombre desquels Gautier de la Porte, ancien prévôt, chargé en 1302 d'informer contre Guichard, et Hermand de Vertus, curé de Berg'ères, c[ui avait été mêlé à l'évasion de Jean de Calais. Le lundi suivant, 21 avril, les jarélats étaient à Provins : en cinq séances, du lundi au samedi, cinquante-quatre témoins furent produits, et parmi eux le curé de Barbonne, l'abbé de Nesle, Jacquette de Vinets, concubine de Guichard, M'' Jean de la Tannerie, médecin de la reine de Navarre, M'' Jacques de Bolay, son chapelain.
Le 2 mai, à Sainte-Geneviève, on exhiba encore par devant l'évêque trois pièces : d'abord certaine lettre qui semblait avoir été close, puis ouverte, scellée au dos d'un petit sceau qu'on montra à Guichard sans ouvrir la lettre : il reconnut l'impression de son propre contre-scel qu'il avait perdu depuis six ans environ ^ ; puis deux autres lettres, scellées du sceau de Jean de Calais : l'évêque avoua les avoir eues entre les mains, croyant qu'elles étaient authentiques et que le contenu en était vrai 2.
Les commissaires, après avoir prévenu l'évêque qu'ils n'avaient plus que deux témoins à produire, offrirent de lui fixer un jour pour répondre aux témoignages portés contre lui. Depuis près d'un siècle, la papauté, dans les causes d'hérésie, avait établi le secret de l'enquête^ : pour que les témoins pussent déposer librement, sans crainte des vengeances, leur audition était secrète ; l'inculpé lui-même n'y assistait pas. Toutefois les p'arties
1. Il doit s'agir ici de la lettre adressée par Guichard à Cassiano, rapportée p. 27 ; c'était en effet une lettre close, et elle porte encore au dos la trace du contre-sceau.
2. C'étaient les lettres au roi et à la reine rapportées pp. 37 et 38.