LES DÉPOSITIONS DEUXIÈME SÉKIE : P'" ARTICLE
Que Vcvêquc a été engendré par un neton (27 témoins)
L'évêque était fils du diable : sa mère en accouchant avait confessé in extremis qu'elle avait été stérile pendant plus de sept ans et qu'elle n'avait pu le concevoir que d'un neton qui fréquentait
1. L'arbitraire restait la règle clans la procédure de ïinquisitio hereticc praviiaiis.
2. Dans les justices royales, une ordonnance avait prescrit, dès 1254, la puhlicatio ieslium (Ad. Tardif, ouv.cit., pp. 101-106); et bientôt, les papes eux-mêmes, Innocent III et Boniface VIII, avaient consenti à autoriser la publication des noms des témoins quand il n'y avait pas danger à les faire connaître (L. Tanon, ouv, cj7.,p. 389).
LÈS DÉPOSITÏONS
dans la maison K C'était commune renommée au pays. Guichard était né à Villemaur, dans une maison en face du prieuré de Saint-Flavit, lequel dépendait de Montier-la-Celle^ ; on appelait la maison de son père la maison du diable 3 ou la maison du neton^. A l'abbaye, quand il était moine, et, quand il était devenu prieur de Saint-Ayoul, à Provins, les moines racontaient queGuicbard était fils de neton, qu'un neton avait fréquenté dans la maison de sa mère, avant et après sa naissance, que sa mère avait peine k trouver des domestiques, pour la crainte qu'ils avaient du diable; sur cette pubbque renommée, Nicolas, alors évêque de Troyes, était venu à Villemaur, k la maison infestée, avec de l'eau bénite, pour en chasser le démon; on disait enfin que Jean Guichard, le mari, quand il vivait, ne pouvait pas voir l'enfant, bien que sa femme, Agnès, passât pour une honnête femme A Montier-la-Celle, ses camarades évitaient le jeune moine : on l'appelait « netonat », fils de neton 6. Lui-même ne doutait point de toutes ces choses ; il les tenait de sa mère 7, et maintes fois on les lui avait entendu raconter « ; il disait que le neton, jour et nuit, infestait invisiblement sa mère et les autres habitants de la maison; il n'avouait point toutefois c{ue ce fût avant sa naissance î^; et, loin de s'effrayer de son cas, il ajoutait complaisamment que lesnetons aimaient k fréquenter les femmes qui ont de belles tresses de cheveux, et que sa mère en avait de très belles lo. Il fallait qu'il fût fils du diable, disaient les
1. Agnès la Basine, d'ap. Geoffroy, curé de Maisoucelles, cousin germain de révoque, mort au moment du procès.