‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 139 sur 267 · Aube, arr. et c"" de Nogent · texte numérisé non relu

Aube, arr. et c"" de Nogent

11. Marigny-le-Châtel, arr, de Nogent, c<"i de Marcilly-le-Hayer.

12. Les comptoirs des changeurs se composaient essentiellement d'une table avec tapis [mensa), avec un banc et des balances, dans une loge ouverte sur la place ou sur la rue (F. Bourquelot, ouv. cit., I, 130). — La « Grande Table » était de Sienne, Cf. Beg. de Clément V, u" 7.

LES DÉPOSITIONS

très riche, et que lui et sa société lui devaient une grosse somme d'argent dont ils lui donnaient d'intérêt soixante sous pour cent livres à la fin de chaque foire : or il \ en avait sept tous les ans en Champag-ne^ Au lieu d'un intérêt en argent, il recevait quelquefois des changeurs des « courtoisies ~ » : ainsi, Lotier Bonenfant lui avait donné un cheval et une courtepointe qui valaient bien deux cents florins d'or 3. L'arg-ent qu'on lui devait, il le faisait souvent verser directement chez ses banquiers^ : étant abbé, il avait loué pour plusieurs années un cellier; il fit donner les arrhes, quarante livres tournois, aux marchands de la Grande Table de la foire de Saint- Ay oui 5. Jean Quarrez payait à des marchands aux foires de Champagne l'argent qu'il devait à l'évêque pour ses achats de vin et de blé; quand il n'avait pas d'argent prêt pour le terme, les marchands lui accordaient un délai, et il leur donnait d'usure douze deniers par livre pour deux mois : c'était l'usure de l'évêque^. D'autres fois, Guichard recevait lui-même l'argent dû à ses banquiers : Jeanne, dame de Romilly'^, s'étant obligée de trois cents livres vis-à-vis des Cavassolle, son mari donna à l'abbé l'usufruit d'une maison pour les trois cents livres que les marchands lui avaient empruntées s.

Après les foires, Guichard réglait ses comptes avec les changeurs. Pendant sept ans qu'il avait servi l'évêque, Lorin, son chambellan, avait vu des marchands des foires de Champagne venir, quatre fois et plus chaque année, trouver l'évêque chez lui ; ils le prenaient à part et se concertaient avec lui : en passant à côté d'eux, quelquefois, Lorin les entendait dire à

1. Bianco Baldoyni. —En 1311, rintérêt de l'argent aux foires était fixé à 80 sous pour 100 livres, à 2 1/2 pour deux mois, ce qui était déjà fort cher.

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