‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 144 sur 267 · Jean li Forneraz · texte numérisé non relu

Jean li Forneraz

DEUXIÈME SÉRIE ! ARTICLE XVII

VU les lettres et dit qu'elles étaient bien faites, qu'il les scellerait de son sceau et les ferait sceller du sceau de l'abbaye. Mais, le jour où les lettres devaient être scellées, l'évêque se trouvant seul dans la chapelle de l'abbaye avec Pierre, et ayant les lettres à la main, lui ordonna de gratter les mots : de Gillanis et de mettre à la place, en allongeant l'écriture, le mot : Item. Pierre repartit que ce serait changer la substance des lettres. — (( Qu'as- « tu à faire de cela? » dit l'évêque. « Fais ce que je te dis! » Et le clerc le fit. Mais peu après, avant que les lettres ne fussent scellées, en l'absence de l'évêque, il dit à Pierre Marin, clerc, conseiller de l'abbé et du couvent : — « Voyez bien ces lettres « avant qu'elles ne soient scellées en chapitre » . Si elles avaient été scellées et données à l'évêque ainsi modifiées, il y aurait eu préjudice pour l'abbaye, car il aurait été donné à comprendre que l'évêque avait la dîme de plusieurs autres lieux cités dans les lettres

L'affaire de Jean de Calais ^ montrait comment, pour se réhabiliter, il avait tout essayé, la corruption, la fraude, afin de retourner les témoignages produits contre lui par les deux reines : il s'était acharné à cette contre-preuve, cherchant à démontrer qu'il avait lui-même été victime d'une machination ; il y avait employé ses familiers, ses obligés, ses complices, ceux qu'il s'était liés par l'intérêt ou par le crime ; il avait essayé d'y engager, en les achetant, des gens indécis, mal convaincus, d'anciens témoins peu scrupuleux, que l'offre d'une prébende suffisait à faire revenir sur leur première déposition. Ainsi, vers la Saint-Martin d'hiver 1302 ^ il envoya frère Jean de Fay chercher un certain Jean de Trainel 4, qui avait été en prison à Paris avec Jean de Calais et Nofîo Dei ; et quand le prieur l'eut

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