‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 157 sur 267 · Pierre Barrière · texte numérisé non relu

Pierre Barrière

Mém. et doc. de l'École des Chartes.

152 LES DÉPOSITIONS

essayé de le corrompre pour lui faire dire qu'il avait porté faux témoi^mage K On exhiba les lettres par lesquelles levêque s'obligeait de deux mille livres envers M*^ Hugue Morsel pour cause d'emprunt : Pierre Barrière avoua que c'était un faux motif ". Le doyen de Saint-Urbain s'excusa devant la reine, disant qu'il n'avait rien su de cette subornation 3.

Le dénouement de cette intrigue hardie et dangereuse ne fit qu'accroître l'obstination haineuse de l'évêque. Pendant l'été de 1303, comme il se trouvait à Macey S attendant avec anxiété l'effet de ses machinations, il manda chez lui Guillaume Pastourel, son maître d'hôtel ^ qui revenait de Paris; et, dans l'église, devant l'autel, en présence de Jean d'Orléans, chapelain de l'évêque ^ et de plusieurs autres, Guichard lui demanda : — « Beau sire, vous c[ui venez de Paris et de la cour du roi, qu'estce ce qu'on y dit de moi? — Je suis allé au bois de Vincennes, (( répondit Guillaume, et là, dans la chapelle des Ermites, j'ai « entendu dire à la reine qu'elle était très irritée contre vous « parce que vous vouliez réprouver ses témoins; que c'était « un déshonneur pour elle et pour son conseil, et que, si vous ne « vous en départiez, elle vous remettrait dans l'état où elle vous (( avait pris, et, d'un riche évêque, ferait de vous un pauvre « clerc » Guichard alors lui demanda ce qu'il en pensait luimême ; et, comme Guillaume lui conseillait de se tenir tranquille,

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