Abbé de Montier-la-Celle, curé de Gorfélix
DEUXIÈME SÉRIE I ARTICLE XXI
d'ordinaire ^ ; mais l'évêque en exigeait quelquefois vingt 2, et il réussissait à se faire donner jusqu'à trente-cinq livres l L'argent faisait passer sur le manque d'instruction : il donnait la tonsure à des illettrés 4. 11 avait fait clerc un petit garçon qui apprenait encore à l'école le livre de Gâton s Vers 1302, il avait conféré la tonsure à un enfant de dix ans, neveu de son prévôt, illettré au point de ne pas savoir ses lettres : l'enfant ne put réciter les versets qu'on dit en recevant la tonsure, et dut répéter les mots à mesure qu'on les lui soufflait Vers 1303, Bianco Baldoyni, passant par Voignv trouva l'évêque à cheval avec sa suite, arrêté près d'un groupe d'hommes ; il entendit plusieurs d'entre eux qui demandaient à l'évêque de tonsurer leurs enfants, comme il l'avait promis. Guichard leur dit : — « Faites-les venir à Troyes où « je vais, et je les tonsurerai; vous savez bien comment! » et il partit. La troupe était déjà sortie du village ; Bianco suivait à cheval, à six toises à peine de l'évêque : il l'entendit dire à son chapelain ou à son clerc, qui chevauchait à, côté de lui : — « S'ils veulent avoir la couronne, j'aurai d'eux pour cela de « bon argent. Je voudrais pouvoir affranchir tous les serfs de « Ghampagne ^ \ » On l'avait entendu plusieurs fois, au temps où il avait été chassé du service du roi, dire qu'il ferait tant de clercs que sa juridiction en serait bien augmentée ^.
Il vendait aussi les cures et les charges ; il les donnait à des gens
1. Girard de Vaucliassis, Pierre de S. Nizier, Colet de Pitoiete.