‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 191 sur 267 · TROISIÈME SÉRIE ! ARTICLE · texte numérisé non relu

TROISIÈME SÉRIE ! ARTICLE

Troisième série : l" article

Que Vévêque se réjouit de la mort de la reine de Navarre

(3 témoins)

L'un d'eux, Guillaume Pastourel, ne savait que ce qu'il avait déjà dit 1.

IP article

Que le démon a dit « quon parlerait de lui plus que de tout

autre »

(27 témoins)

L'évêque était en relations ordinaires avec le diable. Il avait, dans une fiole de verre 2, — on le disait déjà quand il était prieur de Saint-Ayoul^, — un démon privé, avec qui il parlait quand il voulait. Sa concubine avait entendu dire à demoiselle Gile, femme de Mathieu Dubois, cousin de Guichard, qu'il avait un démon privé dans la corne de son capuchon 4.

Vers la Toussaint de 1300, M« Jean le Chirurgien se trouvait dans la prison de l'évêque à Troyes : étant aux latrines avec Robinet Maréchal, qui était détenu avec lui, il lui dit, en parlant de Guichard : — « Je n'ose rien dire de ce méchant camus qui « nous tient en prison, parce que j'ai entendu conter, il y a « longtemps, qu'il a un démon privé : et si je parlais de lui, « le démon irait aussitôt le lui rapporter ». Au même moment,

1. Cf. Dépos., II, 22. — On se demande pourquoi l'accusation reprenait une seconde fois la question de la mort de la reine de Navarre après en avoir fait un article spécial dans la précédente série (art. 22) : on délayait, on décomposait les accusations, sans doute pour faire masse : les témoins ne pouvaient que se répéter.

2. Lorsqu'on avait passé contrat avec le démon, celui-ci, en retour de l'hommage prêté, ne pouvait se soustraire aux invocations : il se laissait enfermer dans des anneaux, des fioles de verre, etc.

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