V*' ARTICLE
Quil eut de Varient pour confirme}' et consacrer l'abbé de Ncsle
(28 témoins)
Un peu avant l'Assomption de 1307, Pierre ayant été élu abbé de Nesle-la-Reposte Jean Lemoine et Jean Quarrez, de Barbonne, allèrent trouver l'évêque à Aix pour lui annoncer l'élection et le prier de vouloir bien courtoisement la confirmer : le lendemain, Guichard leur répondit qu'il fallait que l'élu fît plus de cas de l'évêque s'il voulait être confirmé, que lui-même avait beaucoup à dépenser, « beaucoup de services à faire » à la cour romaine et ailleurs. Ils lui demandèrent ce qu'il voulait : Guichard exigea mille livres, puis, comme ils disaient que c'était trop, se restreignit à six cents, ajoutant qu'il ne confirmerait pas à moins, et que l'élu, s'il voulait lui faire un procès, serait obligé de dépenser davantage. Les deux envoyés se retirèrent pour prendre conseil. Le procureur du couvent présenta à l'évêque les pièces relatives à l'élection, le priant de vouloir bien les examiner, et, s'il trouvait l'élection canonique, de la confirmer. Mais l'évêque s'arrangea pour fatiguer le procureur et l'élu, en les assignant à plusieurs jours, en leur faisant faire des frais, ne voulant ni confirmer ni infirmer l'élection. Enfin, Jean Lemoine et Jean Quarrez, voyant que les frais, si l'on procédait, passeraient la somme réclamée, demandèrent encore une fois à l'évêque s'il voulait se contenter à moins : Guichard répondit qu'il voulait les six cents livres. Alors, ils convinrent de donner l'argent aux Cavassole, et, comme c'était un cas de simonie, de le verser à titre de prêt. Le lendemain, ils firent des lettres d'obligation envers les Cavassole : et, dans le courant du mois, l'évêque confirma l'élu. Les versements furent opérés par la suite ^.
\ . La GMia christ, ne nomme pas cet abbé.
2. Jean Lemoine, Abbé de Monlier-la-Celle. — Voici le détail de l'opération à laquelle on recourut pour voiler la simonie ; les deux fidéjusseurs
VP ARTICLE
Qu'il a porté les mains sur des personnes ecclésiastiques (40 témoins)
La brutalité était comme une habitude de l'évêque : son tempérament, son caractère entier le portaient facilement aux violences ; et, pas plus que les laïques, il n'épargnait les clercs, crime grave.
Un jour, du temps où il était sous-diacre à Saint- Ayoul, Gui de Dampierre faisait quelque reproche à Garnier, un sergent du prieur ; Guichard, en colère, le saisit par ses habits et se mit à le bousculer 1,
Lorsqu'il était abbé, on l'avait vu, dans sa maison de Gravian-, réprimander son bouteiller, Jean de Courcelles, un prêtre, se jeter sur lui et le frapper si violemment au visage, que le prêtre en chancela et pensa tomber par terre 3.
Toute opposition le mettait hors de lui. Un peu après Noël 1300, dans sa chapelle de Troyes, Jean, curé de Montieramey, lui disait qu'il faisait mal de soutenir l'abbé contre les bonnes gens de Montieramey : l'abbé se jeta sur lui en colère et le malmena, puis le fit mettre en prison^. Il fit emprisonner un clerc qui s'était plaint de lui aux enquêteurs. Les clercs qui voulaient en appeler de lui étaient chassés et malmenés 5. Il y avait
de l'abbé confessèrent devant les gardes des foires de Champagne qu'ils devaient à la société des Cavassole, changeurs aux foires, 800 livres « ex «causa mutui dedebito decorpore nundinarum que tune erant ». Leslettres rédigées, Adam Villaume les porta aux changeurs : ils lui rendirent seulement 200 liv. ; Adam leur dit qu'ils répondraient des 600 autres à l'évêque. 11 solda les 800 livres en deux fois: d'abord 400 livres ; et pour le reste il se fit débiteur de 452 livres, tant pour le principal que pour les usures (Adam Villaume).