Dépos,, II, 15, M« Jean de Gié
GUTCHARD, ABBÉ DE MONTIÉR-LA-CELLE
sait sa volonté en Champagne ^ » et que personne n'osait lui résister. Si l'abbé, comme un des principaux vassaux du comté, était un des conseillers obligés de la cour champenoise -, et si le roi lui avait commis des pouvoirs, sa situation en Champagne paraît donc n'avoir pas moins été le résultat d'une influence intime et personnelle.
Des relations étroites c{ui existaient alors entre l'abbé de Montier-la-Celle et ses royales protectrices, nous avons un témoignage plein d'intérêt 3. Entre la Trinité et la Saint-Jean de l'année 1294 (13-2i- juin), la reine Jeanne accoucha à Creil de son second hls, Charles, qui devait régner plus tard sous le nom de Charles IV. Vers les derniers temps de la grossesse, l'abbé Guichard, qui voulait assister au baptême de l'enfant, se rendit à Creil et attendit tout un mois, à Monta taire, c[ue la reine eût fait ses couches : un tailleur de la reine, nommé Lambert, vint le prévenir de la naissance du jeune prince; et, au jour du baptême, l'abbé fut présent, dans l'église de Creil, à côté du parrain et de la marraine, Charles, frère du roi, et Mahaut, comtesse de Bourgogne ^.
Vers le même temps, la faveur des deux femmes procurait au puissant abbé champenois son entrée à la Cour du roi : une ordonnance relative à l'organisation du Parlement, qu'il faut proba-