‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 228 sur 267 · Tarbé ne publie pas cette conclusion · texte numérisé non relu

Tarbé ne publie pas cette conclusion

LE PROCÈS DE GUICHARD ET l'oPINION

Honneur ay eu : or suis meschans, Sur trestous hommes mal seans.

Se Guichart voulsist ou daignast Qu'avecques lui m'acompaignast, Bien peusiesmes d'un livre lire Qu'on apelle de mal em pire.

Ce fut l'opinion que la tradition perpétua dans l'ég-lise de Troyes surl'évêque Guichard. L'auteur d'une histoire manuscrite de l'abbaye de Montier-la-Gelle, au xvn'' siècle, s'attendrit sur l'infortune de Guichard : « Dieu voulant faire paroistre de nou- « veau l'innocence persequtée de l'ancien Joseph en ce véné- « rable prélat (quoy qu'en chose différente), permit qu'il fut (( emprisonné sur un soubson mal fondé... Mais Dieu l'assista c( dans la fraude de ceux qui le vouloient tromper... Des Guerrois prend un ton semblable pour en parler : « A la vérité, ce « Guichard estoit un bon evesque, mais il avoit quelques domes- (( tiques qui firent un peu de grabuge, et n'y a eu evesque qui ait (( tant souffert... : vous le verrez ci après et en aurez compas- « sion... ~ »

De nos jours, on a voulu voir dans l'affaire de Guichard un procès politique. Boissy d'Anglas^, remarquant que le procès de Guichard avait beaucoup de ressemblance avec celui des Templiers dans sa marche et dans ses formes, ajoute : dans son objet, et dit : « On pourrait présumer que Guichard encourut « la haine du roi en se prononçant ouvertement comme il le fît (( pour le pape, et en se rendant à Rome ainsi que plusieurs « évêques de France pour assister à un concile convoqué par (( Boniface dans lequel on devait condamner Philippe ; » — et, à propos du dénouement : « le roi n'ayant plus à craindre Boni-

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