‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 41 sur 267 · Ibid., art. III (ob predicta reputans se confusum · texte numérisé non relu

Ibid., art. III (ob predicta reputans se confusum

7. Pour établir les faits qui vont suivre, nous avons dû nous servir des témoignages de l'article 17 de la 2« série d'accusations, malgré leur caractère quelquefois suspect : mais nous n'en avons retenu que les faits patents et pour ainsi dire officiels.

AFFAIRE DE JEAN DE CALAIS

L'évêqiie mena secrètement une double série de nég-ociations : en France, pour obtenir des témoignag-es favorables et fournir, au procès, une sorte de contre-preuve qui devait détruire les allég-ations des témoins de la reine; — en Italie, pour amener Jean de Calais à le disculper auprès du roi et de la reine de France.

A la cour du roi, l'évêque se savait appuyé par des amis à lui, des personnag-es, qui soutiendraient l'affaire quand elle serait en train ; il avait aussi pour lui les ennemis de son principal accusateur, Noffo DeiK II semble que levèque de Meaux, Jean de Montrolles, un des principaux conseillers du roi, ait été, sinon son complice, du moins son auxiliaire et son intermédiaire dans cette tentative secrète ~. On voit ég-alement que Guichard comptait sur l'entremise du cardinal Lemoine pour produire sa justification auprès de la reine ^.

C'est au commencement de l'été de 1303 qu'il fît le suprême effort qui devait (( renverser et retourner tout le ]jrocès » machiné contre lui. Après Pâques, il envoya à Paris Reg-naud, doven de Saint-Urbain ^ , et Pierre de Saint-Nizier, son i)rocu-

1. Dépos., II, 17, Pierre Barrière. Toutes ces machinations feraient croire à une intrigue de cour, peut-être à une lutte d'inlluences, dont en partie nous échappent et les détails et les causes et les acteurs.

2. Ihid., Pierre Barrière, Pierre de S. Nizier. Nous avons vu plus haut, p. 10, que Guichard, étant abbé de Monlier-la-Celle, s'était trouvé en rapports avec les évôques de Meaux, et que ces relations semblaienl avoir été plus qu'officielles. L'év. de Meaux était alors Jean de Montrolles, ou Jean dit Mintcrole, ancien chantre de Téglise de Bayeux, nommé par Boniface VIII évêque de Meaux le 3 octobre 1298 (/?er/. de Bonifncc VIII, n» 2748), m. le 12 ou le 18 février 1303 {Gall. chrixf. Vlll, 1032).

3. Ihid., Hugue Morsel; dépos., III, 7, Jean de Lang-res. Nous ignorons comment et à quel moment se nouèrent ces relations de Guichard avec le cardinal. Le cardinal Lemoine, envoyé alors par Boniface VIII auprès du roi pour tenter une conciliation, était Français d'origine et ami personnel du roi.

4. Ce Regnaud semble être le personnage indiqué par les auteurs du Gallia christiana comme étant, dès 1296, doyen de S. Urbain, mort le 29 nov. 1336. Le Gallia l'appelle RenaUis de Cohimhé et dit qu'il fut chanoine de Troyes. Lalore mentionne en 1314-17 {Carlul. de Saint-Pierre, pp. XV, XVIII) un Renaud le Diable [Renaudiis DiaboU] doyen de Saint-Urbain et chanoine do Troyes. Selon Méchin {Dnenmenis inéd. pour ,^rrvir à l'histoire

AFFAIRE DE JEAN DE CALAÏS

reur i : il s'agissait, les témoins recrutés et préparés, de les faire parvenir à frère Durand, le confesseur de la reine ~ ou à la reine elle-même par l'intermédiaire de l'évôque de Meaux 3. Le doyen s'était logé, pour rendre les relations plus faciles, dans une maison de la Grand-Rue, près de celle de l'évêque^. L'affaire semblait marcher : on vit un des témoins qui avaient autrefois déposé pour la reine, causer avec le cardinal, alors à Paris, en présence de l'évêque de Meaux et du doyen de Saint-Urbain Mais les soupçons furent éveillés : la tentative de l'évêque vint aux oreilles delà reine, qui s'en montra très irritée ^.

La cause à ce moment n'était 'plus entre les mains du seul archevêque de Sens : elle avait été portée devant Tofficial de Paris, assisté d'auditeurs à ce députés par mandement du roi ^ : M" André Porcheron s, chanoine d'Arras, Pierre de Grès 3,

de la collégiale de Saint-Urbain, p. J04), le doyen Renauld de Colombiers fonda la chapelle Notre-Dame, donna plusieurs revenus à l'église et mourut en 1336. Ces trois noms s'appliquent vraisemblablement à un personnage unique, Regnaud ou Renaud de Coulommiers, celui-là même qui nous occupe. Sur les relations de Guichard avec Saint-Urbain, v. Lalore, Charles de S. Urbain, p. 316.

1. Pierre était un des familiers de l'évêque : ancien notaire en l'officialité dcTroyes, séparé de sa femme, puis <( bigame », il n'en avait pas moins été ordonné par Guichard et bénéficié d'une cure (Dépos., 111, 3).

2. C'était frère Durand do Champagne, de l'ordre des Mineurs, dit de Folesio ou de Froleyo dans les dépositions du grand procès. Voy. la notice de Léop. Delisle, Ilisl. liti., XXX, 302 et suiv.

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