‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 61 sur 267 · Voy. p · texte numérisé non relu

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6. Ce fut Fimpression du temps que Philippe le Bel était un roi de mœurs douces, simple et bienveillant, débonnaire, confiant, facile à conduire. Voy. la chronique dite de Guillaume l'Écossais (Histor. de Fr., XXI, 205). Cf. Geffroi de Paris, ibid., XXII, 85 et sqq. : le roi est un indolent qui passe son temps à chasseï-; c'est un enfant qui ne s'aperçoit pas qu'on le grug'e; il a de mauvaises herbes autour de lui, il est trompé par ses conseillers, il est mené par des étrangers avides qui le font détester, et ne cherchent que leur fortune. Cf. encore Bordier, Bull, de la Soc. de VHist. de France 1857, p. 197.

Guichard était une de ces mauvaises herbes qui croissaient autour du roi et que le bourgeois de Paris voulait qu'on mît en gerbes et qu'on jetât au feu.

LA ÏKÈVE : GUICIIAUD DA^S SOiN DIOCÈSE

lion une occasion de s'enrichir. Chassé du conseil, réduit à son évèché, ruiné, il s'était pris d'une haine « atroce » pour ceux qui avaient brisé sa fortune; et, depuis ce temps, retiré à ïroyes ou dans ses hôtels d'Aix-en-Othe, de Saint-Lyé ou de Sapoy, aigri et couvant sa rancune, indifférent à ses devoirs d'évêque i, il vivait dans l'intrigue et dans l'usure, lié avec des Italiens louches, trafiquants d'argent et de poison, faisant fructifier ses deniers aux foires de Champagne; puis, par besoin du lucre, essa^^ant l'alchimie, tombant enfin, par impuissance, dans l'exaspération de son dépit et de son orgueil, à la sorcellerie, la science du Diable, glissant aux pratiques du satanisme, et cherchant dans le commerce du démon, dans l'horreur mystérieuse des maléfices et la secrète influence des venins, la richesse et la vengeance.

A cette heure, il était délivré de ses pires ennemies, la reine de Navarre et la reine de France : toutes deux étaient mortes, presque coup sur coup, la dernière dans la fleur de l'âge, à point pour l'évéque. En cour de Rome, des cardinaux s'étaient entremis auprès du nouveau pape pour le décharger des crimes qu'on lui reprochait; et le 3 juin 1307, sur la demande de Guichard, Clément V reconnaissait la malveillance et la fausseté des accusations insinuées contre lui, et, lavant « ces souillures de la calomnie », déclarait sa conscience nette sur les actes de l'évéque et le dispensait jusqu'à nouvel ordre de comparaître à la cour apostolique C'était la trêve, et, peut-être, la paix définitive. Mais, au milieu d'août 1308, comme l'évéque se trouvait à Saint- Hilaire, près de Pont-sur-Seine 3, il fut saisi par ordre de l'archevêque de Sens et emmené dans la prison archiépiscopale, puis transféré à Paris et mis à la Tour du Louvre 4, Avec lui, le

1. Le 21 janvier 1304, il avait obtenu de Benoît XI la faculté de faire visiter pendant trois ans 'son diocèse par un vicaire [Beg- Benoit A7, n« 320). Le 23 février 1308, Clément V l'autorisait encore à faire visiter son diocèse pour une période de trois ans et à toucher en argent le droit de gîte [Beg. de Clément F, n^ 2479).

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