Bibl. Nat., ms. franç
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cents ans, comme une impression fraîche et la couleur inaltérée des choses, nous avons essayé de restituer la vie de Févêque et cette figure personnelle de prélat grand seigneur, à l'allure mondaine, dont la fortune fut un roman. Mais si l'évêque nous apparaît avec des traits plus nets, si nous avons pu, mieux que nos devanciers, approfondir son mystérieux procès, — nous ne craignons point de l'avouer, l'énigme toujours nous échappe. De ce drame historique, tôt enveloppé de silence, l'intrigue nous arrive décousue, étouffée, comme une rumeur trop lointaine ; sur cette société que l'on sent si agitée , si passionnée , si vivante, trop de temps et d'oubli a passé : trop de noms nous sont inconnus, trop d'autres sont elfacés, trop peu nous restent de figures animées; et plus d'un même, des premiers personnages, serait encore à connaître : Jeanne, la reine de France , sa mère, la reine Blanche de Navarre, et cet Italien dont le rôle étrange et obscur n'a jamais été éclairé, Noffb Dei.
Si nous n'avons pu réussir à le reproduire avec son entier et plein relief, du moins avons-nous mis au jour ce procès curieux qui nous fait connaître, avec la vérité de la couleur et la saveur de la vie intime, les personnages, les mœurs, les croyances d'une société.
Nous ne pouvions, sans donner à ce travail un volume énorme, rapporter intégralement les dépositions des témoins dont la masse emplit un rouleau de cinquante-trois mètres de longueur. D'autre part, les témoins, interrogés d'après un même formulaire, ne font souvent que se répéter. Nous avons cru pouvoir, pour chaque article d'ac-
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ciisalioii, condenser et fondre les témoignages pqnr en faire une suite et un loui, en nous bornant d'ailleurs à une traduction stricte : le récit, sans perdro de sa couleur, ne fait que gagner en intérêt à cette concentration, et le rapprochement facilite la comparaison et le contrôle des témoignages les uns par les autres. Nous avons eu soin, par nos références, de distinguer les témoignages dans le corps d'un article ; et quand l'expression latine nous a paru particulièrement intéressante ou lorsqu'elle restait douteuse, nous l'avons maintenue dans le texte ou ajoutée en note. Nos renvois aux dépositions sont ainsi donnés : le chiffre romain indique trois séries de dépositions sur les trois séries d'articles proposés contre l'évêque ; le chiffre arabe indique le numéro de l'article ; suit enfin le nom du témoin.
La graphie des noms de personnes italiens que nous rencontrions en latin nous offrait une difficulté que nous n'avons pas résolue. Il eût été délicat d'italianiser ces noms comme de les traduire en français. Ces noms se trouvaient quelquefois francisés dans le texte : nous avons alors gardé la forme française. Quand ils étaient en latin, nous avons traduit le prénom et laissé le second nom en italique avec sa forme latine (Jacobus Aringi : Giacopo Aringi).
Ce mémoire est une thèse de FEcole des Chartes. C^est à M. Ch. -Victor Langlois que nous en devons l'idée : il fait partie d'un ensemble de travaux relatifs à Fépoque de Philippe le Bel dont il a conçu le plan et dont il dirige l'exécution dans ses conférences de la Faculté des Lettres. Nous remercions vivement notre savant maître des conseils qu'il nous a donnés pour cette étude ; c'est à lui qu'en revient
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l'hommage. Nous remercions également M. Auguste Molinier, professeur à l'Ecole des Chartes, qui a mis tout son soin à revoir les épreuves et à qui nous devons maintes corrections; M. Francisque André, archiviste de l'Aube; enfin la Société de TÉcole des Chartes, qui a bien voulu inaugurer avec notre travail une nouvelle série de Mémoires et Documents.