Perrote de Pouy
3. D'après Margueronne, frère Jean aurait passé l'étole à l'évêque qui la mit à son cou pendant que le Jacobin tenait la figure au-dessus du vase pour le baptême.
Ce faisant, tous les cinq se tenaient tantôt debout, tantôt assis. Frère Jean posa sur l'image un « chrémeau ' » de lin blanc. Alors l'accoucheuse sortit de la cuisine, l'ermite la suivit dans la cour, et là, lui confia que, des deux hommes qui avaient baptisé la figure de cire, l'un était l'évèque de Troyes, l'autre un Jacobin, frère Jean de Fay ; mais il lui défendit d'en rien dire; puis il appela Guiot pour la reconduire
Frère Jean et la sorcière enroulèrent la figure dans une autre pièce de drap avec son chrémeau. Mais bientôt la sorcière la déroula, enleva le chrémeau, et la présenta au feu : quand elle fut échauffée, avec un style que lui donna le Jacobin, elle la perça plusieurs fois à la tête en disant : — <( Celle pour qui ceci « est fait, cette semaine n'aura pas sa tète » Elle enveloppa de nouveau l'image dans la pièce de toile, et frère Jean la porta dans le solier^; l'évèque et la sorcière le suivaient : là, Guichard demanda à l'ermite : — « Où pourrait-on mettre sûrement la « figure? » Regnaud répondit qu'il la posât où il voudrait; et, de la cuisine, il vit qu'ils la posaient, enveloppée, sur une poutre, près du toit ; puis ils descendirent. L'évèque défendit à l'ermite de toucher à la figure ; et ils s'en allèrent vers le milieu de la nuit ^.
Environ douze jours après, une première fois, — une deuxième fois vers le commencement du carême, la sorcière ravint à l'ermitage ; il était à peu près une lieue de nuit : elle prenait
1. « Pannus lineus cera iml)utus quo allare cooperitur » (Du Gange).
2. Cf., pour cette scène, les dépositions de Regnaud de Langres, Margueronne et Perrote de Pouy. Sur la question de savoir qui baptisa Fimagc, de frère Jean ou de l'évèque, il y discordance ou incertitude : nous suivons ici le récit de Regnaud de Langres.
3. D'après la sorcière, c'est l'évèque qui lui ordonna de pratiquer la piqûre et de prononcer les paroles d'incantation. On pourrait se demander pourquoi il avait recours à cette femme s'il lui soufflait ainsi son rôle et jusqu'aux mots qui avaient la vertu magique : évidemment, la sorcière cherchait à atténuer sa part dans l'aff'aire. Elle dit encore qu'elle ne perça l'image ({u'une fois.