SCENE VI
BÉTEFORT.
Voilà donc cette fameuse Jeanne d'Arc. .7 elle n'est pas mal.
JEANNE d'arc.
» Voilà âe Jeanne d'Arc les premiers accidens. » Et , malgré ma valeur, on m'a mise dedans. » Jamais dans Orléans on n'eut osé me prendre? » Mais le sexe , à Paris , ne sait pas se défendre. »
BÉTEFORT.
Elle a le petit mot pour rire.
JEANNE d'ARC.
Je voudrais bien savoir , Monsieur , pourquoi on s'est permis de m'arrèler ?
BÉTEFORT.
Madame, je suis bien de votre avis.
JEANNE d'ARC.
Que cette chaîne me pesé.
Elle a de la peine à se faire à la chaîne anglaise.
JEANNE d'ARC.
Dites-moi , que deviennent les Français ï"
BÉTEFORT.
Ça vacahin, caha . . . Ils sont venus chercher de vos nouvelles i"
JEA.NNE d'ARC.
Je le crois, il y a bien long-temps que je les fais attendre
BÉTEFORT.
C'est vrai , dites-moi donc, pourquoi avez-vous tant tardé à vous montrer dans le monde?
J :.\NNE D'ARC
C'est la faute de mou père.
Air : de la folie après lîegnard.
Le malin, nuteur complaisant, Il travailUit avec courage ; IMî»»* le soir , en le reliiant , Il n'approuvait pas son ouvrage.
Jugf z tlo:ic , quel» fâcheux rrvprs 8ant cesse il lui fallait oomhattie:
IjC poète écrivait dtmx \rrs, £t le censeur en rayait quatre.
1 vJ
BÉTEFORT.
Ça ne devait pas aller vite , et ça ira encore plus doucement;
JEA^NEd'ARC.
Et pour comble de mallieur', à peine arrivée, on me relient encore ici ? Que veut-on faire de moi?
On veut vous faire votre procès .
Air : Vaudeville de Monsieur Guillaume.
On va bientôt se rendre à Paudience :
Guerrière, ici, loin de voua affliger,
A tous vos moyens de défense
Je TOUS conseille de songer.
JEANNE D^ÂRC*
Si mes juges daignent m'entendre^ Mes discours seront bientôt faits; Je ne dirai qu'un mol pour me défendre) J'ai vaincu les Anglais.
BÉTEFORT.
' Vous répondez toutes la même chose; depuis que je suis en France , je n'ent(?nds dire que ça. . . Mais vous allez être condamnée; ainsi choisissez un avocat pour vous défendre.
JEANNE d'ARC.
[' Je n'en ai pas besoin^ on est habitué aujourd'hui à voir des femmes au tribunal.
BETEFORT.
Oui, elles y vont en grande toilette, et l'on fait la partie dé les aller voir comme à l'opéra. . . ça fait faire des progrès à la morale et à la justice, car tout s'arrange aujourd'hui par des procès.
I Air I Cet arbre apporte de Provence.
Quand un galant chez lui pénètre.
Et cherche à troubler son repos , Soudain l'Hymen fait comparaîtr»
L'Aoïour devant les tribunaux.
JEANNE d'arc. Dans ces conjugales querelles , Un jugement, à mon avis, Ne rend pas les femmes plus fidèles, Ht ne peut rien ôtcr aux maris.
BÉTEFORT.
Je suis bien de votre avis.
JEA? N^ r'A'xc.
Mais puisque vous êtes toujorr.-. cl«* mon aviS; pourquoi ne me renvovez-vous pas *
BÉTEFORT.
Ali I po irquoi ? pourquoi ? on ne rencontre pas tous les jours des demoiselles comme vous ; tenez, si vous voulez m'en croire, tâcliez de plaire , de fiiire de l'effet , mettez-vous en parure j vous avez besoiu de représentation , et vous réussirez si vous avez la vogue.
( // sort, )
JEANNE d'ARC.
Yoilà bien de mes donneurs d'avis. . réussir. . . avoir la vogue...à qui faut-il s'adresser pour cela?
AGNELET , dans la coulisse»
Bé , bé, soignez bien la petite noire