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Le procès de Riel [microforme]

' A AT2 E vous avoue que led rouvelles du Nord- Ouest, arrivées samedi dernier, m'ont complètement pris par surprise.

Les rêves de batailles, de combats hé.

roïques, de dévouements et de hauts faits se sont évanouis à la réception de ce télégramme laconique :

Camp de Batoche, 15 mai 1885. |

Honorable M. CARON, Ministre de la Milice, Ottawa, Riel est mon prisonnier, Général MIDDLETON,

La nouvelle fut reproduite d’un bout à l’autre du pays en quelques instants, et il est certain que, durant une heure au moins, du golfe Saint-Laurent à l’Ile de Vancouvert et de la Baie d'Hudson | au Mexique, pas un fil télégraphique n’a transmis d'autre dépêche que celle que vous venez de lire.

Cependant, personne n’y voulait croire, et j'ai entendu moi-même plus d’un brave homme dire d’un petit air d'autorité :

——Bast ! on connaît ça, c’est aujourd’hui samedi, les journaux sont à court de nouvelles, ils nous envoient ce canard et vont nous laisser le bec à l’eau jusqu’à lundi.

* se

Mais les télégrammes .se suivaient et se ressem- |:

blaient tous. Il fallut bien se rendre à la vérité. Riel était bel et bien prisonnier.

—La lutte a dû être terrible, disait-on, le dictateur du Nord-Ouest s’est sans doute battu comme un lion, et, nouveau Rolland, ce n’est qu'après avoir

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arhassé autour de lui des monreaux de cadavres qu'il est tombé. Pas du tout.

Non, les temps héroïques sont passés, Rolland est mort, et de nos jours pas un hormme ne peut soulever sa, Durandal qui coupait les montagnes.

Non, il n'ya pas eu lutte, pas une goutte de sang n'a été versée, pas un coup de feu n'a été tiré.

La capture a été facile. Riel s'est rendu.

C'est ainsi que s'écroulent les réputations.

Une légende de moins... C'est peut-être mieux.

LUE à N'importe ! c'est une idée à laquelle on ne ha: | bitue pas tout de suite comme cela, d'une minute à l’autre.

Le réveil est brusque.

Oui, c’est bien tant mieux que tout cela finisse, Certes, il y a déjà assez de crêpes et assez de larmes, mais je croyais Riel plus fort que cela, et, voulez-vous que je vous dise le fond de ma pensée, j'espérais au moins qu'il saurait mourir plutôt que se rendre.

J'ai eu tort.

Maintenant s'élève la grande question. Que vat-on faire de Riel ?

On le pendra, disent les Ontariens.

On doit lui fairc grâce, affirme-t-on ici.

Ni l’un ni l’autre à mon sens. Qu'on ne lui fasse pas de procès, cela sera bien plus simple ; on évi- | tera les deux extrêmes qui, du reste, n'auront poui résultat que de mécontenter une partie de la population. |

Les réformes demandées par les Métis étaient |

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elles justes ? Oui, puisare tout le monde le reconnaît.

Riel avait-il raison de recourir à la poudre pour les obtenir ? Non, c’est évident.

Eh bien! puisque voilà un oui et un non qui s’annulent, qu’on se taise, et bien plus, qu’on fasse du révolté un régulier, de l’insurgé un gardien de la paix; en un mot, que Riel devienne un allié pouvant rendre des services.

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