LIVRE DEUXIÈME
prendre un parti, il avait écrit à M. LafBtte aQn de connaître son avis, a Le conseil n'est pas en nombre et ne saurait délibérer , avait répondu le chef du cabinet ; mais il a conCance en vous ; agissez suivant votre inspiration. » M. de Montalivet agit sur-lecbamp. Tandis que les voitures envoyées par M. de Sémonville aux grilles de l'Observatoire laissaient croire aux gardes nationaux que les accusés allaient traverser le jardin, le ministre assurait leur départ par une autre voie, par la petite porte de la geôle, donnant sur la rue de Yaugirard. C'est à cette porte qu'il envoya sa propre voiture avec ses gens en livrée S tandis que par ses ordres, le général Fabvier préparait une escorte de grenadiers et de chasseurs à cheval, et que le colonel Feisthamel, faisant mettre sous les armes dans une petite cour qui précédait cette porte les gardes nationaux préposés à la surveillance de la geôle, leur donnait lecture de l'ordre de transfërement rédigé la veille par
figurait le général d*Arlincourt, frère du romancier. Le duel ne cessa qu'après trois rencontres, dans Tune desquelles le général de Livron tomba de cheval, un des étriers s'étant brisé; les témoins s*opposèrent énergiquement à une quatrième.
1. Les vitres de cette voiture avaient été brisées à coups de pierres dans la matinée. En ce temps, c*est sous cette forme relativement anodine que se manifestaient les fureurs populaires C'était encore la tradition de la Fronde. Elle est bien démodée aujourd'hui.
le président Pasquier et contre-signe par le général de Lafayette. Pendant ce temps, M. de Montalivet se rendait à la prison afin de se faire remettre les anciens ministres; mais là, une autre di£Sculté l'attendait. Le concierge réclama la levée de Técrou. H. de Montalivet, à qui cette pièce manquait, déclina son nom et ses qualités; néanmoins, le concierge refusa avec la dernière énergie de lui confier les prisonniers dont il était responsable.
f Si vous ne cédez pas à mes instances, reprit avec vivacité le ministre , vous céderez à la force.
— Soit, mais, alors, donnez-moi reçu sur le registre et veuillez y déclarer que je n'ai obéi qu'à la violence. ))
Le ministre signa cette déclaration; puis, il descendit avec les quatre accusés, les fit défiler sous les yeux des grenadiers de la garde nationale, réunis dans la cour qu'il fallait traverser, et qui paraissaient animés d'intentions malveillantes. Il atteignit ainsi sa voiture, dans laquelle ils prirent place avec MM. Lavocat et Feisthamel. Lui-même monta le cheval d'un sous- officier de chasseurs, et se mit à la tète du cortège, ayant à ses côtés le général Fabvier. La voiture et son escorte suivirent rapidement la rue de Fleurus, la rue Notre-Dame-des-Ghamps et le