‹ Le procès des ministresChapitre 143 sur 151 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Dans le récit qu'on vient de lire, on a vu le général de Lafayette sacrifier son commandement de la garde nationale à un désir de vaine popularité et à un inexplicable goût pour ces dangereuses et vagues utopies de l'Hôtel de Ville, dont il s'était fait le champion, sans en saisir tous les dangers. Mais sa démission ne porta pas les fruits qu'il en avait espérés, et, bien que le mérite d'imposer à tous sans exception les lois, les conditions et les règles de l'ordre public fût réservé au ministère Perier, néanmoins cette démission fit faire à cette grande cause de la sécurité un progrès sensible. On comprit alors qu'en l'acceptant, le roi Louis-Philippe avait assuré à la Charte de 1830 une première et décisive victoire.

Le général ne tarda pas d'ailleurs à faire lui-même l'aveu de la nouvelle situation qu'il avait voulu prendre. Voici, en effet, en quels termes, le lende-

main même de sa démission, dans la séance de la chambre des députés du 27 décembre, il s'expliquait sur l'attitude qui avait immédiatement suivi la journée du 21 :

« Encore un mot, messieurs; cette démission^ reçue par le roi avec tous les témoignages de sa bonté ordinaire pour moi, je ne l'aurais pas donnée avant la crise que nous venons de traverser. Aujourd'hui, ma conscience d ordre public est pleinement satisfaite ; j'avoue qu'il n'en est pas de même de ma conscience de liberté.

« Nous connaissons tous ce programme de l'Hôtel de Ville ; un trône populaire entouré d'institutions républicaines. II a été accepté ; mais nous ne l'entendons pas tous de même. 11 ne l'a pas toujours été par les conseils du roi comme par moi, qui suis plus impatient que d'autres de le réaliser ^. »

Dès le même jour, M. Dupont de l'Eure avait donné sa démission et était remplacé , comme garde des sceaux, par H. Hérilhou , en même temps que • H. Barthe, devenant ministre de l'instruction publique et des cultes, venait renforcer dans le con-

1. Il négligeait de parler des conditions presque factieases qa*il avait posées an roi dans la nuit môme de sa démission, mais ces conditions ont été constatées par plusieurs témoignages.

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