LIVRE DEUXIÈME
Quoi qu'il en soit, au lendemain de la démission de MM« de Lafayette et Dupont, le ministre de Tinter rieur insista pour que H. Odilon Barot restât à l'Hôtel de \ille ; il lui imposa seulement le renvoi de son secrétaire-général, M. Taschereau, et l'exclusion de THôtel de Ville de la société « Aide-toi^ le ciel t'aidera, » qui s'y réunissait, sous la présidence de ce dernier.
Le gouvernement s'était donc dégagé d'une partie des causes de sa faiblesse intérieure; mais qu'il était loin encore des vraies conditions de la puissance légale et de l'ordre public,- dont la retraite de M. Odilon Barrot devait seule lui assurer la possession I Cette sortie, M. de Montalivet l'exigea, sa démission à la main, après une lutte parlementaire à la tribune de la chambre des députés au sujet des événemens du milieu de février *.
Quelques jours après, il provoquait la dissolution du cabinet dans une réunion, à l'issue de laquelle,
1. Cest dans cette discussion que le 17 février 1831, M. de Salvandy prononçait les paroles suivantes :
« Ce n'est pas surtout au chef du département de Tîntérieur que j'aurais fait d'injustes reproches. Je lui sais gré, comme toute la chambre, d'avoir osé depuis bien des jours engager une lutte soutenue contre l'un de ses préfets; c'est un choc redoutable au ministère : il l'a bravé avec courage ; reste maintenant à voir si cette fois un ministère s'y brisera. (On rit,)
éclairé par cet éclat nécessaire, le roi, qui, depuis le mois d'octobre, avait caressé la pensée de réunir dans la même administration MM. Laffitte et Casimir Perier pour corriger les deux caractères l'un par l'autre, comprit qu'il y devait renoncer, choisir au contraire entre l'un et l'autre, et se décida pour l'illustre président de la chambre des députés. C'est ainsi que les événemens dont on vient de parler étaient destinés à n'être en quelque sorte que le prologue du ministère de M. Casimir Perier, sur lequel son génie politique a jeté, on le sait, un mémorable éclat.
(Voir page 48.)
Voici le texte des ordonnances da 25 juillet 1830, ainsi que le rapport de M. de Chantelauze (Jiii les précédait. Malgré leur longueur, on lira avec intérêt ces documens qui appartiennent à l'histoire du Procès des ministres^ au même titre que des pièces d'accusation.