LIVRE PREMIER
sionomie exprimaient plus de crainte que d'espérance. »
£c comme leur regard interrogeait aussi M. Sauvo, qui s'éloignait, celui-ci leur dit :
« Messieurs, j'ai cinquante- sept ans. J'ai vu toutes les journées de la révolution. Je me retire avec une terreur profonde d'être encore témoin de commotions nouvelles. »
Ainsi qu'on Ta vu, les ordonnances avaient été signées le 25 juillet. Le Moniteur les publia le lendemain ^ La longueur de leur texte, le supplément de travail auquel elles donnèrent lieu ayant occasionné un retard dans la distribution de l'organe officiel, c'est vers dix heures seulement que la nouvelle du coup d'état commença à se répandre dans Paris. Le roi, plein de confiance dans le succès, ne se doutant pas d'ailleurs de la gravité du péril qu'il venait de provoquer, quittait avec son fils , au même instant, le palais de Saint-Cloud pour aller chasser dans la forêt de Rambouillet. Gomme il désirait que durant l'exécution des graves mesures qu'il avait résolues aucune crainte ne se manifestât autour de lui, le
1. Nous croyons devoir en donner le texte intégral, ainsi que le rapport de M. de Chantelauze. On trouvera ces docamons aux pièces historiques n<* 1.