LIVRE DEUXIÈME
SB KM ACCUSATIOM DBS AMCIBNS MIMIBTRBS. —
LA PBINB DB MOBT. — l'^MBUTB DU 17 OCTOBBB. 'ff«|
- LB MOUYBAU MINISTàRB. — LB COMTB DB MONTALIVET. —
LA COUR DBS PAIRS. — LB PROCàS. —
LA JODRNÉB DU 21 DiCBMBRB. —
DéMISSIOM DU OiMiRAL DB LAFATBTTB. — CONCLUSION.
Cependant, la commission de la chambre des députés avait achevé son instruction préparatoire. Le 23 septembre, H. Bérenger monta en son nom à la tribune, et donna lecture du rapport qui résumait ses travaux et ses opinions sur l'objet soumis à ses délibérations. Le rapport de M. Bérenger, d'un style étudié, précieux et solennel, était un acte véritable d'accusation. Il traçait à grands traits l'histoire du ministère de M. de Polignac et affirmait, dès les premières lignes, que les ordonnances du 25 juillet avaient été le complément d'un plan que la couronne méditait depuis plusieurs années. Puis, il établissait
la culpabilité de chacun des ministres. « Le prince de Polignac, dit-il, parait être le confident le plus intime des projets de Charles X. Dans l'opinion de la France, il représente à lui seul toute la faction contre-révolutionnaire, et chaque fois que cette faction avait menacé de saisir le pouvoir, c'était lui, toujours lui, qu'elle oifrait aux espérances des ennemis de l'ordre et des lois. »
Après avoir rappelé que M. de Polignac resta sourd aux objurgations de M. de Guernon-Ranville, adversaire déclaré de la politique à laquelle il eut plus tard la faiblesse de concourir, le rapporteur remettait devant la chambre le désolant spectacle des incendies de Normandie, dont il n'hésitait pas à faire peser la responsabilité sur le président du ministère accusé. Il parla en termes amers de M. de Peyronnet, « dont le nom rappelait si tristement le souvenu: de l'administration flétrie par la dernière chambre. » Il n'épargna pas davantage M. de Chantelauze.
Quant à M. de Guernon-Ranville, le rapporteur constata son opposition aux ordonnances, mais en déclarant que cette opposition, « qui n'empêcha rien et qu'il oublia au moment décisif,» ne diminuait pas sa responsabilité; puis il s'attacha à démontrer que, contrairement aux dires des ministres, les