LIVRE DEUXIÈME
grande infortune, même méritée, a droit à d'autres égards, et le commissaire de la chambre des députés montrait plus d'équité quand il résumait, dans la résolution soumise au vote de l'assemblée, les griefs de la France. « Justice et non vengeance ! dit-il, en terminant, tel est le cri qui part de tous les cœurs. Votre commission vous propose d'adopter la résolution suivante : La chambre des députés accuse de
à }a, lutte engagée daos les rues de Paris, oo est tenté de donner raison à l'accasatoar do la chambre des députés. Il est certain cependant que le roi n'avait pas voulu verser le sang, bien qu'il considérât comme une fatalité nécessaire l'obligation où il était de sévir contre ses sujets. Malheureusement, sa bonté naturelle était limitée dans ses effets par ses préjugés mêmes et, notamment, quand l'homme de i'anden régime qu'il n'avait cessé d'être reparaissait en lai tout- à coup.
Voici, à cet égard, un trait bien caractéristique et que la personne qui nous l'a raconté tenait de Louis-Philippe G*était en 1830; le roi de Naples se trouvait en France et Charles X l'avait conduit, à Blois. Les deux souverains visitaient ensemble le château, suivis du duc d'Orléans.
— Tenez, mon frère, dit tout à coup Charles â Ferdinand, en lui montrant le milieu d'une pièce quMls traversaient, voici la place où le duc de Guise fut mis à mort par l'ordre du roi.
— Vous voulez dire assassiné, sire, s'écria vivement le duc d'Orléans.
— Non, mon cousin., répondit le roi; il ne fut pas assassiné, il fut tué.
Dans la pensée de Charles X, le dernier Valois faisant massacrer le duc de Guise exerçait un droit aussi légitime que celui qu'il avait exercé lui-même en signant les ordonnances, le droit du souverain sur ses sujets.
trahison MM. de Polignac, de Peyronnet, de Chantelauze, de Guernon-Ranville, d'Haussez, Capelle et de Montbel, ex-ministres, signataires des ordonnances du 25 juillet, pour avoir abusé de leur pouvoir afin de fausser les élections et de priver les citoyens du libre exercice de leurs droits civiques; pour avoir changé violemment et arbitrairement les institutions du royaume; pour s'être rendus coupables d'un complot attentatoire à la sûreté extérieure de l'état ; pour avoir excité la guerre civile, en armant ou poussant les citoyens à s'armer les uns contre les autres, et porté la dévastation et le massacre dans la capitale et dans plusieurs autres communes, crimes prévus par l'article 56 de la Charte de 1814 , et par les articles 91, 109, 110, 123 et 125 du code pénal. En conséquence, la chambre des députés traduit MM. de Polignac, de Peyronnet, de Chantelauze, deGuernon- Ranville, d'Haussez, Capelle et de Montbel devant la chambre des pairs. Trois commissaires pris dans le sein de la chambre des députés seront nommés par elle au scrutin secret et à la majorité absolue des suffrages pour, en son nom, faire toutes les réquisitions nécessaires, suivre, soutenir et mettre à fin l'accusation devant la chambre des pairs, à qui la présente résolution et toutes les pièces