‹ Le procès des ministresChapitre 83 sur 151 · LIVRE DEUXIÈME. 14i · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. 14i

émouvante séance, elle vota, par 2&A voix contre &7, la mise en accusation du prince de Polignac.

A la séance du lendemain, elle émit un vote analogue contre M. de Peyronnet par 232 voix, contre M. de Cbantelauze par 222, contre M. de Guernon- Banville par 215. En vain le défenseur de ce dernier, M. Crémieux, dans un mémoire dont M. Bérenger donna lecture à la chambre , s'efforça de séparer la cause de son client de celle des autres accusés. Il ne put y parvenir, et M. de Guernon-Banville lui demanda ultérieurement de renoncer à ce système de défense, qu'il considérait comme indigne de son caractère. La mise en accusation des trois ministres fugitifs fut également prononcée; mais l'instruction devait les tenir momentanément à l'écart pour ne s'occuper que de ceux qui étaient au pouvoir de la justice. Enfin, pour couronner cette procédure, la chambre élut trois commissaires chargés de soutenir l'accusation : HiM. Bérenger, Madier de Hontjau et Persil*.

1. Né en 1785, mort en 1870. Il fut sabstitué à M. Mauguîo, par suite d*an effort du ministère qui redoutait que ce dernier ne se laissât aller contre les accusés à quelque violence tle langage conforme à la passion qu*il manifestait contre eux.

If.

Tandis que ces événemens se déroulaient dans le parlement, l'agitation populaire qui avût survécu dans Paris aux journées de juillet, loin de s'apaiser, devenait chaque jour plus intense et plus menaçante pour la sécurité des citoyens et la durée du nouveau gouvernement. La révolution accomplie, la discorde était née entre les hommes qui l'avaient faite et à qui Louis- Philippe devait son élévation. Les uns, soutenus par les républicains, dont cette élévation avait trompé les espérances, reprochaient au gouvernement sa lenteur à remplir les engagemens de juillet, résumés dans le programme de l'Hôtel de Ville. Ils voulaient qu'on eût plus de confiance dans le peuple, qu'on associât étroitement l'armée à la révolution et qu'on favorisât par tous les moyens, par des élections immédiates, par des lois, la propagande de l'esprit nouveau. Les autres au contraire.

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