‹ Le procès du baiser; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 21 sur 35 · LES FEMMES · texte numérisé non relu

LES FEMMES

Oui, chacun d'eux, du crime aimable Dont on vient de les accuser, Voudrait bien être le coupable, .Quitte à reprendre son baiser.

MADAME ROMARIN

Je vous demande pardon , Mina ne reconnaît pas parmi vous l'insolent.

MICHEL

Cependant , ça ne peut pas en rester là ; ce n'est pas pour le baiser, mais pour les conséquences et les suites ,,

PÉTERSTHAJL.

Qu'on me mette sur les traces du ravisseur, et je re'ponds du succès de l'affaire.

MINA

Je ne demanderais pas mieux.

MADiME KOMAIN.

Songez qu'il y va de l'honneur de toutes les demoiselles de la ville qui peuvent se trouver dans le même cas.

TOUS

Certainement.

MADAME R0MARI2V

Il faut que ma nièce soit vengée !...

MICHEL, (jui a reflcchi.

Et elle le sera, car je connais le monsieur.

TOUS

Vous le connaissez?

MICHEL

Oui, c'est un inconnu... Je ne sais qui il est, mais Georgette nous le dira. {A part.) Pas de doute, c'est l'étranger quelle m'a annonce'. (// appelle par la fenêtre.) Georgettel

PÉTERSTHAL.

Alors, consolez-vous, mon enfant, vous aurez un mari par arrêt de justice.

GEORGETTE, arrivant.

Monsieur I

MICHEL

Cet étranger dont tu m'as parlé et qui habite l'auberge... Il est venu au bal ?

GEORGETTE

Oui , monsieur, et il l'a trouvé charmant.

PÉTERSTHAL.

Nous le tenons.

MADAME ROMARIS.

A-t-il un nom?... une naissance?

GEORGETTE

Je crois bien ; c'est monsieui' le comte Alfred de Malzen.

MADAME ROMARIN, OCecyoi'e.

C'est un comte I

MINA, à part.

Il se nomme Alfred.

MICHEL

Va vite le chercher.

GEORGETTE

Monsieur, il monte en voiture pour partir.

MADAME ROAIARIN,

Courez vite , au nom du ciel.

( On entend le fouet des postillons et le roulement d'une voiture.) GEORGETTE.

Il n'est plus temps I

MICHEL , à la fenêtre , pendant que la société couirc la terrasse , et agite des mouchoirs.

Postillon!... Quatre chevaux qui vont comme le vent. FINAL.

Air du premier acte de la Lune de miel.

MICHEL

Arrêtez... Il ne peut m'entendre.

PÉTEBSTHA.L.

Courez tous.

Il faut s'empresser.

GEORGETTE, h part.

Que j'ai bien fait de me défendre Quand il a voulu m'embrasser.

MICHEL, reuenant.

Il a dépassé l'avenue.

Nos efforts seraient superflus.

MiHA, tombant sur une chaise.

Ah! matante, je suis perdue, Car nous ne le reverrons plus.

rÉTERSTHAL.

Nous saurons punir son audace , Grâce au bon arrêt qu'on rendra.

Oui, ce mari nous reviendra.

En attendant ce moment-là , Condamnons-le par contumace.

/ MINA, h part.

I Non, c'en est fait, je perds courage,

I Eh ! que m'importe le succès

S'il faut, malgré lui, qu'on l'engage ^

C'est moi qui perdrai le procès.

MADAME ROMARIN

Ma pauvre enfant, reprends courage; On nous promet un prompt succès.

Si nous manquons un mariage, Du moins il perdra son procès.

|georgette, à pai't.

Je montrerais plus de courage, Lorsqu'on lui promet le succès.

C'est si gentil, un mariage.

Le dût-on même à des procès.

pÉtersthae.

Ma chère enfant , prenez courage , Je vous promets un prompt succès.

Si vous manquez un mariage.

Du moins il perdra son procès.

MICHEL

Allons , Mina , plus de courage , Songez bien à votre succès.

Vous manquez notre mariage.

Et vous gagnerez un procès.

LE CHOEUR

Consolez-vous de cet outrage ; Chacun vous promet le succès.

Si vous manquez un mariage.

Du moins il perdra son procès,

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