‹ Le procès du baiser; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 23 sur 35 · PÉTERSTHAL ET MADAME ROMARIN · texte numérisé non relu

PÉTERSTHAL ET MADAME ROMARIN

Oui , parle !

MICHEL

La famille est-elle au complet?... Ouil (^ Mina.) M'aimez-vous beaucoup? oui... Voulez-vous être ma femme! oui.

Tufais les demandes et les réponses.

MICHEL

C'est pour que ça aille plus vite... (^ Mina. ) Soyez heureuse... Je serai votre mari... Fir;urez-vous que je viens de

l'auberge du Grand-Canard... Vous savez, cette malheureuse auberge du bal et du baiser... Tout-à-coup une chaise de poste entre dans la cour, et j'tn vois descendre un jeune homme... fort bien ma foi... Manteau écossais, col noir, barbe de sapeur, chemise bleue... Jolie tenue de voyage... Il demande avec empressement la demeure du major de Muldorff... Je m'avance pour lui répondre... Que vois-je ! le comte de Malzen !

TOTJS.

Grand Dieu !

MINA

Se peut-il ?

MICHEL

Je ne sais pas si ça se peut , mais ça est... A cette vue je ne peux pas me retenir... Je suis nerveux... Je lui mets la main sur le collet.

PÉTERSTHAL.

Tu l'as arrêté ?

MICHEL

Oui... Mais il a cru que je voulais lui ôter son manteau , et il me l'a jeté sur le bras en disant : « Tiens , mon ami. »

Il t'a pris pour un domestique ?

MICHEL

J'en ai peur... Alors , avec ma présence d'esprit naturelle , je lui ai dit poliment : « IMonsieur, je sais où demeure le « major que vous demandez , et , si vous voulez , je vais vous « y conduire. — Non , répond-il , il faut que je m'habille ; « inais donne-moi l'adresse. » Et moi , savez-vous l'adresse que je lui ai donnée ?... la vôtre , madame Romarin , et dans un quart-d'heure il sera ici.

PÉTERSTHAL.

Ah ! nous le tenons , enfin !

MINA , au ec joie.

Je vais donc le revoir i

MADAME EOMAKIN.

Quel air de joie quand on te parle de l'homme qui t'a offensée I

MINA

Air : J'en guette un petit de mon dge. Vous le savez, pendant un an d'attente. Gardant pour lui le plus juste courroux, Combien de fois vous m'avez dit , ma tante , Que la vengeance est un plaisir bien doux. Sur le plaisir de punir une offense Assez long-temps, si j'ai pu m'abuser.

Quand il revient pour m'épouser,

Je sens que j'aime la vengeance,

PÉTERSTHAL.

Grâce au jugement, il ne peut plus sortir du duché sans avoir épousé... Aujourd'hui même la noce.

Et demain , le divorce.

MICHEL

Et huit jours après, mon mariage... Voilà l'ordre et la marche I

pétersthAl , qui pendant le couplet a écrit sur un papier.

Michel, cours bien vite chez nos parens et amis, pour qu'ils aient à se rendre ici.

MADAME ROMARIN

Allons , ma nièce , allons , ma chère Mina , sèche tes pleurs , va t'habiller, reçois-le avec un air sévère , et tâche que rien ne manque à ta toilette.

PÉTERSTHAL.

Voici le moment du triomphe.

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