‹ Le procès du baiser; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 28 sur 35 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

PÉTERSTHAL, ALFRED.

ALFRED , entrant.

Le major Muidorf , monsieur?

PÉTERSTHAL, à part.

C'est bien lui! (Haut.) JMonsieur le comte, votre présence était vivement désirée dans cette maison.

( Il ua fermer la porte du fond.) ALFRED , à part. On m'attendait. ( J^oyant le bourgmestre fermer la porte. ) Que faites-vous donc, monsieur?

PÉTERSTHAL.

Ne faites pas attention , c'est une petite formalité.

ALFRED

Veuillez avertir monsieur de Muidorf.

PÉTERSTHAL.

Monsieur, vous souvenez-vous d'un bal auquel vous avez assisté, il y a un an, à l'auberge du Grand-Canard?

ALFRED

Oui, monsieur, il était fort bien composé. {A part.) Quel original est-ce là? (Haut.) Le major Muidorf est chez lui?

PKTERSTHAL, sans l'éc.oulrr.

Monsieur, à ce bal se trouvait une jeune et jolie peismine que vous avez embrassée.

ALFRED

Comment, on en parle encore depuis ce temps?... Mais permettez, je ne suis pas venu ici pour subir un interrogatoire.

PÉTERSTHAL,

de -n'est pas non plus un interrogatoire, c'est un arrêt que vous allez écouter.

ALFRED , impatiente.

Un arrêt I Ah! je suis fatigué enfin!...

TÉTERSTHAL , lui wançcint une chaise.

Donnez-vous la peine de vous asseoir... Monsieur le comte ne connaît pas notre pays?

Je sais qu'on y trouve des routes détestables et des personnages très-fàcheux.

PÉTERSTHAL.

On y trouve aussi une loi qui condamne tout célibataire, convaincu d'avoir fait manquer le mariage d'une jeune fille en l'embrassant publiquement, à épouser sa victime. {Il tire un lii'fc de sa poche.) Yoyez , article aiSj; et comme vous êtes précisément dans ce cas, un arrêt du tribunal suprême vous • •njoint d'épouser, en bonne et due forme, mademoiselle jMiiua Romarin , sous peine de prison.

ALFRED

Qui, moi, le comte de jMalzt-n?

PÉTHRSTHAL.

Est-ce que le comte de Malzeîi ne se marierait pas comme les autres ? Je vous ferai remarquer que vous parlez ici à un bourgmestre qui n'est pas un sot.

ALFRED

C'est incroyable !

PÉTERSTHAL.

J'ai pris toutes les précantiour- , et vous ne pouvez éviter le mariage.

ALFRED

Mais c'est un guet-à-pens I

PÉTERSTHAL.

T)u reste, vous n'aurez pas le temps de faire mauvais ménage , car vous divorcez demain.

ALFRED , acec joie.

Je divorce demain?... mais c'est bien différent alors , et vous dites que mademoiselle... Comment appelez-vous ma femme ?

PÉTERSTHAL.

JMina Romarin.

ALFRED.

Oiie mademoiselle Mina Romarin est jeu'nfcr-' et jolie!...

Parbleu! je l'ëpouserai. Yingt-quatre heures de mariafjci... C'est très-piquant, et puisque je dois jouer bientôt au sérieux le rôle de mari , cette noce me servira de répétition.

PÉTEllSTHAL.

Ail ! monsieur le comte a des projets de mariage?

ALFRED

.Te vous avouerai même que je venais dans ce pays pour les réaliser; je dois épouser la sœur du major Muldorf: c'est une dette sacrée qu'il l'aut que j'acquitte.

PÉTEUSTHAL.

Il paraît que monsieur le comte a beaucoup de créanciers de ce genre... mais nous devons être les premiers payés, ainsi pressons la cérémonie, et dépêcliez-vous de prendre un engagement pour être plutôt libre... La maison du pasteur est ici près... Je vais hâter l'exécution. {Rci'cnant ait comte. ) Je dois vous prévenir que cette maison est entourée par la force armée.

ALFRED

Allez au diable I

TKXERSTHAL, sallLUnt.

Au revoir, monsieur le comte.

{Il sort.)

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