‹ Le procès Girard-Cadière [microform]Chapitre 17 sur 29 · RELATION DE CE QUI S'EST PASSE · texte numérisé non relu

RELATION DE CE QUI S'EST PASSE

A. — {En tête) A Aix, chez Joseph David, 1731. — In-folio 3 pages.

A. A. — S. 1. n. d. — In-folio, 3 pages.

Relation ou Journal de ce qui s'est passé dans l'intérieur de la Grand'Chambre, depuis que le procès de la Cadière et du P. Girard a été mis sur le bureau.

Document manuscrit de 102 feuillets in-folio, qui se trouve conservé à la Bibliothèque Méjanes, à Aix, dans le Recueil n" 928 du Catalogue des manuscrits.

Notons que cette même bibliothèque possède parmi les pièces formant le n" 758 de son Catalogue de manuscrits, les:

Arrêts (originaux) concernant l'affaire du P. Girard.

A Monsieur de Raguse, l'un des Ignicoles et Président au Parlement d'Aix, tant pour lui que pour ses confrères... ou... Réflexions sur l'Arrest du Parlement d'Aix invenu dans l'affaire de la Demoiselle Cadière contre le P. Girard, jésuite.

Une copie se trouve dans le manuscrit 23861 déjà cité.

Imprimé sous le 2me titre :

REFLEXIONS, etc.

La Haye, d'Hondt, 1731. — In-4°, 7 pages.

Arrêt rendu par le Parlement d'Aix contre le Père Cadière, jacobin, sa sœur et ses adhérants, pendus le 5 ocbre 1731 ??îî

L'existence de cet « Arrêt » fantaisiste nous a été révélé par une curieuse lettre, adressée au R. P. Supérieur des Jacobins de Toulon, par celui du couvent d'Angers (7 octobre 1731).

Elle nous a paru trop typique et montrant si. bien l'état de surexcitation des esprits causé par cette affaire, que nous n'avons pas hésité à la reproduire :

(( Vous me ferez, écrivait le Supérieur du couvent d'Angers, de me tirer de la perplexité continuelle où nous sommes touchant le père Cadière. Vous ne sauriez croire le bruit que cette affaire fait dans nos cantons. Ce qui nous a été le plus sensible, c'est qu'hier, 6 du courant, une bande de coureurs et gens sans aveu, se partagèrent dans les places et carrefours de cette ville pour publier des billets qu'ils disaient être des véritables copies de l'Arrest rendu par le Parlement d'Aix contre le père Cadière, Jacobin, sa sœur et ses adhérants, qui avaient été exécutés le 5 courant.

« Quatre de ces insolens affectèrent de se tenir aux portes de notre maison et de notre église, qui ne cessèrent de crier pendant trois heures:

« Le Père Cadière, jacobin, sa sœur et ses adhérans, ont été pendus le cinq du courant!

« Nous eûmes recours à M. le Gouverneur qui acquiesa à la prière de notre prieur. Il fît partir incontinent la garde avec ordre de les ramasser tous, mais on n'a pu en saisir que quatre qui sont à la tour du Château.

« Ce matin, deux ont été interrogés par notre prieur, en présence de M. le Gouverneur, savoir quels ordres ils avaient de publier de tels billets; ils ont avoué que c'étaient les Jésuites de La Flèche qui leur ont donné ce brimborion pour le publier de ville en ville, de bourg en bourg, de village en village et qui leurs avaient promis une bonne récompense. Les deux autres n'ont point été interrogés.

« Si le père Cadière n'est pas exécuté aussi bien que ses adhérans... plut à Dieu... M .le Gouverneur prendra parti contre les Jésuites de La Flèche.

« Toute la ville d'Angers crie vengeance contre les Jésuites. » (81)

Nous avions trouvé dans le « Catalogue des Manuscrits de la Bibliothèque de la ville de Reims », sous la côte « Mss 1960. Nouveau fonds ,page 42:

Arrêt du Parlement de Toulouse... 10 octobre 1781... dans l'affaire du P. Girard, jésuite et de Marie Catherine Cadière.

Mais vérification faite, ce n'est qu'une erreur d'impression, il s'agit en réalité de l'Arrêt du Parlement de Provence, du 10 octobre

(81) Manuscrit n" 23860 déjà cité, reproduite dans un article sur: Les grands Procès et l'opinion publique, publié dans le n° du 3 septembre 1927 des Coulisses, et reproduit dans Le Petit Niçois, du 21 octobre 1927.

Page 1