COURS LIBRES
i Conference de M. J. Deramey, sur FHistoire des anciennes eglises de I'Afrique depuis saint Auffustinjusqu'd Vinvasion des Arabes. Les historiens du Bas Empire ont fourni au professeur, pour Ie premier semestre de 1'annee scolaire 1908-1909, la matiere de ses lecons, sans oublier les chroniqueurs arabes et plusieurs pages de Rohrbacher, surtout quand il s'est agi de la reprise de fAfrique par Belisaire et du passage des Arabes en Espagne par Ceuta et Algdsiras. On a constate que les eglises d'Afrique avaient surve'cu a la domination des Vandales , mais qu'elles disparaissent, peu a peu, apres 1'enlree des Arabes tantdt soutenus. tant6t combattus par les Berberes. qui se perpeluent jusqu'a nos jours sous Ie nom de Kabyles et de Maures. En fin de compte 1'Eglise ne garda plus, dans le Nord de I'Afrique, que deux ou trois eglises principales, quelques couvents et hospices: malgre les efforts de Saint-Louis, de Charles-Quint, de Louis XIV et des missionnaires, le retour de I'Afrique au christianisme n'a guere commence qu'au moment de la conqu6te de l'Algene, en i83o et pendant les anne'es suivantes.
Pendant le second semestre, M. J. Deramey, quillant I'Afrique du Nord pour 1'Orient, a resume" les premieres conquetes apostoliques faites en Asie Mineure par l'activile" de saint Paul, de saint Pierre, de saint Jean et des autres disciples du Christ. II a ele" ainsi amene" a parler en detail des eglises d'Ephese, de Smyrne, de Chalcedoine; a exposer l'histoire des conciles tenus dans ces villes, comme a Constantinople, au sujet des heresies des Nestoriens, de Dioscore, d'Eutyches, enfin a insister sur le role important du pape Leon, si bien aide par Marcien et Pulcherie.
Nombre des inscrits : 60.
Eleves titulaires : MM. Bejannin , Boileau , Chine , Clavel , Gressin , Kieffer , Leveque, Liorzou, Martin-Ginouvier, Perfettini, Philogone; M me * Arnaud, Dubrey, Fleury, Khan, Leroy-Tournay, Protte, Van-Dyck; M 11 " Leveque, xMaisne.
Auditeurs reguliers : MM. Delpech, Girard, Khan, de Larrard, Leroy, vicomte Ordener; M mes Brault, Bi ser, Garnier (1" semestre), Goerlet, Jacob . Jauneau . baronne de Larrard , Lkveque, Maisne , Mathieu ( 1" semestre),
Millet-Bra ult, vicomtesse Ordenek, Pagniez, Reddojt, Roussel, Tarrade, Tstvole, Stossjieister , Wuhlrin; M" 05 Atjgras, Buser, Floret (i er semestre)' Garnier, de Larrard, Meiss (i r semestre).
a Conference de M. E.-B. Leroy sur la Psyckologie religieuse. Les conferences de l'annee scolaire 1908-1909 out e'te reparties en deux series independantes , Tune portant sur la sligmatisation , et Fautre sur les fondements psychologiques dc la coiwiclion religieuse. Pendant le premier semestre, les deux series ont alterne , les mardts etant reserves a l'une , et les samedis a 1'autre: pendant le second semestre, letude des fondements de la conviction religieuse a ete seule poursuivie.
I. La siigmatisation. Les lecons sur ce sujet formaient le complement naturel et indispensable des lecons faites les aunees pre'cedentes sur les phenomenes extatiques. La question de la stigmalisation peut etre examinee a quatre points de vue tres differents , quoique connexes :
Pour les theologiens. la stigmatisation est constitute par un eusemble de phenomenes physiques (ou. plus exactement. physiologiques) d'ordre rrsur^ nature! , assez etroitement lies a Fextase.
Au point de vue historique. on peut se proposer d'etablir le caractere, soit historique , soit legendaire , de tel ou tel cas de stigmatisation , ou bieu se proposer d'etudier la formation de la tradition qui. dans 1'Eglise catliolique, s'est etablie au sujet de ces phenomenes, cc qui explique, au moins en partie, la ties grande ressemblance que i'on observe dans les circonstances et la forme des differents cas. Ge point de vue ne se rattachait que d'uue maniere tres indirecte a 1'objet de la conference; aussi, ayant choisi commc exemple unique le premier des stigmatises, Francois d' Assise, nous sommesnous contentes de montrer (principalement d'apres les travaux de Lempp et de Paul Sabatier) ce que Ton pouvait actuellement en penser : si d'une part l'hypothese de la fraude ou de la simulation semble actuellement devoir etre ecartee, ii est d'autre part a peu pres impossible au psychologue ou au pathologiste de rien tirer de ce cas, les renseignements positifs etant tout a fait insuffisants.
A 1'autre extremite de la chaine historique , si l'on considere certains faits
recents , apres avoir ecarte un certain nombre de faits ou la fraude est mani-
feste, probable ou possible (stigmatisee d'Oria. etc.), il reste des faits scien-
tifiquement constates, d'authenticite certaine. et sur i'interpretation seule
"desquels on peut discuter.
Six seances ont eie" consacrees au cas de Louise Lateau et a celni de Madeleine D etudiee par M. Pierre Janet.
La conclusion de ces etudes a ete que la stigmatisation sembie constituer au point de vue psychologique un phenomene Men determine, ay ant ses lois et une evolution reguliere. Dans tous les cas ou la stigmatisation n'est pas due a une fraude banale, a un simple tour de passe-passe, on observe une liaison remarquable entre 1'apparition des stigmates, d'une part, et, d'autre part, involution et la forme des extases cbez le sujet considere. En tenant compte de cela et etant donne ce que nous savous sur i'extase par les etudes que nous avions faites les annees precedentes , il nous a sembie que les faits pouvaient etre expliques de trois facons differentes: 1 Fraude en etat second: fraude n'ayant de special que 1'etat particulier dans lequel elle se produit et pouvant s'accompagner d'une parfaite bonne foi chez le sujet revenu en etat premier. 2 Comedie ou jeu somnambulique; dans ce cas, il ne s'agit plus de fraude: le sujet en extase, au lieu dereVer seulement qu'il participe a des evenements imaginaires, les ffjoue en partie : au reveil le souvenir en est totalement ou partiellement perdu, mais ilpeut subsister des traces que le sujet a produites sans intention de tromper qui que ce soit. 3 II sembie , etant donnees leur forme et les circonstances de leur apparition , que certains stigmates , produits egalement par le sujet en somnambulisme et sans intention de fraude, soient en rapport, non avec une scene vcue en extase, mais avec des id^es de mortification ou avec des ide'es plus complexes et jusqu'a present mal etudiees par les psychologues (tatouages religieux). 4 Enfin, il convient de ne pas abandonner completement 1'hypotnese de la stigmatisation rrspontaneen, se |>roduisant sans intervention artificielle , par le seul jeu de 1'imagination ; cette hypothese, dont on pourrait faire remonter 1'invention a Francois de Sales , et a laquelle les recberches de Cbarcot et de ses Aleves avaient donne une certaine popularite , a 6U fort battue en bre*che depuis quelques annees ; elle mei'ite encore d'etre prise en consideration et parait meme seule capable d'expliquer certains cas,tels que celui de Louise Lateau notamment, ou les plaies presentent Tine forme et un aspect qui semblent ne pouvoir e*tre artificiellement reproduits par aucun agent exterieur connu.
II. Les lemons portant sur les Fondements de la Conviction religieuse n'ont pas constitue un systeme rigoureusement suivi ; elles ont ete consacrees surtout a eclaircir quelques notions et a l'examen preliminaire d'un certain nombre d' observations inediles relatives a des cas de dissolution de la foi. En outre, d'ailleurs, nous nous sommes laisse's arr&er et detourner de la ligne droite par la necessite de preciser eertaines notions d'usage courant dont les psychologues n'ont pas encore suffisamment ^lucide la signification ou la valeur precise. C'est ainsi que plusieurs seances ont ete consacrees a la definition
psychologique du wsentiment de la nature" considere dans ses relations avec le tf sentiment religieux*. II serait difficile de donner nn resume succinct de cestravaux; ils n'ont pas abouti a des conclusions fermes, mais out seulement permis de pressentir la possibilite d'une classification naturelle des types religieuxn individuels, classification dont la recherche sera poursuivie dans les conferences de l'annee prochaine.
Nombre des inscrits : 3 1 .
Eleves titulaires : MM. Dupuch de Feletz, Perris, Pop: M m " Dcbrey, de
MALEZIEUX; M"" GlLLIBERT.
Auditeurs reguliers : MM. Aubel, vicomte Busier de Montmoraxd, L. Cons, Gos, Jaques, Monteil, Moeret, Pelletier, Poulain, Quignard, Semenowsky ( 2 semestre) , Zejibaczywski (t" semestre); M' n " Demker , Filler (i er semestre), Ghil, Leroy; M liM Gh. de Bony, Doubnow (i er semestre) Godmard, Le Tellier (i w semestre), Noel (i 01 semestre), de Zanetty.