SCÈNE X
SABLONVILLE, puis MADAME TILMANS.
SABLONVILLE.
C’est inoui ! moi, de Sablonville, avec une livrée sur le dos et un plumeau sous le bras... voilà ce que c’est que d’aimer les Rubens... Mais je lâche tout... c’est le moment de me précipiter dans les escaliers... (il va vers la porte,)
MADAME TILMANS. entrant.
Vous êtes seul ? 11 faut fuir.
SABLONVILLE. .
Oui, mais je ne peux pas .m’esquiver ainsi, sans rassurer cette infortunée qui est là haut.
MADAME TILMANS.
Êcrivez-lui un mot et parlez.
SABLONVILLE, écrivant.
Ah! j’oubliais...
MADAME TILMANS.
Quoi? Le tire-bottes î
SABLONVILLE.
Non, celte livrée. Je ne peux pas rentrer ainsi rue de la Ville-l’Évêque.
LE PROCÈS VAN KOHN
MADAME TILMANS.
Si ce n’est que cela, arrêtez-vous à la première Belle-Jardinière venue, et achetez un vêtement.
C’est que j’ai mon porte-monnaie dans l’habit que je n’ai pas.
MADAME TILMANS.
Un obstacle d’argent ! (Elle va au secrétaire.), Voici vingt pièces de cent sous, vous me renverrez cinq louis.
SABLONVILLE.
Voici la dépêche... Adieu! femme supérieure autant que généreuse! (il lui baise la main.)