SCÈNE XIII
BOUGINIER, seul marchant avec agitation.
Oui, demain à la première heure, car enfin je l’ai vu, il lui a baisé la main!... et elle lui a donné une pile de pièces
Cent SOUS... (Il s’assied et réfléchit un instant; se relevant comme frappé par une idée.) Pourquoi lui a-t-elle donné cette pile de pièces cent sous? Ça n’est pour se débarrasser de Van Korn ; son affaire est faite. Est-ce que ce serait pour débarrasser de moi? Est-ce que j’aurais aussi fait mon temps? voyons, Bouginier... du sang froid... figure-toi que lu te bats en duel avec un homme très-fort, qu’esl-ce que tu ferais? Je ferais des excuses probablement... la position n’est pas la même... (Regardant le secrétaire.) Quand je suis entré elle a caché précipitamment quelque chose dans Ce meuble; il y a peut-être une preuve là-dedans. Fouillons. Ma foi, au point où en sont les choses... (u fouille.) Ah! un papier plié en quatre... un billet doux... (Lisant). » Monange bien-aimé... » (Parié.) De qui ma belle-mère peut-elle être l’ange bien-aimé? (Il lit)... «J’ai pu enfin m’échapper...» (Parlé.) Il lui parle de son évasion, (lisant.) « Mais trop de liens nous attachent l’un à l'autre pour que ta porte ne me soit pas toujours ouverte... » (S’essuyant le front.) l’aCCUSation nese trompait pas... (Lisant.) » « Quant au polichinelle. (Parié) c’est moi! (Lisant.) qui gêne nos épanchements ne t’en inquiète pas, j’ai mille et un moyens de nous en débarrasser, ce ne sera pas mon coup d’essai... Ton esclave entièrement dévoué. Joseph.
Il y a un projet d’arrêté, c’est évident... quand éclaterat-il ? voilà la question. Ma belle-mère m’a dit d’attendre à
LE PROCÈS VAN KOHN
demain, c’est pour aujourd’hui. Gare à toi, mon pauvre Bouginier. Ma femme! j’ai eu tort de la brusquer.