‹ Le Procès Van Korn, vaudeville en 1 acteChapitre 7 sur 22 · BOUGINIER, VAN BONBECK · texte numérisé non relu

BOUGINIER, VAN BONBECK

VAN BONBECK, la regardant sortir.

Heureusement, j’ai averti le portier!

BOUGINIER, surpris.

Il a averti le portier!... ah! ça, décidément, qu’est-ce qu’il vient chercher ici ?

VAN BONBECK

Monsieur, je vais vous faire de la peine et j’en suis fâché, car vous avez l’air d’un honnête homme, n’est-ce pas que vous êtes un honnête homme?

BOUGINIER

Mon Dieu! je ne fais pas de dettes dans les cafés! (A part.) Il va s’en aller.

VAN BONBECK

Avez-vous jamais entendu parler du procès Van Korn?

Van Korn de Bruxelles, dont la mort a fait tant de bruit ? je suis .abonné à la Gazelle des Tribunaux... je connais l’affaire à fond.

VAN BONBECK

Non, vous ne la connaissez pas.

BOUGINIER

Je la sais par cœur... L’infortuné Van Korn s’aperçut un soir que sa femme, qui avait passé l’âge des passions, nourrissait pour le valet de chambre de la maison une flamme coupable, le soir même où tout fut découvert, Van Korn tombait foudroyé par un plat de champignons vénéneux... On arrêta les

16 LE PI’.OCÈS VAN KORN

decx coupables et tout fut terminé... vous voyez oiip ip i* sais par cœur. J 4 J Ia

VAS BOSBECK.

Du tout ! car vous ignorez que huit jours avant son jugement, 1 astucieux valet de chambre parvint à s’évader J °

BODGISIER.

L’homme chargé de le garder n’était donc qu’un imbécile

VAS BOSBECK.

C’était moi, monsieur... La femme comparut seule devant le juge d 'instruction qui rendit une ordonnance de non-lieu faute de preuves. Je perdis ma position à cette affaire-là et *

BODGISIER interrompant. *

Est-ce que vous allez prendre vos quartiers d’hiver chez moi ?

VAN BOSBECK.

Depuis combien de temps êtes-vous marié?

BODGISIER.

Moi! un an!... (A paru) C’est un ancien rasoir.

VAS BOSBECK.

Ne m’avez-vous pas dit que votre belle-mère habitait la Belgique?

BOCGIN1ER.

De mère en fille. (A part.) Voilà ce que j’appelle une con versalion décousue...

VAS BOSBECK.

Et veuve !

BODGISIER.

A viugt-deux carats.

VAS BOSBECK.

Parle- t-elle quelque fois du défunt?

BODGISIER.

Jamais pour en dire du bien... souvent pour en dire du mal.

VAS BOSBECK.

Son caractère?

BODGISIER.

Insupportable!... Ah! ça, mais, revenons donc à l’affaire Van Korn.

VAS BOSBECK.

Nous y sommes en plein!... Vous avez ici un valet de chambre ?

BODGISIER.

Pas le moindre !... ma belle-mère en veut un, c’est vrai, mais je suis le maître... elle ne l’aura pas?

VAS BOSBECK.

Vous êtes bien sûr de ne pas avoir de valet de chambre ?

BOUGINIER

Comment, si j’en suis sûr 1 II n’y a que moi d’homme dans la maison.

VAN BONBECK

Cherchez bien... vous devez en avoir un...

BOUGINIER

Ah I par exemple... il ne faut pas me dire de ces choses-là.

Allons, je vous crois. Je me serai trompé. Du moment que vous n’avez pas de valet de chambre... (H va pour sortir.)

Page 1