QUATORZIEME TABLEAU
CELUI DE L’ETENDUE DES VOIX, DE LEUR DIAPASON, ET DE LA CLEF QUI LEUR EST AFFECTÉE, EN RAISON DE CETTE ÉTENDUE ET DE CE DIAPASON.
Premier-Dessus
ou
Soprano.
A^oix de tête.
• ^ .(2. d plus.
Quelques voix rares dépassent plus ou moins celle élenduc; mais alors les sons graves, ou de poilrine, sonl sourds, grêles ou gulluraux.
Deuxième Dessus
ou
Mezzo-Soprano.
Celle voix esl toute de poilrine.
Haute-Contre
ou
Contralto
Taille
ou
Ténor.
Celle voix aussi est tonte de poilrine.
Quelques voix rares dépassent cette étendue. Le timbre de la voix de tête fait parfois une disparate choquante avec celui de la voix de poilrine.
iV. B. Celle étendue esl semblable à celle du Soprano, mais à l’octave inférieure.
Concordant
ou
Baryton.
Cette étendue est semblable à celle du Mes2o-Soprono, à l’octave inférieure.
Basse-Taille
ou
Basse.
Celte étendue esl celle du Contralto, à l’oclave inférieure.
Quelques voix de Basse privilégiées ont une extension dans le grave qui
leur permet d’émettre les sons que voici
Les Italiens donnent à ces sortes de voix le nom de basso-profondo.
Cette étendue générale de chaque voix est ordinairement celle des chanteurs, hommes et femmes, qui •emplissent les principaux rôles dans les théâtres lyriques. Le compositeur qui doit écrire pour ces voix, de manière à faire valoir leurs qualités et dissimuler les défauts qu’elles peuvent avoir, les étudie d’abord séparément et avec soin, puisque c’est dans son intérêt propre, aussi bien que dans celui des chanteurs.
Quant à écrire pour les choristes, dont les voix sont en général beaucoup moins exercées, et, souvent, la pratique musieale à peine ébauchée, on trouve prudent de se renfermer, pour chacune, dans l’étendue d’une dixième environ. Exemples :
Dessus.
Dessus.!
n Haute-I.ontre
ou
Contralto.
— ^ Ténor .- ^
Bauyton.-
Basse.^^
Tabl.
Remarque. On vante avec raison peut-être, mais au détriment des Français, l’ensemble et la bonne exécution des cboristes de l’Allemagne. Nous ignorons comment ils sont instruits et rétribués en ce pays; mais partout où cette rétribution est trop parcimonieuse, le choriste se voit contraint, pour vivre, de se livrer à une profession manuelle qui lui prend la plus grande part de son temps. Alors, ce n’est plus qu’au théâtre, dans les répétitions, qu'il apprend la partie qu’on lui donne à chanter, et qu’il exerce à la fois sa voix et sa mémoire. Il en est ainsi à Paris même, et surtout en province. Pour qu’il en fût autrement, il faudrait deux choses qui ne se verront j)robablement jamais: 1° une rétribution qui, sans donner le superflu au choriste, lui procure au moins le nécessaire, en même temps qu’elle accorderait le droit de se montrer difficile dans le choix des candidats ; 2’ que les chanteurs premiers sujets consentissent à rabattre de leurs prétentions aux appointements de Maréchaux-de-France-Sénateurs.