SA CARRIÈRE ET L’ANALYSE DE SES TRAVAUX
Par son élève et collègue Fr. Jos. Herrgotty
Professeur honoraire de la Faculté de médecine de Nancy, Lauréat et correspondant de ITnstitut,
Associé de PAcadémie de médecine.
Je n’ai pas l’intention d’écrire une biographie complète du professeur Stoltz ; mon but est plus modeste. Je ne veux que jeter un coup d’œil sur sa longue carrière et faire un exposé analytique de son œuvre scientifique.
Joseph-Alexis Stoltz est né à Andlau (Bas-Rhin), arrondissement de Schlestadt, le 14 décembre 1803.
Son père était officier de santé et comme tel il avait fait les campagnes de Suisse au commencement du siècle ; c’était un homme instruit, ayant un talent de dessinateur peu commun ; il s’était aussi occupé de la culture de la vigne et avait même publié sur ce sujet un ouvrage fort remarqué, que son fils avait été heureux de trouver dans la bibliothèque de Gottingue.
Stoltz, dès son enfance, fut un écolier studieux ; il fit ses classes si rapidement qu’il dut demander une dispense pour
pouvoir passer son examen du baccalaureat. Comme étudiant en médecine, ses succès furent brillants. Nommé aide de clinique, il soutint sa thèse le 21 août 1826, alors qu’il n’avait pas 23 ans.
Il s’était attaché au professeur Flamant, chargé de l’enseignement de la clinique externe et des accouchements, et ne tarda pas à devenir l’élève privilégié et le collaborateur de ce maître éminent.
Sa thèse inaugurale était consacrée à divers points relatifs à, r art des accouchements; elle porte comme épigraphe : « Annotatio naturæ artem paperit ». Stoltz s’inspire de cette pensée de Cicéron et lui reste fidèle pendant toute son existence ; on la retrouve non seulement dans ses écrits, mais encore dans ceux qu’il a inspirés à ses élèves.
Cette thèse comprend trois sujets différents :
F Sur les différents états dm col de VutéruSj mais principalement sur les changements que la gestation et les accouchements lui font éprouver (15 pages, de 1 à 15) ;
2® Sur le mécanisme de la parturition (pages 15 à 39) ;
3® Sur r usage du levier dans les accouchements ^ avec 1 planche (pages 39 à 45).
Dans ses Leçons de clinique obstétricale, le professeur Depaul dit (1) : « M. le professeur Stoltz est le premier qui se « soit occupé sérieusement des modifications du col pendant « la grossesse ; ses observations, consignées dans sa thèse « inaugurale de 1826, ont été le véritable point de départ de « travaux qui ont été poursuivis, depuis, sur le même sujet. » — « Dans cette question, c’est Stoltz quia été l’autorité dans le XIX® siècle », dit Varnier dans une savante revue générale publiée dans les Annales de gynécologie (2). Je n’ajouterai rien à cette double appréciation, et je me contente de citer
(1) Paris, 1872-1876. Paris, chez Delahaye, p. 115.