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Même question pour un escalier à l’anglaise

92. Indiquer le tracé d’un cintre pour un arc de grandes dimensions, soit pour un pont, soit pour une porte magistrale.

93. Indiquer le tracé d’une poutre en treillis dite poutre à l’américaine. — Passerelle.

94. Indiquer les dispositions des pièces principales et le tracé des principaux assemblages d’un comble conique en bois comme celui du Cirque.

95. Indiquer la série des principaux assemblages usités dans l’art de la ferronnerie.

96. Indiquer les dispositions et le tracé des assemblages pour une poutre formée avec deux ou plusieurs fers à T, ou pour une poutre en tôle avec cornières.

97. Indiquer la disposition des pièces principales et secondaires d’une ferme en fer avec le tracé des assemblages.

98. a. Indiquer la disposition des pièces diverses d’un plancher en fer d’une grande portée (i5m sur 8m) pour lequel on ne pourrait disposer que d’une hauteur restreinte.

b. Même question pour un plancher en bois.

c. Même question pour un plancher fer et bois.

99. Indiquer les principaux assemblages usités en menuiserie. — Lambris à petit et à grand cadre.

EPREUVE PÉDAGOGIQUE 383

100. Indiquer les principales pièces de bois ainsi que les ferrures nécessaires qui constituent :

i° Une fenêtre à noix et gueule de loup ;

2° Une porte d’appartement à un seul vantail ;

3° Une porte d’appartement à deux vantaux ;

4° Une porte cochère avec guichet ouvrant.

Nota. — Les numéros des questions sorties à chaque examen ne pourront être remis dans l’urne qu’après quatre examens consécutifs.

IV. — CERTIFICAT D’APTITUDE A L’ENSEIGNE- MENT ÉLÉMENTAIRE DU DESSIN DANS LES ÉCOLES PRIMAIRES COMMUNALES.

EXPOSÉ PRATIQUE

Le certificat d’aptitude à l’enseignement élémentaire du dessin dans les écoles primaires communales est la sanction des études faites au Cours normal de dessin, fondé pour les instituteurs et institutrices du département de la Seine et dirigé par M. Guébin, inspecteur principal de l’enseignement du dessin.

Le Cours normal de dessin a été créé par arrêté préfectoral en date du 2 5 mai 1895, pris en conformité d’une délibération du Conseil municipal ; ces cours ont été faits en vue de la préparation des instituteurs et des institutrices à l’application des nouveaux programmes de l’enseignement du dessin dans les cours moyens et quelquefois dans les cours supérieurs des écoles primaires élémentaires. Car il était nécessaire de fournir aux maîtres et aux maîtresses, désireux de s’instruire et de compléter leur éducation pédagogique, les mêmes ressources relativement au dessin que celles qui depuis longtemps, dans des créations analogues, sont offertes aux enseignements du chant, de la gymnastique, du travail manuel et de la coupe.

Les Cours normaux comportent un enseignement annuel de 25 leçons de 4 heures. Chaque leçon se divise en :

Une heure de corrections au tableau sur les travaux exécutés entre les leçons ;

Une heure d’explications théoriques, sur l’analyse du caractère des figures et l’analyse dè leurs divers modes de présentation dans le plan ou dans l’espace ;

Enfin deux heures d’exercices graphiques correspondant aux notions théoriques données.

Dans l’intervalle des leçons, les élèves ont à faire, sur un sujet donné, des recherches personnelles et des exercices de pédagogie pratique dans leur classe.

EXPOSÉ PRATIQUE

Les sujets étudiés ainsi sont ou des analyses de motifs d’études indiqués, ou des groupements par série de formes répondant à une indication donnée et conduisant au classement méthodique de ces formes suivant leur analogie. (Une semaine prise au hasard donne pour sujet d’analyse : La colonne de Juillet, et pour sujet de recherches : Tout ce qui se rattache à l’idée de groupement .)

Nous donnons ci-dessous le programme officiel des Cours normaux :

Les cours ont lieu tous les jeudis, de 8h à io'1 pour les leçons théoriques et de ioh à midi pour les leçons pratiques. Les candidats doivent être âgés de 21 ans révolus; aucune dispense d’âge n’est accordée.

Les programmes des Cours normaux de dessin comprennent une partie théorique et une partie pratique.

i° L’enseignement théorique porte sur les diverses notions relatives : à la géométrie expérimentale, à la perspective d’observation, à la composition ornementale des formes et des couleurs, à la pédagogie du dessin, appuyée de l’exposé méthodique des procédés et de l’outillage à employer suivant les besoins.

2° L’enseignement pratique comprend : le dessin à vue, c’est-à-dire les exercices de copie, de mémoire, d’après dictée, d’ajustement sur programme donné, de composition libre, etc. ; le dessin géométrique comportant notamment l’exécution, au moyen d’instruments, de problèmes, de cartes, de tableaux graphiques, de mise au net à des échelles diverses, de croquis cotés ou relevés empruntés à l’enseignement du travail manuel et de la coupe, de compositions d’ornements purement géométriques tels que carreaux, bordures, réseaux, rosettes, moulures, etc.

Les maîtres et les maîtresses qui se font inscrire aux Cours normaux doivent les suivre sans interruption, et en cas d’empêchement de leur part d’y assister d’un façon régulière, ils doivent se retirer pour faire place à des collègues plus libres de leur temps ou plus persévérants.

D’ailleurs, il est dressé une liste supplémentaire, et après trois absences non justifiées, un suppléant sera substitué au titulaire.

Les demandes doivent être adressées à M. le Directeur des Cours normaux de dessin, avant le 3o septembre de chaque année.

Elles doivent être libellées de la façon suivante :

Je soussigné ...Institut -adjoint .... à l’école de ......

né le à

demeurant

sollicite mon inscription au Cours normal préparatoire de l’Enseignement du Dessin pour V année scolaire 190 -190 .

Les méthodes enseignées par M. Guébin aux Cours normaux Guédy. — Le Professorat du dessin. 26

ENSEIGNEMENT ELEMENTAIRE DU DESSIN

sont excessivement claires ; elles ont pour but d’apprendre à dessiner aux enfants sans les fatiguer inutilement par des théories géométriques ou perspectives qu’ils ne comprennent pas et qui les rebutent.

L’enseignement tel qu’il est dirigé au Cours normal a pour but essentiel de développer l’esprit d’observation en excitant l’activité visuelle par des recherches variées et multiples, et d’entretenir, pour former le jugement, les habitudes de comparaison, par des exercices constants de classement des perceptions acquises. Une fois formé par la multiplicité des exercices d’investigation et de classement, le jugement s’asseoit par des exercices d’analyse qui peuvent devenir de plus en plus difficiles.

La préoccupation continue dans la direction de ces cours est, en ne laissant rien au hasard, d’éveiller l’initiative de chacun dans les investigations les plus variées, dont le champ cependant se limite pratiquement de lui-même, en raison de l’âge et du développement intellectuel des élèves de chaque classe.

L’ensemble de l’enseignement permet de suivre dans les différentes classes le développement des programmes tels qu’ils sont établis pour l’étude encyclopédique de la forme et de la couleur.

Grâce à l’expérience personnelle de M. Guébin, les Cours normaux ont un grand attrait ; on y explique, en dehors du programme que nous venons de développer, comment il faut donner les premières notions du dessin a un enfant, pourquoi certains ont une tendance à mal dessiner telle ou telle partie d’un modèle, comment on peut les corriger de ces défauts, choses malheureusement ignorées d’un trop grand nombre de professeurs de dessin.

La sanction des études faites au Cours normal de dessin est le certificat d’aptitude ; ce certificat a été institué par arrêté du Préfet de la Seine, après étude du procès-verbal de la séance de la Commission municipale d’études de l’enseignement du dessin en date du 7 mai 1896 et sur le rapport de l’inspecteur d’académie, directeur de l’enseignement primaire. Cet arrêté dit :

Il sera procédé chaque année à un examen en vue de l’obtention d’un certificat d’aptitude à l’enseignement élémentaire du dessin dans les écoles primaires communales. Sont seuls admis à subir cet examen les instituteurs ou les institutrices ayant fréquenté assidûment les cours d’enseignement élémentaire du dessin organisés par arrêté préfectoral du 25 mai

L’examen comprend trois séries d’épreuves, savoir : épreuves graphiques ; épreuves orales ; épreuves pédagogiques.

Exposé pratiqué

i° Les épreuves graphiques se composent :

D’un dessin à vue (copie ou composition) devant être exécuté en 2 heures (coefficient 2) ;

D’un dessin géométrique (problème, composition) ; durée de l’épreuve: 2 heures (coefficient 2) ;

D’une composition écrite sur un sujet concernant la pédagogie du dessin ; durée de l’épreuve : 1 heure (coefficient 1).

Ne sont admis aux épreuves orales et aux épreuves pédagogiques que les candidats ayant obtenu pour les épreuves graphiques au moins la moyenne des points.

20 Les épreuves orales se composent de questions sur l’analyse d’aspect et l’analyse géométrique d’une forme donnée ; de questions succinctes et élémentaires sur l’arrangement des formes. Durée de l’épreuve : i/4 d’heure (coefficient 2).

3° Les épreuves pédagogiques se composent :

D’une correction de dessin de concours ( dessin à vue ou dessin géométrique) ;

De l’illustration, par des croquis faits au tableau, d’une leçon quelconque empruntée au programme des diverses matières de l’enseignement primaire. Le sujet de la leçon est choisi librement par le candidat. Durée de l’épreuve: i/4 d’heure (coefficient 3).

Toutes les épreuves sont cotées de o à 20. Les candidats peuvent présenter au jury d’examen, à titre de renseignements, les travaux de cours ou de classe accomplis par eux.

La nullité d’une épreuve entraîne l’élimination.

Les points obtenus pour les épreuves orales et les épreuves pédagogiques sont ajoutés aux points obtenus pour les épreuves graphiques. Nul n’est définitivement déclaré apte à recevoir le certificat d’aptitude à l’enseignement élémentaire du dessin, s’il n’a obtenu la moitié au moins du total maximum des points accordés pour les diverses catégories d’épreuves.

Après la clôture des opérations, le jury d'examen dresse par ordre alphabétique la liste des candidats (instituteurs ou institutrices) qu’il juge dignes d’obtenir le certificat d’aptitude.

Cette liste est soumise à l’approbation de l’inspecteur d’académie, directeur de l’enseignement primaire de la Seine, qui délivre les certificats.

Le jury d’examen est désigné par décision préfectorale et composé ainsi qu’il suit :

L’inspecteur d’académie, directeur de l’enseignement primaire du département de la Seine, ou son délégué, président ;

2 membres du Conseil municipal ;

1 membre de l’Inspection primaire ;

2 membres de l’Inspection du dessin ;

1 directeur d’école primaire ;

2 professeurs de dessin ;

Les professeurs des Cours normaux de dessin.

ENSEIGNEMENT ELEMENTAIRE DU DESSIN

Le Cours normal de dessin commence avec l’année scolaire. L’examen a lieu dans la deuxième quinzaine d’octobre.

Les instituteurs et institutrices, pourvus du certificat de capacité et chargés d’un cours fonctionnant une fois par semaine, reçoivent par an une indemnité minimum de ioo fr. et maximum de i5o fr. ; les augmentations jusqu’à concurrence du maximum ne peuvent être faites que tous les cinq ans, à raison de 25 fr. l’heure, sur la présentation de l’inspecteur ou de l’inspectrice.

Dans toutes les écoles du département de la Seine, c’est à l’instituteur qu’incombe la charge de l’enseignement du dessin au cours élémentaire et au cours moyen, et quelquefois même au cours supérieur; un programme a donc été rédigé pour faciliter la lâche des instituteurs, ce programme se trouve dans le commerce f1).

Le professeur ne devra pas se contenter d’une première lecture, ne pas s’effrayer de la tâche qu’impose la méthode proposée ; elle ne diffère pas de la méthode rationnelle qui dirige tous les autres enseignements. « On vous demande, dit M. Duplan, sous-directeur de l’Enseignement primaire, dans une lettre-circulaire qu’il adresse à tous les instituteurs chargés du cours de dessin, de faire pour le dessin comme pour tout le reste, de vous adresser à l’intelligence de l’enfant, de faire toujours précéder la leçon pratique d’une leçon orale. C’est pourquoi le tableau qui vous présente l’ensemble du programme est divisé en deux grandes parties : la théorie, c’est-à-dire ce qu’il faut expliquer ; la pratique, c’est-à-dire ce qu’il faut faire exécuter. Ces deux parties marchent parallèlement et vous permettent d’avancer pas à pas, en réalisant chaque jour un progrès.

Ne dites pas : « Ce programme est trop élevé pour les enfants de telle ou telle classe » . Cela serait vrai si vous prétendiez enseigner à toutes les divisions du cours élémentaire, ou à toutes les divisions du cours moyen, tout ce qui constitue le programme respectifde ces deux cours. Mais vous saisirez sans peine que le programme du cours élémentaire, tel qu’il vous est présenté,, comprend ce que doit savoir un élève pour être admis au cours moyen ; et que, de même, celui du cours moyen comprend ce qu’il doit posséder pour aborder le cours supérieur. 11 ne peut arriver à cette connaissance complète des matières d’un cours que par degrés. Chacune de Vos divisions représente un de ces degrés. C’est à vous qu’il appartient d’indiquer de combien chacune doit s’élever, chaque mois et chaque année, pour que la première arrive au sommet en temps utile.

(J) Vuibert et Nony, éditeurs.

Vous reconnaîtrez par la lecture du programme et des directions qui raccompagnent que l’observation attentive et réfléchie des objets qui frappent la vue est la base de la méthode que vous devrez suivre. « Pour bien dessiner, est-il dit dans le préambule, il faut savoir observer, comparer, juger, retenir. » Vous ne cesserez donc d’exercer l’enfant à voir les objets et aussi à les mesurer de l’œil ou de la main. Ce sera toujours la première partie de la leçon, ce que le programme nomme le discernement ou la lecture de la forme.

Vous remarquerez la différence qu’établit le programme entre la reconnaissance visuelle, qui conduit au dessin à vue par l’observation de l’aspect des choses, et la reconnaissance manuelle, qui conduit au dessin géométrique par l’observation de la mesure exacte de leurs dimensions.

Une feuille de carton ayant, en réalité, la forme d’un carré, apparaît à notre œil sous l’apparence d’un trapèze, d’un quadrilatère plus ou moins irrégulier ou même d’une ligne suivant que nous la voyons en haut, en bas, en face, à droite, à gauche, de près ou de foin. Ces changements deviennent plus sensibles si l’on nous présente en même temps plusieurs carrés identiques dans des positions différentes. Notre œil, quand il aura été suffisamment exercé, percevra alors, selon les positions occupées par le carré, des différences entre la longueur de ses côtés et l’ouverture des angles qu’ils forment. Le dessin pourra le représenter sous les divers aspects qu’il offrira successivement à notre vue. Il en est de même de tous les objets que nous observons. Les reproduire tels que notre œil les perçoit constitue le dessin à vue.

Si, maintenant, nous prenons à la main le même carré, et si nous mesurons effectivement chacun de ses côtés et chacun de ses angles et que nous le représentions d’après les indications de ces mesures, c’est-à-dire d’après cette reconnaissance manuelle, nous lui donnerons sur le papier une forme invariable, avec ses quatre côtés égaux et ses quatre angles droits : voilà le dessin géométrique.

Tout cela paraît fort simple. Rien cependant n’est plus difficile que dTiabituer l’enfant à voir et à reproduire les aspects des choses, que de l’habituer à oublier les informations manuelles que lui a données la mesure pour ne retenir que les informations visuelles, que de l’habituer à se convaincre lui-même qu’il voit un trapèze quand il sait, pour l’avoir touchée, que la figure qu’on lui présente est un carré ; ou qu’il voit une ellipse lorsqu’il regarde d’une certaine manière la roue d’une voiture, alors qu’il est porté d’avance à la représenterpar une circonférence. Gela tient à ce que l’on a toujours fait, plus ou moins, l’éducation du toucher de l’enfant, ou qu’il l’a faite lui-même en maniant

ENSEIGNEMENT ELEMENTAIRE DU DESSIN

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les choses pour les reconnaître, tandis que Ton n’a jamais songé à faire l’éducation de la vue. C’est cette éducation première qu’on vous demande de commencer le plus tôt possible.

Mais, direz-vous peut-être, c’est la perspective qu’on nous oblige à enseigner à de tout jeunes enfants? Ne confondons pas. C’est, si vous le voulez, une préparation éloignée à cette étude qui deviendra indispensable dans la suite. Votre leçon ne sera, au début et pendant longtemps, qu’une série de remarques présentées avec méthode. Quand, beaucoup plus tard, dans la première division du cours moyen et surtout au cours supérieur, les principes généraux de la perspective seront développés, ils n’étonneront plus des enfants ainsi préparés ; ils ne feront que confirmer et préciser des notions déjà connues.

C’est au moyen d’une leçon orale, éclairée de nombreux exemples dessinés au tableau par le maître, que celui-ci amènera ses élèves à bien voir et les préparera ainsi à bien dessiner. C’est ici que se placent les exercices d’examen, d’analyse et de description recommandés par le programme et dont vous trouverez des exemples dans les directions. Vous commencerez par l’analyse des formes les plus simples. Vous ne considérerez d’abord qu’une face ou une seule partie de l’objet. Vous montrerez comment l’aspect particulier de chaque face contribue à former l’aspect général que devra rendre le dessin.

Toujours cet exercice d’analyse devra précéder l’exercice graphique ; il en sera la préparation indispensable. Il serait absurde, en effet, de placer un enfant devant un objet et de lui dire : « Représente ce que tu vois », sans lui avoir préalablement appris à le voir, c’est-à-dire à distinguer séparément chacun des détails dont la réunion constitue l’ensemble que son œil perçoit d’un seul coup, mais qu’il ne peut reproduire qu’en le disséquant, pour ainsi dire.

Je n’ai point à vous indiquer, par le menu, de quels objets vous pourrez vous servir pour vos démonstrations ; c’est à vous qu’appartient le choix des modèles. Vous les trouverez partout autour de vous, dans la maison, dans la classe, dans le jardin. Le travail manuel vous en fournira de nombreux qui auront l’avantage d’avoir été préparés, manipulés par l’élève. Le travail manuel et le dessin, ne l’oubliez pas, doivent être intimement liés et se prêter constamment un mutuel concours. Le dessin d’ailleurs contribue à la culture générale de l’esprit de l’enfant. En développant son intelligence et son jugement, en lui donnant l’esprit d’observation, il vient en aide à tous les enseignements de l’école. Tous ces enseignements doivent donc lui fournir des sujets d’exercice et des modèles.

Voici d’ailleurs, relativement au choix des modèles, quelques con-

EXPOSÉ PRATIQUE 3qI

seils généraux formulés au sein de la Commission qui a élaboré le programme :

« Les modèles présentés aux enfants devront toujours être de proportions et de formes agréables, de couleurs harmonieuses.

« Si un objet a plusieurs aspects, il faut le présenter surtout sous celui qui est le plus agréable. Il importe en effet de ne leur montrer que ce qui peut aider à former leur goût. Cette éducation du goût ne pourra manquer de laisser des traces profondes dans l’imagination des élèves et leur donnera presque inconsciemment le sentiment du beau. »

Je n’ai rien à ajouter aux développements très complets que vous trouverez dans les directions relativement à l’exercice de l’appréciation visuelle des grandeurs et des rapports qui existent entre les dimensions vues des objets et leurs dimensions mesurées. Je me contenterai de vous faire remarquer que cet exercice est de la plus grande importance.

Le discernement si utile des couleurs devra faire l’objet de leçons de choses très intéressantes qui plairont aux enfants, en même tèmps qu’elles éveilleront et fortifieront leur goût.

Pour ce qui est de la partie pratique du programme, des exercices graphiques ou de 1 ''écriture de la forme et de la couleur, je n’ai également que peu de chose à ajouter aux indications que vous trouverez dans les textes mêmes.

Une grande initiative vous est laissée. A vous de choisir les exercices qui donneront le plus tôt possible à vos élèves l’habileté de main nécessaire. Il faut, en effet, qu’en même temps qu’ils prennent l’habitude de bien voir, leur main n’éprouve que peu d’hésitation à rendre, par des lignes assurées, l’impression vraie qu’ils ont reçue.

Donnez-leur l’habitude du tracé à main levée, du croquis rapide.

N’oubliez pas que le tracé d’après l’estampe est abandonné, que rien ne vaut le tracé d’après l’objet, et que, si le programme indique, pour le début, des modèles tracés ou exposés au tableau, il ne s’agit que de dessins faits d’après un objet, sous les yeux des élèves. Que toujours la chose représentée soit à côté du dessin qui la reproduit.

Les exercices d’analyse, si propres à développer le jugement, accompagneront les exercices graphiques après les avoir précédés. Ils faciliteront beaucoup les exercices de mémoire et ils prépareront les exercices d’invention.

En ce qui concerne le dessin géométrique, l’usage des instruments, vous n’éprouverez aucun embarras. Grâce à vos connaissances particulières et aux ouvrages dont vous disposez, vous pourrez facilement appliquer cette partie du programme. 11 vous suffira de vous inspirer

ENSEIGNEMENT ELEMENTAIRE DU DESSIN

de l’esprit de la méthode d’analyse qui vous est recommandée pour que les résultats répondent à vos efforts.

La leçon sera toujours collective. Autant que possible, tous les élèves de la classe feront le même exercice sous la dictée du maître et sous sa direction.

Les plus graves erreurs pourront être indiquées au tableau, devant toute la classe ; mais cela n’exclura pas les conseils individuels que le maître ne cessera de donner en passant dans les rangs. Quand il s’agit du dessin à >rue, ces conseils particuliers deviennent quelquefois nécessaires, tous les élèves ne voyant pas le modèle absolument sous le même aspect ; il sera bon cependant, pour faire surtout de l’enseignement simultané, de répéter assez le modèle pour que les différences d’aspect soient peu nombreuses.

Je ne renouvellerai point ici les recommandations, faites ailleurs, relativement à la bonne tenue des élèves pendant le travail. Vous leur ferez éviter avec soin les attitudes défectueuses qui nuisent au développement de la vue et risquent de favoriser la déformation du corps. »

Tels sont les principaux conseils que nous avons cru nécessaire de reproduire pour donner une idée de ce que peut être l’enseignement du dessin dans les écoles primaires élémentaires : l’aspirant professeur pourra ainsi mieux se rendre compte de ce que Ton exigera de lui lorsqu’il sera titulaire du certificat d’aptitude.

Les Cours normaux sont en général très suivis; ils réunissent chaque année une moyenne de 46 candidats, dont 65 °/0 obtiennent le diplôme ; une somme de 4 000 fr. est inscrite au budget pour le traitement des instituteurs pourvus du certificat et dirigeant un cours.

Nous ne saurions trop engager les jeunes instituteurs et institutrices à faire tous leurs efforts pour obtenir le diplôme, qui en plus de l’augmentation de 100 fr. qu’il procure par an, s’ils dirigent un cours facultatif, peut leur ouvrir une série d’études et d’observations très intéressantes.

Depuis 1899 des cours nouveaux ont été créés, ce sont des cours facultatifs d’enseignement élémentaire de dessin. Confiés au fur et à mesure de leur création à des instituteurs et institutrices diplômés du brevet des Cours normaux, d’après leur rang de réception, ces cours sont faits une fois par semaine pendant une heure, en dehors de la scolarité-obligatoire, pour un nombre limité d’élèves de bonne volonté, recrutés parmi les élèves des classes primaires élémentaires désireux de compléter, par des études supplémentaires, le développement de leurs aptitudes personnelles.

ÉPREUVES GRAPHIQUES 3q3

Dans ces cours, chaque maître est laissé à sa propre initiative pour choisir ses procédés pédagogiques.

Si peu nombreux que soient les cours déjà créés dans ce genre, il est possible d’y étudier l’influence de la méthode de classification encyclopédique qui constitue en grande partie l’originalité de l’enseignement nouveau.

ÉPREUVES GRAPHIQUES

i° DESSIN A VUE EXPOSÉ PRATIQUE

Deux heures sont accordées aux candidats pour l’exécution du dessin à vue. Le programme officiel porte copie ou composition ; mais jusqu’à présent il n’a été demandé aux aspirants professeurs que de copier un modèle : soit simple comme une boite au lait, une colonne ; soit composé de plusieurs solides, cube, pyramide, cône, tronc de cône, sphère, etc.

Tous les dessins sont habituellement présentés avec un grand souci du trait, et les ombres strictement nécessaires pour rendre l’effet. La note maximum est 20, la note minimum éliminatoire est 1 1 ; pour rendre le jugement plus facile et donner toutes garanties aux candidats, le jury a décomposé le maximum 20 en trois notes : i° note de mise en place; 20 note d’analyse; 3° note de rendu.

SUJETS PROPOSÉS

Copie d’une boîte au lait avec couvercle et poignée.

Indication, s’il y a lieu, de détails aidant à mieux faire comprendre la nature de l’objet et sa construction.

(Session de 1896.)

Copie d’une colonne et de son chapiteau.

Indication de détails et de composition des parties de l’objet, pour en faire comprendre le tracé et la construction.

(Session de 1898.)

i° Copie à vue et à main levée du modèle exposé : Fauteuil d’enfant suspendu incliné ;

20 En marge, croquis analytique montrant les éléments- contenus dans l’image totale ou simple, au point de vue des lignes, surfaces et solides;

3° Indiquer dans un coin de la feuille un petit croquis du même aspect de l’objet dans une présentation directe.

ENSEIGNEMENT ELEMENTAIRE DU DESSIN

i° Copie à main levée du groupe exposé ;

2° Croquis analytiques faisant comprendre les diverses phases de la leçon à faire et la marche suivie pour la mise en place successive des divers éléments.

{Session de 1902.)

i° Aspect d’ensemble du modèle (Chapiteau égyptien) ;

20 Croquis annexes indiquant la marche à suivre pour la mise en place méthodique.

(Session de 1903.)

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