‹ Le progrès du libéralisme catholique en France sous le Pape Léon XIII histoire documentaireChapitre 59 sur 118 · THESE ET PLAN DE L OUVRAGE · texte numérisé non relu

THESE ET PLAN DE L OUVRAGE

Il importait, en effet, à ces intei^prètes de la politique pontificale de prouver que le ralliement n'était pas simplement une tactique, un expédient^ mais une évolution de FEglise vers de nouveaux horizons intellectuels, politiques et sociaux. C'était pour eux le moyen de subjuguer l'opinion.

En conséquence, ces fauteurs du ralliement se sont raccrochés à toutes les théories philosophiques et ihéologiques capables de justifier leur prétention.

Les hommes d'action ont naturellement accepté de confiance les systèmes que leur offraient les hommes d'étude. Sans entrer dès maintenant dans le détail, c'est ainsi que M. l'abbé Naudet s'est fait l'ardent propagateur des doctrines de M. l'abbé Loisy; que le Sillon renchérissait sur elles; que M. Fonsegrive patronna toutes les erreurs; que l'Univers lui-même se montra favorable à l'américanisme et sympathique aux chefs d'école les plus dangereux.

D'autre part, les intellectuels vivant en dehors des partis et des luttes politiques, comme M. l'abbé Laberthonnière, M. l'abbé Denis, directeur des Annales de philosophie, M. Blondel, et les autres, ont cherché un appui et trouvé un moyen de propagande dans leur alliance avec les démocrates, tandis que M. l'abbé Loisy plaçait ses audacieuses théories sur l'évolution de l'Eglise sous les auspices de Léon XÏIL

Pendant ce temps, les hommes de tradition et de doctrine se sont trouvés réduits à l'impuissance, par ce fait qu'étant restés à l'écart du ralliement on les suspectait d'opposition aux directions pontificales. Cela donnait beau jeu aux propagateurs des fausses doctrines. Ils triomphaient aisément

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aux yeux des catholiques, en traitant leurs contradicteurs de réfractaires .

On constate même qu'en certains cas les org-anes du ralliement se sont portés vers les nouveautésreligieuses, par ce motif que les réfractaires les combattaient.

C'est aussi de peur de paraître réfractaires à l'esprit de ces Directions que beaucoup ont ménag-é les novateurs, les ont excusés, protégés. Ceux-ci n'ont échappé à des condamnations plus nombreuses et plus sévères que grâce au ralliement. Pour sauver le ralliement qui, sans eux, ne serait plus rien, on les a épargnés,bienplus, souvent honorés.

Résumons d'un seul trait : tous les novateurs sont du côté du ralliement, tous les défenseurs de la doctrine du côté des prétendus réfractaires.

Le seul parallèle entre l'Univers eila Vérité française suffirait pour démontrer la thèse énoncée. L'Univers, organe attitré du ralliement, s'est toujours trouvé, quoiqu'avec embarras, favorable aux novateurs ; la Vérité française, dénoncée, harcelée,, réprimandée comme réfractaire, leur a opposé, en toute circonstance, une doctrine sûre, courageusement défendue.

Sans la politique du ralliement, le Souverain Pontife Léon XIII, si ferme dans ses volontés, n'aurait pas montré tant de longanimité envers ces novateurs.

Et quand le débat publiquement soulevé sur l'américanisme, qui résumait toutes ces doctrines nouvelles, appela sa décision, Léon XIII, pour remplir le devoir de sa charge suprême, en condamna les erreurs; mais, même alors, ce fut en

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