‹ Le promenoirChapitre 38 sur 58 · DOLÉANCES SUR L'EXPOSITION · texte numérisé non relu

DOLÉANCES SUR L'EXPOSITION

C'était politesse obligée.

Ma femme grimaçait un peu...

« Bah ! tu seras avantagée !

Ma chère, il faut jouer ton jeu !

Songe qu'il a soixante-treize Printemps et presque un million 1 Sois 1' « Héroïne de Falaise »

A l'Exposition ! »

— Soit 1 — Depuis l'Heureuse Arrivée, On n'a plus le temps de manger

Ni de dormir. (Quelle corvée Qu'un héritage à ménager !) L'oncle soufflant, de chaise en chaise, Traversait chaque section Comme... on gravit une falaise !

Ah ! l'Exposition ! !

— Tout se passait gaiment, en somme.

L'oncle, pléthorique et gibbeux, Semblait fatigué ; ce gros homme Devait retourner à ses bœufs.

Il hésite, il retarde, il biaise...

— Un soir, seul, sans permission, Il file (non pas à Falaise),

A l'Exposition !

DOLEANCES SUR L EXPOSITION' I},

Cet incident nous parut grave, On le suivit au rendez-vous :

Il était devenu l'esclave De la Reine Ti-ti-poux-poux !

Une jongleuse javanaise Très heureuse, à l'occasion, D'escamoter ceux de Falaise, A l'Exposition !

Hélas! adieu la... Somme forte !

Nous avons beau prier, crier ; La Javanaise a fait en sorte due l'oncle va se marier !

Laissons donc, dans leur diocèse, Nos oncles à succession Rêver... leur épitaphe à l'aise !

Ah ! ! l'Exposition ! ! !

DE 1749 Préface d'une Etude historique sur La Ferté-Macé à cette époque

tNCÊTRES disparus dont le vieux cimetière En parterres fleuris transforme la poussière,

Fertois des temps passés Que troublent maintenant des jardiniers profanes, Heurtant de leurs râteaux les fragments de vos crânes

Au hasard dispersés ;

Des choses de votre âge occupant ma pensée, Souvent je ressuscite une époque éclipsée Pour vous connaître tous,

AUX FERTOIS I?7

Et lorsque je déchiffre et grave en ma mémoire

Les parchemins jaunis racontant votre histoire,

Je crois vivre avec vous.

Aujourd'hui, rappelé vers ce passé que j'aime. Je cherche ce qu'était sous Louis le quinzième

Le petit bourg fertois.

O vous, ses habitants que la froide mort glace. Levez-vous ! an instant, reprenez votre place

Au soleil d'autrefois !

Que votre humble demeure ainsi que vous renaisse Et que chacun de vous tout joyeux reconnaisse

Celle où fut son doux nid ; Du vieux logis Pinson les monstres fantastiques Pour vous mieux saluer penchent aux toits antiques

Leur tète de granit.

Les pignons anguleux des maisons disparues Surgissent, profilant de tortueuses rues... —

Pauvres morts ignorés !

Dans cet humble décor, sur ce petit théâtre, Ils ont joué leur rôle ou lugubre ou folâtre.

Puis se sont retirés.

I 5& AUX FERTOIS

Ils se sont retirés dans les coulisses sombres

Où nous disparaîtrons nous aussi, vaines ombres.

Quand viendra notre tour, Après que nous aurons, sur leur étroite scène, En acteurs de province achevé non sans peine

Notre rôle d'un jour !

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