‹ Le Pronostic du Gliome de la RétineChapitre 24 sur 27 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Dans tous les cas de gliome que nous avons examinés, le seul traitement — ou tout au moins le traitement fondamental

— à été chirurgical. L'énucléation ou l’exentération large ont

toujours été proposées immédiatement, et l'intervention prati-

quée aussi rapidement que l’a permis la sensibilité des parents. Des cas non douteux de régression spontanée de la tumeur ont

été signalés par Lagrange, Fuchs, Sichel, Brailey, Wadsworth,

Knapp, Grollman. C’est une éventualité tellement rare que

l’espérer serait une folie. I serait dangereux même de perdre un temps précieux dans l'essai d’un traitement médical, traitement dont on peut affirmer l'inefficacité absolue, tant que nous ne posséderons pas, pour lutter contre le cancer, une sérothérapie spécifique et éprouvée.

L'emploi des rayons X et du radium a fait naître de nouveaux espoirs. Mais cette thérapeutique est encore trop récente pour que l’on puisse se former une idée précise de sa valeur. Les premières observations ne datent en effet que de 1919, époque à laquelle Kaname Kusama publia 3 cas qui se terminèrent d'ailleurs tous par la mort.

Jacoby, en 1922, a étudié dans la littérature les cas de gliome de la rétine traités par les rayons X. Sur 17 cas qu'il à ainsi recueillis, 3 sont restés sans récidive après deux à cinq ans.

Cabannes, tout récemment, a rassemblé tous les nouveaux cas publiés. Sur 26 cas connus à ce jour la radiothérapie n'a donné que 4 succès, soit une proportion de 15,4 %.

Le radium a été employé encore moins souvent, et peu d'observations ont été publiées qui donnent des renseignements

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suffisamment précis. Rex Duncan, en 1918, aurait obtenu une régression, mais on ignore le résultat éloigné. Chase, en 1921, et Poyales, en 1922, sont dans le même cas. Keys rapporte un insuccès. Cabannes et Réchou ont publié un cas de guérison.

Expectative, traitement médical, radiothérapie ou radiumthérapie, autant d'occasions de laisser échapper une des meilleures chances de succès : la précocité de l'intervention. Tous les auteurs ont insisté sur cette nécessité d'opérer de bonne heure, avant le stade glaucomateux, avant que le nerf optique soit envahi. Carlo, analysant les observations de Wintersteiner, à montré que plus des trois quarts des guérisons ont été obtenues à ce stade de début.

Le véritable traitement du gliome de la rétine est donc le traitement chirurgical dont les principes ont été posés par Wardrop. On pratiquera l’énucléation tant que la tension oculaire ne sera pas trop élevée. Si on intervient en période glaucomateuse, c’est à l'exentération qu'il faudra avoir recours. Dans les deux cas, on devra veiller à sectionner le nerf optique le plus profondément possible.

Nous ne décrirons pas ici la technique opératoire. Nous rappellerons seulement que M. le professeur Lagrange conseille, après énucléation de l'œil malade, de tenter la grefle d'un œil de lapin, dans le but de constituer un support mobile à la prothèse et de favoriser le développement symétrique du squelette facial. |

Quant aux radiations, si elles ne sont pas capables de remplacer la chirurgie, elles peuvent au moins la seconder. Leur emploi, à la suite d’une énucléation, peut être capable de prévenir l’apparition toujours redoutable d’une récidive, bien plus maligne elle-même que la tumeur primitive.

Nous ne pouvons mieux faire pour fixer une règle de conduite que de rapporter ces conclusions de Cabannes : « En présence d'un gliome de la rétine diagnostiqué fermement par la clinique, il faut toujours :

1° Pratiquer l’énucléation le plus tôt possible et y joindre l’exentération au moindre doute d’envahissement;

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