‹ Le prophète; opéra en cinq actes. Paroles d'Eugène Scribe. Représente pour la première fois, a Paris, sur la Théâtre de l'Opéra le 16 avril 1849Chapitre 22 sur 87 · JEAN, FIDÈS · texte numérisé non relu

JEAN, FIDÈS

JEAN, revenant à lui et se rappelant ce qui vient de se passai-.

Ah! qu'ai-je dit! plutôt la mort... je la préfère. Courons !

FIDÈS, tombant a ses genoux qu'^elle embrasse.

Mon fils! mon fils! sois be'ni dans ce jour! Ta pauvre mère Te fut plus chère Que Berthe et que ton amour!

Tu viens de donner pour ta mère Plus que ta vie, en donnant ton bonheur Que jusqu'au ciel s'élève ma prière, Et sois béni, mon fils, béni dans le Seignemi

JEAN, froidement.

Oui ! j'ai fait mon devoir I

FIDÉS, le regardant.

0 mortelles alarmes!

Quel air morne e' glacé!... dans tes yeux p3int de larmes! Ta douleur n'ose-t-elle éclater devant moi?

*^ M prophAte,

Mais moi, je viens, mon flls, pom- pleurer avec toil

JEAN, froidement.

vX°\ V " "^«'"'•^i- et se plaindre, ma mère ? Ils faut bien obéir aux nobles, aux seigneurs:

N^LT™'' '^ ""' ?''"'' "°^ «»*^"ts sont le leur. ' Nous devons, sous le joug, nous courber et nous taire

FIDÉS

Je n^aime pas mon fils, t'entendre ainsi p^ler! Quelque sombre projet t'agite ?

JEAN

n^.** ^1 , Non, ma mère 1

U est tard !... le repos e^t pour vous nécessaire - Laissez-moi ! '

(avec impatience)

Je le veux l

FIDÉS

Je te laisse! ^h! m me WstreipWer!

(Avvîc tendresse. )

A demain!

JEAN, d*un air froid et calme.

A demain !

(Fîdès entre dans la chambre à droite.)

Page 1