CHOEUR DU PEUPLE
Qii'cntends-jc? o ciel! et quel mystère Faut-il en croire un tel aveu?
Lui qui pour nous descend sur terre !
Lui! renvoyé... le fils de Dieu!
CHOEUR DES ANABAPTISTES, s'adressant à Fidès-
Fraude coupable et mensongère Que punira le fils de Dieu!
Ne brave pas notre colère!...
Va-t'en, va-t'en de ce saint lieu!
lEAN, s*avançant vers le peuple dont les murmures augmentent*
Quelque erreur abuse son âme.
J'ignore, ainsi que vous, ce que veut cette femme!
FIDÈS
Ce que je veux... ce que veut cette femmel Elle voudrait... te pardonner, hélas!
Elle voudrait, même au prix de son âme, Un seul instant te presser dans ses bras!
Et toi!... tu ne me connais pas!
L'ingrat ne me reconnaît pas!
ENSEMBLE
CHŒUR DU PEUPLE, montrant Jean.
L'élu du ciel, le saint Prophète A>^e serait-il qu'un imposteur?
Malhem^ à lui ! que siu sa tête Éclate enfin notre fureur !
CHŒUR DES ANABAPTISTES, menaçant FidèS»
C'est trop soufl'rir, divin Prophète, Et son blasphème et son erreur !
Livrez-la-nous! que sur sa tête Éclate enfin notre fureur!
(a la fin de cet ensemble, Jonas et les anabaptistes , qui ont entouré Fidèa*
lèvent ie poignard sur sa tête.)
JONAS, prêt à frapper.
Dieu nous commande son trépas!
JEAN, s'élançant vers lui avec effroû
Arrêter !...
FIDÉS, avec joie.
Il prend ma défensel
Qu'on respecte ses jours!... Ne voyez-vous donc pas Que cette femme est en démence !
(Fidès s'éloigne avec indignation.)
Un miracle peut seul lui rendre la raison !
CHŒUR DES BOURGEOIS, avec ironie
Tout est possible au roi prophète!
Au fils de Dieu !
JEAN
Que Dieu m'inspire doncl
(S'approchant de Fidès.)
Femme, à genoux!
FIDÈS, avec fierté.
Qui? moi?
(jean fait un geste impérieux; elle s'incline.)
JEAN, posant la main sur Ja tête de sa mère.
. , Que la sainte lumi^.re
Descende sur ton front, insensée, et t'éclaii-e!
(Avec intention.)
Tu chérissais ce fils dont je t'offre les traits I
'" FIDÉS
Si jeFaimais!...
Eh bien! que maintenant vers moi ton œil se lève!... Et vous qui m'écoutez, peuple, levez le glaive !
(Tous les assistants tirent leur épée et Jeau continue en montrant Fidè».)
Si je suis son enfant, si je vous ai trompés. Punissez Timposteur!... Voici mon sein... frappez I
(S'adressant à haute voix à Fidès.)
Suis-jeton fils?
CHOEUR DU PEUPLE, àPidéS.
Parlez sans crainte et sans obstacle.
FIDÈS, troublée et regardant Jean dont les yeux rencontrent les sieus.
Oui... la lumière brille à mes yeux obscurcis !
(Passant au milieu du théâtre et avec force.)
Peuple, je vous trompais!... ce n'est pas là mon filg.
(Avec douleur.)
Je n'en ai plus !
JONAS, au peuple.
0 sublime spectacle l Sa voix rend la raison aux insensés...