‹ Le prophète; opéra en cinq actes. Paroles d'Eugène Scribe. Représente pour la première fois, a Paris, sur la Théâtre de l'Opéra le 16 avril 1849Chapitre 56 sur 87 · DUO · texte numérisé non relu

DUO

JEAN

Ma mère!

FIDÈS, avec dignité.

Moi, ta mère!... il faut me le prouver! Prophète et fils du ciel, tu n'es plub dans ce temple

Oïl, debout, tu m'osais braver ; Et maintenant que Dieu seul nous contemple, A genoux!...

JEAN, tombant malgré lui à ses pieds.

Ah! pardon pour un fils égaré!

FIDÉS

Mon fils!... je n'en ai plus! le fils que j'ai pleuré

Était pur... Mais celui que la terre déteste. Toi, que poursuit la colère céleste.

Toi, dont les mains sont empreintes de sang, Tu n'es plus rien pour moi!... va-t'en, va-t'en! Loin de mon cœur et de mes yeux, va-t'en !

JEAN

Ma mère, hélas! me maudit, me déteste.

Et son comToux est le courroux céleste! Autour de moi cachez ces flots de sang. Image horrible!... éloigne-toi... va-l'en! Ah! de mon cœur, remords vengeur... va-t'en '

Ah ! c'est mon seul amour qui m'a rendu coupable.

Je ne voulais d'abord, en ma juste fm-eur.

Que venger le trépas de Berthe et son honneur.

Et puis le sang versé nous rend impitoyable ;

Ces maîtres orgueilleux, ces tyrans insensés,

J'ai voulu les punir!...

FIDÉS

Tu les as surpassés!

Aucun d'eux n'eût osé, sacrilège et fausp aire.

Se dire fils du ciel et renier sa mère? Et toi^ Prophète, à la terre faneste, Toi qui bravas la colère céleste, Sourd à l'honneur comme à la voix dueang,

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