DUO
JEAN
Ma mère!
FIDÈS, avec dignité.
Moi, ta mère!... il faut me le prouver! Prophète et fils du ciel, tu n'es plub dans ce temple
Oïl, debout, tu m'osais braver ; Et maintenant que Dieu seul nous contemple, A genoux!...
JEAN, tombant malgré lui à ses pieds.
Ah! pardon pour un fils égaré!
FIDÉS
Mon fils!... je n'en ai plus! le fils que j'ai pleuré
Était pur... Mais celui que la terre déteste. Toi, que poursuit la colère céleste.
Toi, dont les mains sont empreintes de sang, Tu n'es plus rien pour moi!... va-t'en, va-t'en! Loin de mon cœur et de mes yeux, va-t'en !
JEAN
Ma mère, hélas! me maudit, me déteste.
Et son comToux est le courroux céleste! Autour de moi cachez ces flots de sang. Image horrible!... éloigne-toi... va-l'en! Ah! de mon cœur, remords vengeur... va-t'en '
Ah ! c'est mon seul amour qui m'a rendu coupable.
Je ne voulais d'abord, en ma juste fm-eur.
Que venger le trépas de Berthe et son honneur.
Et puis le sang versé nous rend impitoyable ;
Ces maîtres orgueilleux, ces tyrans insensés,
J'ai voulu les punir!...
FIDÉS
Tu les as surpassés!
Aucun d'eux n'eût osé, sacrilège et fausp aire.
Se dire fils du ciel et renier sa mère? Et toi^ Prophète, à la terre faneste, Toi qui bravas la colère céleste, Sourd à l'honneur comme à la voix dueang,