PROJET, N
Planches XXIX, XXX, XXXI, XXXII, XXXIII et XXXH .
Nous avons supposé que le pavillon dont ces six planches offrent le modèle, serait isolé de toutes parts, et que la disposition du terrain permettrait de l'établir de manière à ce que, du côté de l'entrée, le rez-de-chaussée fût de plain-pied avec la cour, tandis que, du côté du jardin, il serait élevé sur un soubassement en forme de terrasse. Nous n'avons pas donné la façade du côté de l'entrée, parce que, à l'exception de ce soubassement, elle serait exactement la même que celle dont nous présentons les proportions.
Les deux escaliers qui seraient pratiqués de chaque côté de l'habitation permettraient la communication entre la cour et le jardin , sans astreindre à passer par la maison, ce qui aurait offert un grave inconvénient.
Enfin , le belvéder que nous proposons de construire à la partie supérieure ferait planer, en quelque sorte, sur tous les environs, et procurerait des points de vue d'une étendue considérable. Ce belvéder contribue d'ailleurs à la décoration : on en construit beaucoup aujourd'hui, et principalement à la campagne.
EXPLICATION DES PLANCHES
Plan du soubassement. — Planche Wl\-
A escalier, B communs , C cuisine, D grande cheminée, E dégagement, F salle de bains assez grande pour contenir un lit-, G étuve, Hgarderobe, I lieux, LL bûchers, M cellier, NN caveaux, 0 dépôt de charbon, P réservoir d'eau.
Plan du rez-de-chaussée. — Planche XXX.
A péristyle, B vestibule et escalier, C salle à manger servant d'antichambre, D salon, E vestibule, F chambre à coucher, G salle de billard, II lieux à l'anglaise, I perron , LL escaliers.
Plan du premier étage. — Planche XXXI , figure I. M pallier, NN dégagement, OOO chambres à coucher, PP cabinets, QQ cabinets de toilette, R boudoir, S femme de chambre, TT balcons.
Planche XXXI.
Figure 2. Détail de la fenêtre A. {Planche XXXII.) Figure 3. Détail de la corniche B. {Idem.)
Planche XXXII.
Élévation du côté de l'entrée.
Planche XXXIII.
Élévation latérale du pavillon.
Planche XXXIV.
Figure rc. Détail de la colonne et de l'entablement D. (PZ. XXXIII.) Figure 2. Détail de la base E. {Idem.)
Figure 3. Détail du pilastre et de la corniche F. {PL XXXII.) Figure 4« Détail du cordon G. {Idem.)
ÉPAISSEUR DES MURS
Soubassement.
Mur a,b,c,d. (PI. XXIX.)
Tous les autres murs de refend
Rez-le-chausse'e.
Mur e,f, g, h (PL XXX.)
Murs de refend i , I, m , n , o, p
Premier étage.
Mur <j, r, s, t
Murs de refend u , i> , x , z.
Murs du belvéder. (On pourrait le construire en charpente.)
En pierre de taille.
En briques.
En moellons
En pans de
Jjois , moellons
ou ]>viques.
Entrirr. crues, ou Lricjues et cailloux.
Mètres.
Pouces.
Mitres.
Ponres.
Mètres.
Pouces.
Mètres.
Pouces.
Mètres.
Pouces.
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PROJET, N°. 1 5. — Planches XXXV, XXXVI et XXXVII.
Ces trois planches offrent le plan, l'élévation et les détails d'une maison dans le stvle antique, c'est-à-dire telle que celles qui décoraient l'ancienne Rome, et dont on retrouve les détails soit dans le plan de celte ville gravé sur pierre, et qu'on conserve au Vatican, soit dans les belles ruines de la célèbre et malheureuse Pompéi.
La petite maison dont nous offrons ici le modèle serait précédée d'un protJijnun ou vestibule semblable à ceux qui étaient construits sur Yarea ou voie publique.
Ce prothyrum conduirait à Y atrium toscan, espèce de cour, dont étaient toujours accompagnées les maisons antiques; au milieu serait pratiqué V impluvium, ou bassin pour recevoir les eaux pluviales.
Mais comme très-peu de personnes, excepté les architectes, connaissent la destination de ces parties du bâtiment, nous emprunterons ici la description, ou plutôt la définition , qu'en adonnée l'élégant et savant auteur de l'ouvrage sur les ruines de Pompéi. (M. ÎMazois.)
« h" atrium était un lieu ouvert à tout le monde; on s'y rendait » pour saluer les personnes desquelles on avait affaire; les hommes » en place s'y tenaient pour recevoir ceux qui venaient leur parler ou » leur faire la cour. L'atrium était décoré de peintures et des portraits » de famille. Dans les temps où les mœurs étaient simples, on s'y » livrait aux occupations domestiques , on y prenait ses repas ; mais , » lorsque le luxe eut tout corrompu, les alria furent abandonnés aux » cliens, aux affranchis et aux flatteurs qui, à Rome, assiégeaient » dés l'aurore les palais des gens puissans. »
Les antichambres ont, comme on le voit, remplacé de nos jours les atria des Romains, ce n'est presque qu'un changement de mot; mais poursuivons nos citations.
« La toiture de Y atrium toscan, inclinée de tous côtés vers le centre » de la cour, était soutenue seulement par quatre poutres (ou plales- » bandes), se croisant à angle droit. Le milieu était ouvert, et s'ap- » pelait compluvium, au-dessous était placé Y impluvium ou bassin » pour recevoir les eaux pluviales, etc. »
Cette description nous dispense d'entrer dans de plus longs développemens, et fait connaître suffisamment le projet dont nous offrons ici le modèle.
Nous ajouterons seulement , toujours d'après le même auteur, que les Grecs possédaient dans leurs maisons des dispositions à peu près semblables , et que les Hébreux eux-mêmes paraissent avoir eu des atria; car on voit dans les Évangiles , que « saint Pierre suivit Jésus » jusques dans l'atrium du prince des prêtres, usque in atrium princi- » pis sacerdotum. » (Matth., cap. 26-58.)
Enfin les Grenadins ont conservé des usages à peu près semblables, car ils couvrent leurs cours d'une tente qui les garantit de l'ardeur du soleil ; c'est là leur salle à manger, leur salon de compagnie , et ils trouvent avec raison ce lieu aussi commode qu'agréable. [Itinéraire descript. de l Espagne , tom. 1T , pag. 107.)
Cette dernière destination de l'atrium ne peut guère convenir que sous un climat chaud et sous un ciel aussi beau que celui de Grenade ou de l'Italie; toutefois les galeries couvertes qui constituent, en quelque sorte, les atria, permettent de les élever dans les contrées auxquelles la nature a refusé une température aussi agréable, et nous pensons qu'on pourrait exécuter le projet n°. i5 dans presque toutes les parties de la France.
EXPLICATION DES PLANCHES
Plan du rez-de-chaussée. — Planche XXXV ', figure 1 .
A prothjrum ou vestibule , B atrium ou cour, C impluvium ou bassin, D statue, E allée, F salle à manger, G cuisine, H escalier audessous duquel on placerait les lieux.
Plan du premier étage. — Planche XXXV, figure 2. I pallier, KK chambres à coucher, L cabinet, M dégagement.
Planche XXXVI.
Élévation de la façade du côté de l'entrée.
Planche WWII.
Figure i". Détail du chapiteau du pilastre et de l'entablement A. (Planche XXXVI.)
Figure i. Détail de la fenêtre D. (Idem.) Figure 5. Détail de la corniche C. (Idem.)
EPAISSEUR DES MURS
/lez-iU-chaussee.
Mur d'enceinte a, b. c, </, •>J
Mur ,j, J, ç, h
Murs Je refend i, l,m, n. .
Premier étage.
Mur o, p, <j, r
, En pierre j de taille.
En briques.
Eu moellons
loi de boû , moelloDi
OU briques,
En briq* crues,
ou briques
el cailloux.
■Uns.
Pour<->.
Mm -.
Pouces.
.Mètres.
Pou ■ 1.
tftett,
Ponces.
5i PROJET, N°. 16. — Planches XXXVIII. XXXIX et XL.
Le temps n'est plus où les seigneurs châtelains s'enfermaient dans des donjons hérissés de meurtrières, de créneaux et. de ponts-levis, qu'entourait un triple fossé. Tout cet appareil de guerre, qui constituait l'agréable décoration de ces nobles habitations a totalement disparu. On ne peut cependant se dissimuler qu'il y a souvent de l'injustice à juger les siècles passés avec les opinions et les idées du jour; mais du moins on doit se féliciter d'être déjà loin de cette époque barbare, où tout rappelait l'empire de la force qui tenait lieu d'institutions, de justice et de lois.
De nos jours, les fossés et les remparts n'existent plus; à leur place se sont élevées de superbes maisons de plaisance, ornées de terrasses, de fontaines jaillissantes et de vases de fleurs; d'agréables berceaux ont remplacé les glacis, et le goût le plus pur préside à l'érection de ces charmantes habitations où tout semble annoncer à l'homme qu'il est fait pour créer et non pour détruire.
Le château dont nous présentons ici le projet (car on ne pourrait appeler cet édifice une maison) est supposé construit sur le penchant d'un coteau. La façade, du côté de l'entrée, présenterait une superbe terrasse, à laquelle on parviendrait par deux escaliers latéraux , ornés <1< niches et de fontaines. Les cuisines, caves, eelliers, etc., seraient pratiqués sous cette terrasse. Le rez-de-chaussée contiendrait un appartement complet, dans lequel se trouverait une superbe salle à manger.
Le premier étage renfermerait plusieurs chambres de maître, les salles de billard, etc. ; au second seraient placés les logemens des domestiques.
Notre intention, en présentant ce projet, a été de ne donner qu'une idée ou plutôt une esquisse d'une somptueuse habitation ; car, pour élever un bâtiment de ce genre, dont les détails ne pourraient entrer dans le cadre de cet ouvrage, on conçoit qu'il serait indispensable d'appeler un architecte pour en diriger les travaux. En cflèt, ce n'est pas sur une construction de cette importance qu'on doit avoir égard
aux honoraires de l'artiste qui la ferait exécuter; car les fausses manœuvres et les fautes qui auraient certainemant lieu sans cela, entraîneraient dans des dépenses beaucoup plus fortes que la somme qui serait allouée à l'architecte.
En conséquence , nous ne donnerons point les détails du mode de construction et des épaisseurs des murs , nous nous bornerons à présenter l'explication des trois planches qui représentent ce projet.
EXPLICATION DES PLANCHES
Plan du rez-de-chaussée. — Planche XXXVIII.
AA escaliers, BB terrasse, C péristyle, D vestibule, E escalier, F salon, G grande salle à manger, H cabinet, I chambre à coucher, L boudoir, M lieux.
Planche XXXIX.
Élévation du château du côté de l'entrée.
Planche XL.
Élévation du côté du jardin.
PROJET, N°. 17. — Planches XLI, XLII et XLIII.
Ces trois planches oiïrent les détails d'une maison de ville destinée à produire un revenu annuel et à loger le propriétaire.
Nous avons proposé rétablissement d'une cour dans l'emplacement (jue nous avons supposé nous être donné , parce qu'on ne saurait trop prendre de précautions pour détourner ou neutraliser les effets de l'air impur qui régne ordinairement dans les villes; car, lorsqu'on considère l'action de l'air et de la lumière du soleil sur notre existence et notre santé, on ne peut que s'affliger de voir les cours et les jardins disparaître de tous côtés , et des monceaux de pierre s'entasser comme pour nous servir de prisons. De cupides spéculateurs semblent vouloir préparer aux habitons des villes, qui reçoivent comme Paris des accroissemens journaliers, les causes de nombreuses maladies et d'une mort prématurée. On ne saurait donc trop engager les propriétaires à sacrifier quelques toises de terrain pour bien aérer leurs habitations , et à ne pas immoler, à l'accroissement de leur revenu, la vie et la santé de leurs concitoyens.
La cour de la maison dont nous offrons le modèle, serait ornée d'une fontaine placée en face de l'entrée; le petit péristyle qui conduit à l'escalier, et cet escalier lui-même , sont projetés d'après le style des maisons modernes d'Italie; l'inspection des dessins et l'explication des planches font suffisamment connaître les dispositions de ce projet, et nous dispensent d'entrer dans un examen plus détaillé.
EXPLICATION DES PLANCHES
Pla> du rez-de-chaussée. — Planche XLI , figure 1 .
A allée, B,B boutiques, C péristyle, D escalier, E cour, F fontaine, G arrière-boutique, H dépôt, I emplacement des lieux au-dessous de 1 escalier.
Plas du premier étage. — Planche \h\\, figure 1.
L palier, M galerie, N salle à manger, 0 cuisine, P chambre de
domestique, Q chambre à coucher, R cabinet, S garderobe, T lieux à l'anglaise, U escalier.
Les autres étages seraient à peu près conformes à cette distribution. On pourrait néanmoins pratiquer des chambres à coucher dans les emplacemens 0 , P.
Planche XLHI.
Élévation de la maison du côté de la rue.
Planche XLI , figure 2.
Détail de la corniche A. (PL XLHI. )
Planche XLII , figure 2.
Détail de la corniche C. (PL XLHI.)
ÉPAISSEUR DES MURS
Rez-Jt-c haussée.
Mur a, b, c, d. (PI. XLI ,
fie- 1-1
Tous les autres murs de refend
Premier étage.
Mur e,f, g, h. ...
Murs de refend
(Aux autres étages, les murs diminueraient successivement de 0m,08 ou 3 pouc.)
En pierre de taille.
En briques.
En moellons
Eu pans de
bots, moellons
ou briques.
En briq. crues, ou briques et cailloux.
Mètres.
Pouces.
Mètres.
Pouces.
Mètres.
Pouces.
Mètres.
Pouces.
Mètrce.
Pouces.
/'ro/rt . I "i-
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PitJy o
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Prp/et N'i;
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Plan du premier étage. — Planche XLV, figure 2.
A palier, B chambre à coucher, DD garderobes, EE placards, F lieux.
Planche XLV, figure 1 .
Élévation de la maison de fermier.
ÉPAISSEUR DES MURS
Rez-de-chaussée , pi. XLIV.
Tous les murs auront indistinctement
Premier étage.
Mur a, b, c. d. . . .
En pierre de taille.
En briques.
En moellons
Eu pans de
bois, moellons ou briques.
En hriq. crues, ou briques et cailloux.
Mètres.
Pouces.
Mètres.
Pouces.
Mètres
Pouces.
Mètres.
Pouces.
FCL
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PROJET, N\ 19-— Planches XLYÏ, XLMI et XLVIII.
L'architecture chinoise a été en vogue parmi nous pendant tréslong-temps; les ambassades de l'Asie, qui liront tant de bruit en France sous le règne de Louis XIV, les relations que notre puissante marine établissait dans la mer des Indes, les récits des missionnaires et des vovageurs qui avaient visité ce peuple singulier, presque inaccessible à la curiosité des Européens, tout avait contribué à mettre en vogue les moindres objets qui paraissaient se rattacher à ce merveilleux pays; aussi, dès ce moment parurent les papiers chinois, les porcelaines de Chine, les jardins chinois , que depuis on a appelés fort improprement jardins anglais, etc., etc. Enfin, tout ce qui rappelait cette contrée extraordinaire était recherché avec un empressement qu'on ne peut expliquer que par 1 influence de la mode, à laquelle les autres peuples nous reprochent, avec raison, de nous soumettre un peu Irop servilement.
Ce genre d'architecture commence , très -heureusement, à être abandonné ; toutefois , nous avons cru devoir en offrir un modèle. Le petit édifice que représentent les planches XLVI , XLYII et XLVIII, serait d'une distribution commode, quoique peu considérable, et doit être regardé comme une simple maison de plaisance plutôt que comme uu bâtiment de principale habitation. On s'est attaché à lui donner uu caractère convenable, rappelant exactement le genre d'architecture qui avait été adopté; il est cependant à remarquer que les colonnes a, b, qui forment le péristyle qui précède cette maison, devraient être exécutées en bois.
Les formes sévères doivent être ici tout-à-fait abandonnées ; les ornemens deviennent bizarres et contournés de milles manières; mais ils sont riches de leurs couleurs vives et étincelantes; toutefois cet assemblage de tons brusquement opposés ne laisse pas que d'avoir son charme particulier. On peindrait donc de diverses couleurs les compartimens qui sont indiqués dans le dessin.
Les griffons ou monstres qui ornent les angles de la toiture seraient exécutés en tôle battue ; celui qui est désigné par la lettre C donnerait passage à la fumée de la cheminée du premier étage.
EXPLICATION DES PLANCHES Plan du soi bassement. — Planche XL VI , figura 1 .
A escalier, B cuisine, C cellier, D bûcher.
Plan du rez-de-chaussée. — Planche XLVI. figure 2 E porche ou terrasse , F salle à manger, G salon , H escalier.
Plan du premier étage. — Planche XL Vil, figure 1 . I petite chambre, L passage, M chambre à coucher, N lieux à l'anglaise, O petite garderobe, P balcon.
Planche XL VIII.
Elévation de la maison chinoise.
Planche XL VII.
Fig. 2. Détail de la partie de la façade C. ( PL XLVUI.) Fig. 3. Détail de la base des colonnes D. (Idem.)
Soubassement.
Mur a, b, c,d. (PL XLVI,
fie- 1-) • • • •
Mur m, n
Mur a , b , e , f.
Rezrde-chaussée.
Mut g, h, i, l. (PL XLVI,
fis-*,)
Mur de refend o, p
Premier étage.
Mm a, r, s, t. (P/.XLVII,
fiS'ï-)
Mur u , v
| En pierre
! de taille.
En briques.
En moellons
En pans de
bois, moellons
ou l>i irrues.
En l>ri(j. crues,
et cailloux.
Mètres.
Pouces.
Mètres. Pouces.
Mètres.
Pouces.
Mètres.
Pouces.
Mètres.
Pouces.
flfpm i
PROJET, N°. 20. —Vl.u ,d„.s \L1\. L et Ll.
Le climat do presque toutes les parties de la France est beaucoup trop froid pour permettre de planter les orangers en pleine terre; aussi, excepté dans quelques provinces favorisées parla nature d'une température presque toujours constante, on s'est trouvé dans la nécessité <l élever les orangers dans des caisses, afin de pouvoir les transporter pendant la mauvaise saison dans des bàtimens construits tout exprès pour les préserver de la gelée et de l'àpreté de nos hivers.
L'orangerie dont nous offrons ici le modèle, a déjà été construite à Louvain sur les dessins et sous la direction de M. Van der Straeten, l'un des architectes les plus distingués du royaume des Pays-Bas, et qui a fait élever plusieurs édifices remarquables par leurs savantes dispositions et par la pureté et l'élégance de leur décoration.
Celte orangerie, qui produit un très-bel effet, réunit toutes les convenances exigées dans un bâtiment de ce genre; c'est ce qui nous a porté à la faire figurer dans ce recueil.
Les serres placées vers les extrémités sont entièrement construites eu fer ; les calorifères sont placés dans les soubassemens, et pour mieux en faire connaître la disposition, nous avons cru devoir joindre aux dessins une coupe de l'orangerie, quoique, pour les autres projets, nous nous soyons constamment abstenus de donner de semblables figures, par la raison que peu de personnes sont habituées à lire dans nie de dessins.
Les tuyaux conducteurs de la chaleur sont indiqués dans le plan par •les lignes de points. Nous ferons connaître, dans le texte général, la température qui doit régner dans les serres et les orangeries, ainsi que diverses dispositions dont elles sont susceptibles.
EXPLICATION DES PLANCHES
Planches XLIX et L.
Figure re. Élévation de l'orangerie.
Figure 2. Plan de l'orangerie. A salon ou arrière-orangerie, B salle d'étude servant également d'arrière-orangerie, C orangerie, D serre chaude, E serre tempérée, FF passages.
Planche LI.
Figure ire. Coupe de l'orangerie.
Figure 2. Élévation latérale.
Figure 3. Détail de la corniche A.
EPAISSEUR DES MURS
Murs a,b, c,d. (PL XLIX eth,Jig. 2.)
Murs e ,/, g, h. {Idem.).
En pierre de taille.
En briques.
En moellons
En pans de
bois, moellons
ou briques.
Enbi'icf. crues, ou briques et cailloux.
Mètres.
Pouces.
Mètres.
Pouces.
Mètres.
Pouces.
Mètres.
Pouces.
2f f.ir.'i.i
PROJETS, N . -2 i, 22 et 23.— Planche LU
i colombiers ne s'élèvent guère qu'à la campagne; mais là ils sont d'iui grand secours; car, outre un bénéfice quelquefois considérable, ils
offrent aux propriétaires des ressources qui ne sont pas à dédaigner, surtout dans les domaines éloignés des villes, et conséquemment des lieux d'approvisionnement.
! i s colombiers peuvent être divisés en deux classes : ceux qui font I rtïe, en quelque sorte, de la maison d'habitation, tel que celui que renferme le projet N°. 8 de la première livraison , et ceux qu'on construit en plein champ, dans les basses-cours ou dans le voisinage des fermes.
J' s modèles que nous offrons ici appartiennent à celte dernière catégorie.
La partie du colombier destinée spécialement aux pigeons doit être élevée de plusieurs pieds au-dessus du sol, afin de mettre ces oiseaux à l'abri des rats, des fouines et de tous leurs autres ennemis, dont le nombre est considérable.
.Nous ne nous étendrons pas davantage ici sur les dispositions intérieures des colombiers, parce que c'est dans le texte général que nous traiterons de cet objet en même temps que des autres bàtimens qui font partie de l'architecture particulière.
PROJET, N". 21, pi. LU, Jig. i et ±. La partie supérieure de ce colombier serait terminée en forme de volière, et pourrait être exécutée en charpente ou en briques de petites dimensions. Le contraste de ce couronnement avec la simplicité du soubassement lui donne un aspect pittoresque, qui ne pourrait produire qu'un effet très-agréable. Le soubassement ne renferme qu'un escalier; cependant il serait possible d'y pratiquer un poulailler ou un toit à porcs, qui aurait toute la hauteur du perron situé en avant du colombier.
Le PROJET, N°. 22 , pi. LU, fig. 5 et 4 , offrirait au rez-de-chaussée un poulailler ou un dépôt pour les outils; au centre, serait pratiqué 1 escalier qui conduirait au colombier.
Le toit supérieur serait supporté par des consoles en charpente,
qui laisseraient entre elles un espace suffisant pour donner passage à l'air méphitique engendré dans le colombier; on aurait soin cependant de garnir ces espaces de clapets, afin de les fermer en hiver, et de garantir ainsi les pigeons de la rigueur du froid.
PROJET, N°. 23, pi. LU, fig. 5 et 6. Ce colombier serait beaucoup plus considérable que les deux qui précèdent ; il serait très-bien placé dans un vaste domaine. La partie inférieure serait destinée à loger des bœufs, des veaux, etc., et pour cela on voûterait tout le soubassement en voûte annulaire, portant sur un pilier central e; cette voûte est indiquée par des lignes pointées supposées rabattues sur le plan.
On parviendrait au colombier par le moyen de l'escalier extérieur construit en pierre de taille. Enfin le comble serait surmonté d'un belvéder auquel on communiquerait par l'échelle circulaire qu'on place ordinairement dans l'intérieur des colombiers. {Nous donnerons de plus amples détails à cet égard. )
EXPLICATION DES PLANCHES
Planche LU.
Figure re. Élévation du projet 21.
Figure 2. Plan du même projet. AA perron, B dépôt d'outils, C escalier.
Figure 3. Elévation du projet 22.
Figure 4- Plan du même projet. A poulailler ou dépôt d'outils, B escalier.
Figure 5. Élévation du projet 23.
Figure 6. Plan du même projet, AA escalier extérieur, B petit porche , C colombier au-dessous duquel seraient pratiquées les bouveries.
EPAISSEUR DKS Ml RS
Pi .jn R< 21.
Mai .,/-.. [PI. LU >
Paom Ho. 22.
Mur #, i, «, rf. ,/î^. 3). .
Mai ,/,g,i
Projet IV". 23.
Mur ■ . /;.
(An cordon m, n. on dimi-
iiiu-r.iit if tuur d rn\ non s ou 3 pi.' il
i pierre de taille
En briques,
En moellons
I ii pani do
boû . m. e loai
ou brio < ^.
K ii Itk| crues, un briqui i et cailloux
Ponça
l'.ii. m.
M. ii ...
Pouces.
ia
PROJETS, >°\ 2i à 33. — Planches LUI, LIT, LY et LV1.
Les puits et les fontaines sont les accessoires qui se reproduisent le plus fréquemment en architecture : leur indispensable nécessité en est la raison; niais malheureusement leur construction est souvent négligée; et cependant rien ne décore mieux une cour ou un jardin que ces petits monumens qui réunissent presque toujours l'agréable à l'utile.
Noua oe parlerons pas ici des procédés à employer pour confectionner les tuyaux, les bassins, les ajutages, etc., c'est dans le texte Général que nous nous occuperons de ces divers objets. Notre unique but maintenant, est d'offrir divers modèles de ce genre de constructions : examinons successivement chacun des projets que renferment ces quatre planches.
La PROJET N". a/f, pi. LUI, fig. i", représente le modèle d'une fontaine qu'on pourrait élever indistinctement dans une cour ou dans un jardin : ce joli motif, dont l'original existe en Italie, est extrait du bel ouvrage sur les villa par MM. Percicr et Fontaine, les deux plus célèbres architectes de notre époque.
La tète de loup et celles qui sont placées sur les colonnes, seraient exécutées soit en bronze, soit en fonte de fer, ou en plomb. Ces colonnes pourraient être solides , c'est-à-dire sans cavité intérieure , car l'eau que jetent les tètes qui les surmontent , est la même que celle qui sort par la tète de loup et qui est reçue dans un petit bassin pratiqué sur tout le développement du couronnement a , b.
Le PROJET N . 25, /;/. \M\,jig. 2, serait convenablement placé dans le fond d'une cour et contre un mur de clôture. Sa décoration consiste en une borne - fontaine ornée d'un dauphin qui laisse écouler l'eau dans un bassin inférieur décoré de cannelures; cette eau se déverse du bassin par un orifice placé à la partie antérieure, et s'échappe par la cavité pratiquée dans la marche qui supporte ce bassin.
Cette borne-fonlaine pourrait être construite en pierre ou en briques ; mais le bassin ne serait guère susceptible d'être exécuté qu'en pierre de taille.
PROJET N°. 26, pi. LUI, fig. 3. Cette fontaine serait également bien placée dans une cour; son style sévère et même un peu lourd, la ferait figurer très-convenablement dans le voisinage de bergeries , d'écuries, ou bouveries. La borne demi-circulaire, au milieu de laquelle serait placé le mascaron qui fournirait l'eau, pourrait être construite en brique ou en pierre; mais à moins qu'on n'exécutât le bassin en fonte de fer ou en plomb, tous les autres accessoires devraient être construits en pierre de taille , à l'exception toutefois des massifs ou remplissages des marches qu'on pourrait faire en maçonnerie de cailloux ou de moellons.
PROJET N°. 27. La figure l\ de la planche LUI, et la fig. ire. de la planche LIV, représentent un puits que nous avons supposé être construit soit dans le milieu d'un mur de clôture , soit entre deux propriétés, et conséquemment commun à deux habitations, comme on le pratique souvent dans l'intérieur des villes.
Ce puits , dont le couronnement serait supporté par des colonnes composites, serait accompagné d'auges on bassins latéraux g , g, destinés à emmagasiner des eaux tant pour le service des habitations, que pour abreuver les bestiaux.
On ne pourrait guère obtenir un bel effet qu'en exécutant ce puits en pierre de taille ; car la légèreté de la décoration ne comporterait pas un autre système de maçonnerie. (Le texte général fera connaître les meilleurs modes de construction à employer pour la partie souterraine des puits.)
PROJET N°. 18. Le projet de fontaine dont le plan est représenté à la pi. LUI, fig. 5, et l'élévation à la/?/. LYV , fig. 2, concourrai* parfaitement à la décoration d'un jardin et même d'une cour. Tous les souhassemens pourraient être construits indistinctement en maçonnerie de pierre de taille, de briques, ou de moellons; les parties latérales a ,b , seraient ornées de tuileaux d'Italie. La figure ou terme
qui Lient dans ses mains les deux vases par lesquels s'échappe l'eau, devrait être exécutée en bronze, en fonte, et même en pierre factice (nous donnerons des détails sur ce nouveau genre de sculpture); et comme les vases viennent s'appuyer contre le corps de la figure, il serait facile de placer 1rs tuvaux en cet endroit sans être obligé de les faire passer dans l'épaisseur des bras, dont ils diminueraient la solidité.
PROJET N ". 29. L^s figures 1 , 2 et 5 de la pi. LV, présentent l'élévation , le plan et la vue latérale d'un puits à construire dans le fond dune cour ou au milieu d'une pelouse, ou bien encore sur le bord d'un massif d'arbres dans un jardin. Ce projet se compose d'un pilastre supportant un vase; à la partie antérieure serait placée une console surmontée d'un cygne tenant dans son bec l'anneau en fer où serait attachée la poulie; ce cygne ne pourrait être construit qu'en tôle; il serait solidement fixé au pilastre par quatre tiges en fer dont deux passeraient dans les ailes et les deux autres clans la console; le cou renfermerait la barre de fer forgé qui supporterait la poulie. De cette manière, on obtiendrait toute la stabilité désirable. La maçonnerie qui entre dans ce projet peut être indifféremment en pierre de taille, en moellons, ou en briques.
PROJET N°. 3o, pi. LV ,Jig. 4. Cette fontaine décorerait très-bien le fond d'une cour qui ne serait séparée d'un jardin que par une grille: elle se compose d'un pilastre décoré d'un aviron et d'un trident; au-dessus s'élève une tète de Neptune couronné de plantes aquatiques; le soubassement du pilastre est orné d'une tète de lionne qui jette l'eau dans un bassin de forme antique supporté sur des pieds de lion; il ne serait guère possible de construire cette fontaine autrement qu'en pierre de taille; la tète de jNeptune seule pourrait èlre exécutée en argile cuite ou en pierre factice , ce qui ne coûterait pas, à beaucoup près, aussi cher que de la faire sculpter sur la pierre même.
PROJET V. 3i, pi. L\,/Fg. 5. La disposition de cette fontaine, qui offre à l'œil un aspect monumental, indique qu'elle est deslinée à Cgurer dans un jardin ou dans un parc ; les bancs qui l'accompagnent
en feraient en quelque sorte un lieu de repos, où l'on viendrait se délasser d'une longue promenade à l'ombre des arbustes qui l'entourent. Tout ce petit monument , à l'exception des massifs de maçonnerie, serait exécuté en pierre de taille, qui seule permettrait d'obtenir toute la pureté désirable dans les profils du piédestal et de la colonne, qui serait surmontée d'une boule traversée d'une pointe dans le genre de celles qui s'élevaient sur les colonnes militaires antiques et dont il reste des vestiges à Rome et à Nîmes.
PROJET N°. 32, /;/. LYJ, Jig. irc. Cette fontaine serait érigée soit au centre d'une cour, soit dans un jardin au milieu d'une pelouse ou d'une pièce d'eau ; elle se compose d'une vasque surmontée d'un groupe de quatre cygnes vomissant de l'eau par le bec; leurs queues réunies formeraient la tige du jet d'eau qui s'élève du milieu delà fontaine; le soubassement de la vasque serait orné de têtes de lion qui contribueraient à l'élégance de la décoration. Nous avons supposé que cette fontaine serait entourée d'un bassin circulaire , afin de pouvoir se procurer de l'eau par les orifices qui y seraient pratiqués.
Pour obtenir le profil de la vasque tel que nous l'avons indiqué, il serait presque indispensable de l'exécuter soit en bronze , soit en fonte de fer ; car la pierre de taille ne comporterait guère un amaigrissement aussi considérable : on pourrait employer pour la confection des cygnes, le fer, le bronze ou le plomb. La terre cuite ou la pierre factice seraient Ires-déplacés, dans ce cas, à cause de l'action constante des eaux du jet central.
Il est évident que le cippe qui supporte la vasque doit être creux, afin de donner passage au tuyau du jet d'eau ; toutefois la dimension du diamètre de ce cippe permettrait de l'exécuter en pierre de taille.
PROJET N°. 53, pi. LVI, jig. *et 5. Ce piédestal élevé au milieu d'un bassin rectangulaire et surmonté d'une petite figure de l'Amour, qui semble demander la discrétion et le silence, serait très-bien placé au milieu d'un jardin; on pourrait cependant en orner le milieu d'une cour ; mais il faudrait qu'elle fût d'une étendue considérable,
afin que ce monument , dont le plan oilïe assez de superficie , ne gênât pas la circulation.
La simplicité de l'architecture du piédeslal et du bassin , permettrait de l'él< \<t suit (ii maçonnerie de pierre de taille soit en briques ou en m- i Hun peji intoyé el même entièrement liaisonné avec du mortier de chaux maigre dite hydraulique {nais parlions des avantages de cette chaux). Cependant il ne faut pas perdre de vue qu'il est indispensable (!<• pratiquer dans l'intérieur de ce piédeslal une cavité destinée à recevoir les tuyaux communiquant avec les têtes ou mascarons par lesquels l'eau jaillit dans ce bassin.
La figure de l'Amour n'étant pas en contact avec Veau , on peut y employer indifféremment toutes sortes de matières. Le plâtre même serait suffisant, en ayant soin de remplir l'intérieur de la figure de plâtre gâché un peu gros , et de recouvrir la surface extérieure de deux ou trois couches de céruse ou blanc de plomb à l'huile, après avoir cependant passé une première couche d'huile de lin bouillante : l'expérience nous a prouvé qu'on pouvait très-bien conserver ainsi, pendant plusieurs années, de simples Ggures en plâtre, qui étaient sorties des ateliers des mouleurs. Les lettres a, a, a, a, fig. 3, indiquent les barres de fer destinées à supporter les vases dans lesquels on viendrait recueillir l'eau qui s'échappe des mascarons.
PROJET N°. 34,/?/. L\\,fig. 4- Au milieu d'un bassin peu élevé, de foi nie demi-circulaire, s'élève une figure ou terme faisant jaillir de son sein l'eau si nécessaire à la vie. De petits jets placés sur le parement inférieur du bassin contribuent à la décoration, à laquelle concourent également les deux vases de fleurs surmontant les socles qui terminent le bassin demi-circulaire.
Ainsi que nous l'avons déjà dit pour le projet N°. -28 , la figure serait exécutée en plomb, en fer ou en bronze, ou bien encore en terre cuite ou en pierre factice; mais alors il faudrait construire en pierre de taille le socle qui supporte cette figure, afin de préserver 1 argile ou la pierre factice de l'action destructive des eaux. Tout le reste de la fontaine, quanta la maçonnerie, serait exécuté en pierre de taille.