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DE LA PEINTURE EN BATIMENT

La peinture en bâtiment consiste dans l'emploi de couleurs artificielles que l'on fixe au moyen de l'huile ou de l'eau.

On donne le nom d'économique à cette sorte de peinture, et celte dénomination a particulièrement rapport à la faculté que possèdent l'huile et le vernis d'empêcher l'action de l'air sur le bois , le fer ou le stuc, en y apposant une surface artificielle; mais ici nous voulons lui donner plus d'extension, en comprenant dans la peinture la partie qui a rapport à l'ornement, et dont l'architecture fait usage, tant dans l'intérieur qu'à l'extérieur des bâtimens.

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Les procédés sont généralement les mêmes clans (ons les genres de peinture à l'huile, et la seule différence consiste dans le travail.

Les premières couches de peinture, tant sur le bois que sur le fer, doivent toujours être faites avec de la céruse, autrement dite blanc de plomb, de la meilleure qualité; on la broie très-fin dans de l'huile de noix ou de lin, soit sur une pierre avec une molette, soit au moyen d'un moulin ; le premier procédé est trop long pour de fortes quantités. Quand on veut s'en servir à peindre des volets, des portes ou des lambris, et des boiseries en sapin ou en autre Lois blanc, il est très nécessaire de détruire l'effet des nœuds, qui, en général, sont tellement saturés de térébenthine, qu'ils donnent le plus grand embarras dans ce procédé : le meilleur moyen, en général, d'obvier à cet inconvénient, c'est de passer la brosse sur ces nœuds avec une composition de céruse délayée dans l'eau et fortifiée par une dissolution de colle-forte; quand cette couche sera sèche, vous peindrez les nœuds avec du blanc de plomb à l'huile, à laquelle on ajoutera quelque puissant dessiccatif, tel que du rouge de plomb ou de la lilharge, un quart environ de ce dernier. On applique cette peinture uniformément , et en ayant soin de suivre la direction du grain.

Quand la dernière couche est sèche , on l'égalise avec de la pierre ponce ; on donne alors la première couche de peinture à l'huile ; cette coucIiê étant suffisamment sèche, on bouche soigneusement les trous des clous , et on masque les autres défauts de la surface avec une composition d'huile et de blanc d'Espagne, appelée mastic

On donne ensuite une nouvelle couche avec de la peinture composée de céruse délayée dans l'huile, et à laquelle on a ajouté un peu d'huile de térébenthine; il faut mettre trois ou quatre couches successives, si Ton veut obtenir un beau blanc ou une couleur de pierre: dans ce dernier cas, on y ajoute un peu de noir de fumée ou de noir d'ivoire. Si l'on voulait obtenir une autre couleur, telle que grise, verte, etc., il serait nécessaire d'ajouter cette couleur après la troisième couche , surtout si la couleur doit être d'un blanc mat , grise ou fauve; quand on veut mater la couleur, ce qui est une méthode bien préférable pour tous les ouvrages d'une qualité supérieure, nonseulement pour l'apparence, mais pour conserver la couleur dans.

i84 toute la pureté de sa teinte , il suffira de donner une couche mêlée de beaucoup de térébenthine ; mais lorsqu'on doit recouvrir une grande surface , il est souvent nécessaire de donner deux couches, ce qui est généralement la règle pour les ouvrages en stuc.

Il est bon d'observer que, dans toutes les opérations précédentes, il faut nécessairement employer un dessiccatif. Celui qui est le plus en usage, et qui est très-propre à cet objet, est de la couperose blanche pilée bien fin, et délayée dans de l'huile de lin, ou peut-être mieux encore dans des huiles bouillies et préparées : on dessèche bien cette composition avec de la litharge. La quantité à ajouter dépend beaucoup de la sécheresse ou de l'humidité de l'atmosphère au moment où l'on peint, et de la situation du local. Nous remarquerons ici qu'on fait une sorte de couperose dont on se sert , dit-on , quelquefois en médecine ; non-seulement cette couperose n'aide pas à l'opération , mais même elle empêche la couleur de sécher.

Le meilleur dessiccatif pour tous les beaux blancs, et pour les teintes fines, c'est de la litharge délayée dans l'huile de noix; mais comme elle est très-active, une petite quantité de la grosseur d'une noix suffira pour vingt livres de couleur , dont la base est du blanc de plomb.

Afin que les propriétaires soient à même de produire les nuances qu'ils désirent obtenir, nous allons indiquer les matières qui sont les plus usitées dans la peinture en bâtiment.

§ 1". Gris.

i°. Gris argentin et gris de perle : blanc, noir de vigne, une pointe de bleu de Prusse.

2°. Gris de lin : blanc, laque et un peu de bleu de Prusse. 3°. Gris commun : blanc et noir de vigne.

§ ii. Jaunes.

4*. Chamois : blanc , beaucoup de jaune de Naples , un peu d'ocre jaune et une pointe de vermillon.

5°. Jonquille : blanc et stil de grain de Troyes.

6°. aurore : blanc, stil de grain de Troyes, une pointe d'orpin rouge.

i85 7°. Citron : blanc, stil de grain de Troyes, et une pointe d'orpin jaune.

8°. Or : blanc , jaune de Naples , ocre jaune , un peu d'orpin rouge.

§ m. Bleus.

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