Tome [I. 1 i
§ vu. Couleurs de bois.
25". acajou : blanc , laque carminée et une pointe ocre de rue. 26". Chêne : trois quarts blanc, un quart ocre de rue, ocre jaune et terre d'ombre.
270. Noyer : blanc, ocre de rue, ocre jaune, et terre d'ombre.
§ vin. Couleurs de pierre.
28°. ardoise : blanc, noir et une pointe de bleu. 290. Badigeon. C'est la couleur que l'on donne aux crépis et enduits extérieurs. On le compose avec du blanc et un peu d'ocre jaune pour imiter la pierre jaunâtre, et de blanc et un peu de noir, pour imiter la pierre grise. Nous avons déjà indiqué plusieurs procédés à cet égard. 3o°. Brigues : ocre rouge.
L'impression des carreaux d'appartement est une opération qui demande un détail particulier. Après avoir lavé et nettoyé l'aire, on passe une couche très-chaude de brun-rouge infusé dans une eau de colle de Flandre bouillante, pour l'abreuver. La seconde couche, qui se met à iroid , se compose de rouge de Prusse broyé à l'huile de lin, et détrempé dans la même huile avec un peu de lit barge : elle sert à fixer la couleur. La troisième, destinée à masquer l'huile, se fait avec du même rouge de Prusse, infusé dans de la colle de Flandre; on peut ensuite passer l'encaustique. Pour la première couche, il faut, par toise carrée, un quart de colle de Flandre et une livre de couleur; pour la seconde, demi-livre d'huile de lin, deux onces de litharge, une once d'essence, et six onces de rouge de Prusse ; enfin , pour la troisième, trois onces de colle de Flandre, et trois quarts de rouge de Prusse.
L'encaustique est un simple enduit de cire, dont on recouvre les couleurs placées sur des carreaux ou des parquets, procédé moins fatigant et d'un meilleur effet que le cirage à la main. Cette encaustique se compose de cinq pintes d'eau de rivière, que l'on met sur le feu, et dans lesquelles on fait dissoudre une livre de cire neuve et un quart de savon. Lorsque la cire et le savon sont fondus, on ajoute deux onces
i87 de sel de tartre (carbonate de potasse). L'encaustique refroidie, on mélange la crème ou l'écume qui s'est formée dessus, et on la passe bien uniment sur les carreaux ou parquets, peints préalablement comme nous l'avons dit plus haut. Le lendemain on peut frotter.
La dose indiquée sullit pour 12 a 14 toises d'ouvrages.
La peinture à l'huile pour les bois revient ordinairement assez cher. On a cherché des moyens plus économiques, et enfin, après plusieurs essais , on s'est assuré que , dans plusieurs cas, on pouvait employer les pommes-de-terre avec avantage. Voici en quoi consiste ce procédé : on prend une livre de pommes-de-terre pelées et bien pétries, on les mêle dans trois ou quatre livres d'eau bouillante, on y ajoute deux livres de chaux en poudre délayées préalablement dans quatre pintes d'eau, on remue le tout ensemble et on passe cette composition à travers un tamis de crin : on peut lui donner la teinte qu'on désire au moyen des divers mélanges indiqués ci-dessus.
INous ne terminerons pas cet article sans faire connaître une découverte importante due à MM. d'Arcet et Thenard; ces deux célèbres chimistes ont fait les expériences les plus concluantes sur l'emploi des corps gras, pour la conservation des pierres, des briques, du plâtre, etc. ; leur enduit se compose d'une partie de cire jaune et de trois parties d'huile de lin cuite avec un dixième de son poids de litharge. Au moyen d'un réchaud de doreur, on chauffe successivement les paremens de la muraille, et on y applique le mastic à la température de ico degrés centigrades; à mesure que les premières couches sont absorbées on en passe de nouvelles, jusqu'à ce que la pierre, la brique ou le plâtre refusent l'absorption pour la facilité de laquelle on doit chauffer le parement deux ou trois fois.
La coupole de Sainte-Geneviève à Paris, sur laquelle M. Gros a créé un nouveau chef-d'œuvre, a été ainsi préparée; l'enduit a pénétré de g à ?4 millimètres et présente une dureté surprenante: il est à remarquer qu'il ne faut pas chauffer le plâtre au delà de 100 à 120 de'grés, car vers \/+5 degrés il se décomposerait.
On peut faire usage de cet enduit pour assainir les lieux bas et humides et les empêcher de se salpètrer.
Pour diminuer la dépense on peut le composer d'une partie d'huile
i88 de lin lithargirée et de deux à trois parties de résine; avant de chauffer le mur, il faut d'abord , s'il est humide , le sécher au moyen du réchaud de doreur. Une salle de la Sorbonne à Paris, qui était revêtue en plâtre, a été parfaitement assainie par ce procédé; la dépense, non compris la main-d'œuvre, s'est élevée à o fr. So c. par métré carré ( 5 fr. 20 c. la toise carrée) ,- elle serait moindre sur la pierre, par la raison qu'il y aurait moins d'absorption. Ce moyen peut être employé avec succès pour rendre inaltérables les plafonds peints, les terrasses, les bassins, les statues et ornemens en plâtre , qui obtiendraient ainsi une dureté capable de les préserver des injures de l'air.
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