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Le protestantisme au pilori [microforme]

Protestantisme, tout le monde le sait, est un terme général qui embrasse plus de 350 dénominations religieuses diverses, toutes plus où moins opposées les unes aux autres, toutes unies cependant dans une idée commune: antagonisme vis-à-vis la vieille Eglise bâtie sur Pierre.

Les Luthériens professent des doctrines que n’admet-

‘tent pas les Anglicans; mais ils sont protestants.

Les Anglicans n’admettent pas les opinions des Presbytériens; mais ils sont protestants.

Les Presbytériens diffèrent sur bien des points fondamentaux avec les Méthodistes; mais ils sont protestants.

Les Méthodistes, avec leur rigide contenance, font la moue à toutes ces gens-là ainsi qu’à tous ceux qui ne veulent pas adopter leur méthode; mais ils sont protestants.

Et ainsi de suite.

Cen’est pas tout, Les Luthériens se chicanent, puis se divisent en Luthériens rigides, Luthériens relâchés et Luthéro-Zwingliens, et plus tard en Synergistes, Flavianistes, Ostandristes, Indifférents, Majoristes, Anoméens, Syncrétistes, Hubérianistes, Ubiquitaires, Anabaptistes, etc, ete; mais tous sont protestants.

Les Anabaptistes, pour ne prendre qu’une seule des branches luthériennes, se chamaillent et se font les uns aux autres les grimaces des Adamites, des Apostoliques, des Taciturnes, des Parfaits, des Impeccables, des Vrais Frères, des Sabbathaires, des Clanculaires, des Manifestaires, des Pleureurs, des Réjouis, ete, etc; mais tous

sont protestants.

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D'un autre côté les Anglicans, avec leur gravité saxone, se tournent le dos majestueusement, et mettent à la place de la pierre choisie jadis par Jésus-Christ, le trépied de la Haute Eglise, de la Basse Eglise, et de l Eglise Large; mais tons sont protestants.

Les Presbytériens, après avoir réformé l Eglise Anglieane, trouvent eux-mêmes un réformateur dans la personne de Robert Brown; et voici venir les Brownistes ouvrant le feu contre les Puritains qui ripostent avec bravoure; mais tous sont protestants.

Plus tard apparait George Fox. Regardant de travers ses amis anglicans, 11 conduit sur le champ de bataille les “Enfants de la lumière”, qui deviennent ensuite ‘la Société Religieuse des Amis”, pour finir par poser en “Trembleurs.”? Etle tremblement de ces derniers fait bientôt surgir un nouveau grognard dans la personne de Elias Hicks qui met ses Hicksites en guerre avec les Trembleurs Orthodoxes. Et tous sont protestants.

Les Méthodistes ne peuvent se voir en face les uns les autres, avec leur visage long et rigide, sans se bouder, Ils froncent le sourcil, se chicanent au nom du Seloneur et se divisent en Méthodistes Weslévens, Méthodistes Calvinistes, Méthodistes de la nouvelle alliance, Méthodistes Primitifs, Chrétiens selon la Bible, Méthodistes Protestants, Méthodistes Episcopaliens, Méthodistes Evangéliques, Méthodistes Libres, ete. ete. ÆEttous sont protestants.

Et ainsi de suite de divisions en subdivisions, usque ad infinitun.

Ces centaines de sectes diverses, toutes en guerre les unes avec les autres sur mille points de doctrine sur lesquels elles ne peuvent s'entendre, se donnent toutes la main cependant pour protester contre la vieille Eglise qui,

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seule, pourrait leur expliquer ce qu'elles ne comprennept pas.

Et voilà pourquoi tout ce moncde-là est protestant.

Ce serait évidemment peine perdue que de vouloir envisager le Protestantisme dans ses détails, Vu dans son ensemble, est un caméléon qui, chaque jour, change de couleur et de forme.

IT y a toutefois, au milieu de toutes ces transformations, un quelque chose de saisissable, Ce quelque chose se trouve partout où le Protestantisme se manifeste, quelque soit le pays où il fait acte de présence, quelque soit la forme sous laquelle il s'affirme.

Ce quelque chose se retrouve au fond des opinions exprimées par les Luthériens, les Anglicans, les Presbytériens, les Méthodistes et tout le reste de la gente protestante, aux Etats-Unis et en Canada aussi bien qu’en Angleterre, en Allemagne et partout ailleurs où il y a un protestant.

C’est ee.que je puis appeler l’essieu autour de laquelle tourne sans cesse la roue des variations protestantes.

Cette espèce d’essieu est tout ce qui parait de fixe dans le système, Cest la base du Protestantisme pris en bloc. Tout le reste change si souvent, subit de si rapides modifications, tourne si vite, en un mot, autour de essieu, qu’il est impossible de le soumettre à l’analyse.

C’est cette base dont il s’agit d'examiner la valeur. Peu tmporte tout le reste,

Fil est prouvé que cette base manque de solidité, n'est après tout qu'un sable mouvant, la conclusion s'impose. Tout le système tombe,

Or quelle est cette base?—Elle est faite de deux piliers aussi mal équilibrés l’un que l’autre et incapables tous deux de supporter l'édifice du système protestant.

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