‹ Le protestantisme et la r`egle de foi (volume 3)Chapitre 24 sur 52 · ROMAINES · texte numérisé non relu

ROMAINES

Culte des saints

Prière pour les morts

Culte en langue inconnue. . .

Primauté du pape

Culte de la crois

Culte des images

Culte des reliques

Canonisation des saints. . . .

Célibat des prêtres

Infaillibilité de l'Eglise. . . .

Chapelets

Canon de la messe

Des sept sacrements (nombre).

Transubstantiation

Confession

Elévation de l'hostie

Clochette de la messe

Fête-Dieu

Procession du Saint-Sacrement.

Retranchement de la coupe. .

Purgatoire. .

Tradition

Livres apocryphes

Leur âge

en

Années qui leur manquent en 1845 pour être apostoliques.

(Addition du traducteur. 1

précision l'époque de chaque prétendue innovation faite en matière de dogmes par l'Église romaine. Et je pourrais ajouter que même les personnes qui passent pour douées d'un profond savoir dévorent ces mensonges ridicules qu'elles ont appris de leurs maîtres d'école, sans que jamais elles aient pris la peine de les soumettre à l'examen (1). Il est bien difficile, comme j'en ai fait moi-même l'expérience, de trouver quelque écrivain protestant qui connaisse comme il faut la doctrine catholique.

Ceux ensuite qui font parade de plus de modération ont trouvé un autre expédient pour étouffer le désir qui se réveille, dans un si grand nombre, de se réconcilier à l'Église catholique. Ils regardent l'Église catholique comme un vieil édifice en ruines, dont les débris offrent des beautés archéologiques pour leur antiquité , mais qui n'en est pas moins un amas de décombres : comme un monument d'esthétique remarquable par sa poésie, par son culte, mais sans vie ou d'une vie épuisée, qui ne se rapporte plus aux besoins nouveaux ou aux intérêts de l'époque actuelle, qui réclame impérieusement l'émancipation de la raison et la pleine liberté de la pensée religieuse; comme une religion, disons le mot, qui n'est bonne à laisser qu'aux Italiens et aux Espagnols. Par ces belles paroles, les esprits sont habitués à se contenter d'une admiration stérile et détournés de

(1) Newmau, ouvr. cité, conf. m, en donne pour exemple celui de Mosheim, sur qui Maclaine, Gibbon, Jostin, Roberteon, White

et Ibillam ont copié une fausseté aujourd'hui démontrée, sans qu'aucun de ces écrivains ait eu seulement la pensée de la vérifier.

penser sérieusement à ce que leur dicte la conscience pour assurer leur salut par le retour à l'unité. Or, ceux qui tiennent ce langage ne s'aperçoivent pas qu'ils ont derrière eux et à leurs trousses une réaction redoutable : je veux dire celle des rationalistes, des amis de la lumière et des panthéistes, qui, s'élevant sur les ruines du protestantisme, tournent contre la religion chrétienne en général les armes mêmes qu'ils dirigent, eux, contre l'Église catholique; et que, si par impossible l'Église venait à tomber, de manière à n'être plus qu'un monument historique ou archéologique, elle entraînerait immédiatement tout christianisme quelconque dans sa ruine. C'est ce qu'a fort bien vu Lavater lui-même, ministre protestant de Zurich, qui écrivait dans les termes suivants au comte de Stolberg, son ami : « Je vénère l'Église catholique comme un antique et majestueux édifice, qui conserve les traditions primitives et des titres précieux. La ruine de cet édifice serait la ruine de tout le christianisme » (1). Si nous fixons nos regards sur ces sages ou prudents du siècle, qui n'envisagent la religion qu'au point de vue de la politique et des intérêts matériels, nous voyons de même derrière eux les communistes et les socialistes, qui décrient la société qui reste attachée au principe de propriété, comme un monde vieilli, crevassé et chancelant sur ses bases, qui n'est plus en harmonie avec les idées, les besoins et les vues du monde moderne,

(1) Voir l'Univers, 9 juin 1842. Lessing, écrivain protestant, a dit sensément de ces traditions : « C'est la tradition, et non l'Ecriture, qui est le rocher sur lequel est fondée l'Eglise de Jésus- Christ. •• Mémoires historiques ft littéraires, t. iv, p. 182.

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qui met au rebut toutes ces vieilles institutions faites pour donner le spleen.

Qu'ensuite chez des peuples sauvages, loin des pays civilisés où l'on pourrait sans aucune peine déjouer leurs calomnies, certains protestants se voient les maîtres d'en imposer impunément à ces peuplades, ils ne ' connaîtront plus de frein. Nous citons ici en note un exemple de leurs calomnies, que nous prenons dans un journal intitulé la Fourmi , publié par les ministres calvinistes américains des îles Sandwich, pour empêcher ces insulaires, malgré le désir qu'ils en témoignaient, de se faire catholiques 1) . Si l'on voulait recueillir les articles de la même portée semés dans les journaux protestants, ainsi que dans les petits traités publiés journellement sur le catholicisme par les mêmes écrivains, il y aurait matière à toute une série de vo-

(1) L'article est de 1842, sous ce titre : De ceux que les papistes ont fait mourir parce qu'ils ne pensaient pas comme eux. Or, voici la liste que présente ce journal de ces prétendues victimes du catholicisme :

1° On compte 200,000 individus mis à mort sous le pape Julien (qui n'a jamais existé) dans l'espace de sept années.

2° 101,000 ont été immolés en Fiance à la fureur des papistes pour cause de religion.

3o 1,000,000 Vaudois ont été égorgés par ces mêmes papistes.

lo 900,000 ont été mis à mort en Europe par les jés<

5° 40,000, dit-on, ont été tués par le roi Alewa (qui n'a jamais existé).

6o 150,000 en Irlande ont été immolés en un seul jour.

Des personnes instruites pensent que dans l'espace de 1,400 ans les papistes ont fait mourir 5,000,000 de leurs semblables... Peuples de Hawaii (telle est la conclusion de l'article), que pei vous de la religion du pape! est-ce une bonne religion 1 VI Jnion catholique. 17 novembre 1

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lûmes. Et tout cela est dirigé constamment vers le même but, qui est d'empêcher le retour de nos frères égarés. La lumière n'en pénètre pas moins de plus en plus à travers les épaisses ténèbres où les ministres protestants cherchent à entretenir le peuple qui les suit, et désormais les personnes qui se respectent n'y donnent plus croyance. Ce n'est plus le temps des caricatures du Pape-âne et du Moine-bœuf que savait inventer le chef de la Réforme. Cependant, elles ont toujours quelque effet dans l'esprit des simples; et c'est là le motif qui détermine certains fanatiques à en faire usage, et à les débiter comme marchandises recherchées de l'étranger (1).

Que dirai-je du fantôme de l'inquisition, dont on fait encore de nos jours un épouvantail si terrible, quoiqu'elle ait disparu de la face de la terre? On la représente toujours comme un affreux tribunal, élevé dans tous les pays catholiques, qui torture ses victimes avec barbarie dans de sombres cachots, en fait d'horribles exécutions, et tient encore aujourd'hui ses bûchers allumés. Nous avonc vu dans la lettre dictée par l'apostat Achilli au chanoine Cosentini l'effrayant tableau des menaces et des sourdes menées de l'inquisition romaine (2). Les démagogues de Rome, qui, à leur

(1) Voir Audix, Histoire de la vie de Luther, 1. c, où nous avons pris la description de cette caricature inventée par Mélanchtbon et sanctionnée par Luther. Le Punch, feuille très répandue en Angleterre, ne tarissait pas ces dernières années en fait de caricatures ignobles contre le catholicisme.

(2) Voir l'ouvrage anglais publié en 1852, 3e édition, intitulé : The Inquisition, hy Hardy. Les feuilles anglaises recommandent à qui mieux mieux la lecture de cet ouvrage., où se trouve dévoilé

grande surprise, n'ont trouvé dans les prisons de l'inquisition qu'une religieuse et un évêque (savoir le célèbre imposteur qui était parvenu à tromper Léon XII par une suite d'impostures et de pièces fabriquées , au point de se faire consacrer évêque et patriarche d'Alexandrie en Egypte), n'en ont pas moins exhumé du cimetière du Saint-Esprit, situé près de là, ou du cimetière des étrangers, renfermé dans l'enceinte actuelle de l'inquisition, une quantité d'ossements pour donner à entendre au peuple combien cet horrible tribunal avait en tout temps immolé de victimes. Mais comme l'imposture était trop visible, elle manqua le but que les démagogues s'étaient proposé d'atteindre. De même, quoiqu'on ait démontré cent et cent fois que le tribunal de l'inquisition d'Espagne était un tribunal civil, établi pour punir, selon les lois qui faisaient partie du code pénal, les crimes commis contre la religion du pays (1),

le d{abolisme de la papauté. Nous nous contenterons de traduite ici l'extrait suivant : « Nous prions les romanistes et les protestants de lire ce sommaire de laits historiques concernant le tribunal de l'inquisition, et puis de nous dire franchement si une Eglise si souillée de sang, qui a toujours, autant qu'elle a pu, foulé aux pieds les libertés du genre humain, et a mis ses délices à faire mourir dans les tortures quiconque s'aventurait à révoquer en doute son autorité, n'est pas véritablement la prostituée décrite par saint Jean dans sa vision prophétique, ivre du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus.» Achill Herald.

(1) Voir le célèbre ouvrage du comte DE Maistre, intitulé : Lettres à un gentilhomme russe sur l'inquisition espagnole, Paris, 1822, où ce sujet est parfaitement éclairci. Le même sujet a été aussi fort bien discuté par Balmes dans l'ouvrage : le Protestantisme comparé au catholicisme, ch. 36, De l'inquisition d'Espagne. Dans ce chapitre, l'auteur, discutant la conduite des papes, fait voir que pas même une seule exécution à mort n'a eu lieu à Rome; que les papes ont toujours cherché, tantôt d'une manière.

on n'en met pas moins à la charge de L'Église de Rome l'exécution donnée à ces lois; et les listes hyperboliques dressées par l'apostat espagnol Llorente, on les donne pour des preuves irréfragables de la cruauté de la religion catholique, qu'on rend par de tels moyens odieuse au peuple crédule (1).

Mais ce qui réussit encore mieux auprès de la jeunesse, c'est le moyen mis en œuvre par les protestants ies plus modernes, de recueillir dans de petits livres tout ce que l'histoire a enregistré de répréhensible dans le caractère personnel de sept ou huit pontifes romains sur une suite de plus de deux cent soixante autres, ou qui ont été martyrs, ou qui du moins sont canonisés, ou, en tout cas, qui ont mené une vie fort édifiante, pour donner à entendre que ce petit nombre de

tantôt d'une autre, à modérer la rigueur de l'inquisition d'Espagne. Ranke et Guizot ont avoué que l'inquisition a été une institution toute politique et nullement ecclésiastique. Voir là-dessus un bel article dans la Revue de Dublin, juin 1850. Tout cela n'a pas empêché les apostats Blanc [White] et Achilli de calomnier l'Eglise catholique.

(1) II suffit, pour démasquer l'apostat Llorente, de consulter les auteurs déjà cités. Voir aussi NeWMAN, ouvr. cité, 5e conférence, p. 205, où il fait remarquer la rigueur de l'inquisition anglicane en opposition à la douceur de celle de Rome. Il rapporte que, sous le règne d'Elisabeth, cinq personnes furent condamnées à la peine du fou comme coupables d'hérésie, pour avoir nié la Trinité ; que trois de ces victimes furent brûlées par l'ordre de l'évêque de Norwich ; l'évêque protestant de Londres en brûla une, et l'évêque protestant de Lightfield brûla l'autre. Encore ne dis-je rien des horribles exécutions commises contre plusieurs catholiques, coupables seulement d'avoir soit porté sur eux des agnus Del, soit recelé quelque prêtre, etc. Et cependant ni les protestants ni les incrédules ne disent jamais mot de cette inquisition, qui était incomparablement plus horrible, et qui a duré près de trois siècles.

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mauvais papes représente toute la papauté, C'est par le même artifice qu'on réunit dans un seul tout, comme dans un même foyer, ce qui en divers pays et à certaines époques d'égarement et de fanatisme a été commis de plus dégoûtant ou de plus horrible chez des peuples catholiques, pour laisser à conclure ce que doit être le catholicisme, qui a produit des êtres si perverti-. Et cependant il est certain que ces hommes mêmes, si mauvais qu'on les suppose, que ces peuples ont vus naître dans leur sein, ne sont que comme des ombres dans un magnifique tableau, que comme les balayures d'un superbe édifice, et qu'ils n'ont été tels que parce qu'ils se sont écartés des enseignements et dos préceptes de l'Église catholique, tandis que les fruits précieux de ce grand arbre, les fruits naturels qu'il produit, ne sont autres que la sainteté à laquelle ils ont désespéré d'atteindre, et qu'on attendrait vainement même des plus vertueux de quelque secte que ce soit hors de l'Église catholique. On dissimule artificieusement tout ce que le catholicisme a produit avec profusion, en tout temps, en tout lieu, de bon, de beau, de grand, d'utile sous tous les rapports, pour le bien et le soulagement de l'humanité et pour la confusion de adversaires mêmes (1). Ils voient bien que, s'ils étaient sincères; si, comme des abeilles, ils s'appliquaient à recueillir le suc des Heurs, au lieu de s'attacher comme d'immondes scarabées à tout ce qu'il > a de plus impur et de plus rebutant, ils n'atteindrai<'nt

(1) Relira sur ce sujet les chapitres admirables x\.v x.wi xxxn. xxxin et xxxivde L'o&vrage de Bàlmes.

pas leur but d'empêcher à toute force le retour de leurs adeptes mieux avisés à la vérité qu'ils ont abandonnée. Voilà pourquoi ils appliquent tous leurs soins à les entretenir dans l'erreur, au mépris de la pudeur et de la probité, comme de la sincérité (']).

Outre ce que nous avons déjà dit, une autre maxime tendante au même but a prévalu dans le protestantisme : c'est le principe consacré de la société actuelle, de ne jamais parler de la religion catholique, soit dans les conversations familières, soit dans les entretiens particuliers, sous peine d'être tenu pour grossier et incivil. Il arrive de là que, tandis qu'eux-mêmes ils ne se font ni peine ni scrupule de prendre l'initiative toutes les fois qu'ils le veulent sur les choses de la religion, cela n'est jamais permis aux catholiques. Bien plus, tandis qu'ils s'emploient eux-mêmes avec ardeur au prosélytisme le plus inconsidéré, et que tous les

(1) Qu'il avait bien raison, cet aimable saint appelé saint François de Sales, à la vue de tant de calomnies dont les protestants, dés le temps où il vivait, s'étudiaient à charger l'Eglise catholique, de comparer cette Eglise à la chaste Suzanne faussement accusée par ceux qui se donnaient pour les juges incorruptibles du peuple d'Israël! Cette sainte femme, au moment où on allait la traîner au supplice, se recommandait au Seigneur et lui disait avec une vive foi : « Dieu éternel, qui pénétrez ce qu'il y a de plus caché, et qui comiaissez toutes choses avant même qu'elles soient faites, vous savez qu'ils ont porté contre moi un faux témoignage, et (que) je n'ai rien fait de tout ce qu'ils ont inventé

si malicieusement contre moi. » Dieu suscita alors l'esprit du jeune Daniel, qui cria du milieu du peuple : •< Etes-vous si insensés que d'avoir ainsi, sans juger, et sans connaître la vérité, condamné une fille d'Israël ! » Et le peuple revint sur cette affaire, et Daniel convainquit les accusateurs du faux témoignage qu'ils avaient porté

moyens honnêtes ou déplacés leur son! bons pour cela,

ils ne négligent rien pour tenir la bouche fermée aux catholiques : car ceux-ci leur inspirent beaucoup de crainte, quoiqu'ils fassent semblant de les mépriser. Mais les faits parlent bien plus haut que leurs paroles et que leurs démonstrations affectées.

En voilà assez sans doute pour ce que nous avions à dire des obstacles de toute sorte opposés par les gouvernements et par les particuliers : obstacles tantôt directs et violents, tantôt indirects et dissimulés: tantôt matériels et physiques, et tantôt intellectuels et moraux, pour ôter aux victimes du protestantisme, quelle qu'en soit la secte, tout moyen de se dégager de ses pièges et de ses liens. Je pourrais ajouter encore ici, à l'appui de mes raisonnements, la facilité qu'ont les protestants de passer sans inconvénient d'une de leurs sectes à une secte différente; je pourrais ajouter aussi quelque chose des qualités personnelles et morales de ceux qui s'emploient avec le plus de zèle à créer ainsi des obstacles au catholicisme, et qui sont la plupart tout ce qu'il y a de plus corrompu, de plus fanatique et de plus ignorant ; mais je n'ajoute plus rien, pour ne pas dépasser les bomes que je me suis prescrites (1).

1 Qu'il nous suffise, pour donner une idée des qualités morales de ces calomniateurs, de citer pour tous les autres Robert Gilbert, qui, en lévrier 1651. publia, dan? le Stmdag limes, qu'une pauvre religieuse de Nottingham avait essayé par trois fois

échapper de son couvent, mais qu'elle n'y avait ]u< i et que maintenant la pauvre fille était emprisonnée dans un couvent en France. L'histoire était trop belle et trop agréable, et toutà-fait du goût des protestants. Elle fut donc répétée dans une

A ce tableau abrégé des moyens de toute espèce employés par le protestantisme non-seulement pour empêcher le retour des sectaires à l'Église catholique, ainsi que la conversion des infidèles à cette même religion, mais encore pour pervertir les catholiques eux-mêmes et les engager à embrasser la prétendue réforme, qui ne tremblerait pour l'Église? qui ne dirait que le nombre des catholiques devrait être considérablement diminué, surtout si l'on fait attention aux ressources puissantes dont toutes les sectes sont munies, à la conspiration unanime de tant de princes et de nations qui ne s'accordent qu'en ce point, tellement qu'on a vu, il n'y a que quelques années, les Turcs, les Grecs schismatiques, les protestants, les anglicans, les Russes

multitude de journaux, reproduite à part sur des feuilletons, et distribuée gratis par de bonnes dévotes protestantes. Mais deux mois plus tard, l'éditeur même du Sundcaj Times, s'étant rendu à Nottingham sur les lieux, se convainquit par lui-même que cette historiette n'était autre chose qu'une calomnie inventée d'un bout à l'autre, et il composa là-dessus un article. Ainsi cette affaire fut terminée ; on n'en parlait plus, et on ne savait plus rien de Robert Gilbert le calomniateur, quand tout-à-coup, dans l'automne de l'année suivante, Robert Gilbert reparut sous les yeux du public et devant le tribunal de Cambridge, où il fut convaincu d'avoir fabriqué une fausse lettre de change de 100 livres sterling (délit estimé beaucoup plus grave par les protestants que de calomnier de pauvres religieuses). Gilbert avait passé déjà six mois en prison pour un pareil crime, et cette fois il fut condamné à dix ans de galère aux colonies pénitentiaires. Voilà à quelle race appartiennent les calomniateurs des catholiques. La chose est ancienne, et pourtant elle paraît toujours nouvelle ; les protestants n'apprennent rien, et ils accueillent toujours les nouvelles calomnies avec la même avidité. Ces pauvres protestants se repaissent de vent; qu'y faire ! ils ne trouvent pas d'autre pâture. Voir le Tablet, 23 avril 1853, article Protestant witness against the Church of Christ.

et les juifs se réunir à la fois contre les catholiques de Syrie (1) ; si l'on fait attention de plus à la conspiration des ennemis domestiques, je veux dire des communistes, des socialistes, des incrédules de toute opinion, et des mauvais catholiques qui font cause commune avec tous ces ennemis extérieurs? Ah ! si l'Eglise n'était soutenue par le bras du Très-Haut, à peine pourrait-on trouver d'elle aujourd'hui quelques débris, quelques légers vestiges à recueillir comme on le fait quelquefois des débris d'antiques monuments. Et cependant, en dépit do. tant d'obstacles, de tant de manœuvres,

(1) Deuxième supplément du 7 avril 1841 du journal l'Univers.

Observons ici que ce n'est pas que de ces dernières années que date le penchant des sectes à se soutenir mutuellement et à s'unir ensemble contre les catnoliques, comme le font aujourd'hui les diverses communions protestantes. Les manichéens s'unirent aux ariens contre les catholiques, comme le fait voir Mcehler dans la I ie de saint .4thana.se, t. ni, p. 75 de la traduction française. De même les pélagiens firent cause commune avec les nestoriens, et c'est pour cette raison qu'ils furent condamnés avec eux au concile d'Ephèse. On pourrait citer de même à proportion tous les autres hérétiques.

C'est cette conspiration des sectes contre l'Eglise qui a fourni à S. Hilaire de Poitiers le sujet de cette belle réflexion que nous lisons dans son livre vu de Trinitate, c. 4-6, et que voici : ■ Par conséquent, dit-il, tous (les hérétiques) étant réunis contre cette société (l'Eglise), qui est une, elle est une réfutation toujours vivante de l'erreur, par cela seul qu'elle est seule de son coté, et qu'elle est une. Tous les hérétiques s'élèvent donc ensemble contre l'Eglise ; mais ils se combattent aussi les uns les autres ; et quand ils remportent la victoire, cette victoire ne leur est pas profitable; car les triomphes de chacun d'eux sont les triomphes de l'Eglise ici-bas, puisque chaque hérésie condamne dans une autre hérésie précisément la doctrine que la croyance de l'Eglise «'Ilemême réprouve dans cette dernière. En se combattant les unes les autres, elles confirment la vérité de notre propre croyance.»

de tant d'efforts, de tant d'astuce, de tant de violence, de tant d'outrages, de tant d'argent distribué, de tant de confédérations, de tant de persistance à la combattre, l'Église non- seulement n'est pas détruite, non-seulement n'est pas amoindrie; mais elle a pris encore de tous côtés de prodigieux accroissements, comme nous ne tarderons pas à le prouver : démonstration évidente de la vérité des promesses que lui a faites le Sauveur, et de la puissance infinie de Dieu, qui la protège.

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