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LE R. P, JEAN PERROXE

Recteur du Collège Romain Pau M. l'abbé F. -Edouard CHASSA V.

Docteur en Théologie «le l'université de Fribourg-en-Brisgau, chanoine honoraire de Bayeux et professeur de Philosophie au séminaire diocésain, membre résidant de l'Académie de la religion catholique de . de la Société littéraire de l'université catholique de Louvain, des Académies de Rordeaux. de Reims, de Dijon et de C&en, et des ités impériales académiques de la Loire-Intérieure et de Cherbourg

« Le prince des théologiens contemporains •• il), le R. P. JeanPerronc, naquit en 1794àChiéri, ville éloignée de Turin d'environ trois lieues . Placé de bonne heure au collège de cette ville, son application au travail et ses talents précoces le mirent en état de terminer ses études littéraires et philosophiques à l'âge de quinze an-, et à cette époque il fut envoyé au séminaire de la capitale pour faire son cours de théologie et d Écriture sainte dans l'université de Turin, qui ne laissa partir son élève qu'après lui avoir conféré le doctorat.

Il avait atteint sa vingt et unième année et était déjà sous-diacre lorsqu'il se rendit à Rome, où il entra dans

1 Expression de M. l'abbé Pierrot, un des auteurs de l'Eu ologiqu ■

vin NOTICE BIOGRAPHIQUE

l;i( lompagniede Jésus, qu'un décret du pontife Buprème

venait de rétablir au grand contentement des amis de l'Église, qui avaient eu la douleur de voir succomber cet ordre sous les efforts réunis de l'impiété et de la politique. Les jours où il fut permis au nouvel enfant de saint Ignace de se livrer au calme de la solitude ne furent pas longs. Après un an de noviciat, ses supérieurs l'envoyèrent à Orviéto, et comptant sur son intelligence supérieure, ils ne craignirent point de voir leurs espérances déçues en faisant monter un jeune homme de vingt-deux ans dans une chaire de théologie. Les desseins de la Providence s'accomplissaient surleR.P. Perrone, et le nouveau professeur venait d'entrer dans une carrière qu'il ne devait interrompre qu'à de rares intervalles et qu'il était destiné à illustrer par les vertus de L'humble religieux et parles admirai «les ouvrages qui lui ont fait une si grande réputation. Doué d'une mémoire extraordinaire et soigneux de recueillir tout ce qu'il rencontrait d'important dans ses lectures, quarante ans plus tard, il pouvait encore montrer aux élèves qui allaient lui demander avec respect des conseils sur leurétudes les notes qu'il avait prises à l'âge de quatorze ans, et que les connaissances de ton le espèce qu'il avait acquises ne lui avaient pas l'ait dédaigner. Après qu'il eut professé pendant sept ans la théologie dogmatique et morale dans le collège d'Orviéto, la même obéissance qui L'avait éloigné de Rome le rappela dans la ville sainte, et là, il fut encore chargé d'enseigner la théologie aux étudiants de la Compagnie, auxquels furent adjoints Les «lu ( lollége ( Germanique.

NOTICE BIOGRAPHIQUE. ix

Au mois de septembre 1823, Léon XII 6t;iit monté sur le trône de saint Pierre, et sous son autorité inflexi-» ble les fortes et antiques institutions continuaient à sortir de leurs ruines ou de leur état d'inaction. Le Collège Romain fut rendu à la Compagnie de Jésus par ordre exprès du pontife, et le R. P. Perrone, déjà revêtu du sacerdoce, reçut ordre de monter dans la chaire qu'avaient occupée avec tant d'éclat Bellarmin, Suarez et Yasquez. En 1830, il fut envoyé àFerrare pour gouverner le collège de cette ville, en qualité de recteur, et durant cet espace de temps, qui ne fut que de trois an>, le clergé de cette ville s'estima heureux d'assister aux conférences morales que le R. P. Perrone avait été chargé dé faire. Rappelé de nouveau à Rome en 1833, il reprit l'enseignement de la théologie dans cette chaire du Collège Romain qu'il ne devaitplus quitter que lorsque l'intolérance des démagogues l'exilerait loin de >a patrie, ou que l'obéissance l'obligerait de se consacrer au gouvernement de quelque maison de la Compagnie.

En 1848, quand les efforts des révolutionnaires et des sociétés secrètes menacèrent de précipiter l'Europe dans l'abîme de la barbarie, l'illustre professeur suivit les destinées de son ordre persécuté : il quitta le Collège Romain et accompagna ses frères sur la terre étrangère. 11 se retira en Angleterre pour laisser passer l'orage, et pendant les deux ans qu'il fut éloigné de l'Italie, plusieurs étudiants, qui ne connaissaient d'abord que de réputation le célèbre professeur, se trouvèrent heureux de pouvoir profiter de ses vastes connaissances, en suivant

x NOTICE HKK.RAI'MIUl E.

Les leçons de théologie que le R. P. Pcrrone continua de donner pour ne pas rendre infructueux les jours de son exil.

De retour à Rome, en 1850, il se vit de nouveau entouré de nombreux élèves venus de tous les pays catholiques , qui ont écouté ses doctes enseignements jusqu'à la fin de 1853, époque à laquelle des ordres supérieurs l'ont appelé au gouvernement de tout le Collège Romain avec le titre de recteur.

Dans cette carrière de trente-sept ans consacrée glorieusement au professorat, le R. P. Perrone, dont l'immense activité suffit à tout, sut, malgré des travaux absorbants, trouver le temps de remplir avec succès les emplois les plus importants et les plus difficiles. En effet, il fut longtemps examinateur des jeunes jésuites et des autres étudiants externes qui fréquentaient le Collège Romain, consulteur de maison ou de province et il dirigea avec succès la congrégation de la Sainte- Vierge, connue sous le nom de Prima Primaria, congrégation qui fut la mère et le modèle de toutes celles qui furent établies en l'honneur de la Vierge immaculée dans tout l'univers catholique.

Les souverains pontifes lui montrèrent la même confiance que la Compagnie de Jésus, etle nommèrent consulteur de diverses congrégations. C'est ainsi qu'il su - > parmi les membres de la congrégation des Evêques ei Réguliers, qu'il Ht partie des congrégations chargées de l'examen des conciles provinciaux «t de la révision livres det - orientales. Il fut en même temps

ooBsnlteur des congrégations de la Propagande, des

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Rites , des Affaires ecclésiastiques extraordinaires , membre de la commission générale et spéciale créée pour s'occuper de l'immaculée conception , examinateur des évoques, examinateur apostolique du clergé romain.

Trois cardinaux, évoques suDurbicaires.NN.SS.d'Albano, de Sabine et de Porto, le nommèrent examinateur synodal de leurs diocèses ; plusieurs académies littéraires et scientifiques se font gloire de le compter au nombre de leurs membres, et l'Académie de la religion catholique lui a donné une place parmi ses douze censeurs.

Les souverains pontifes, et particulièrement Grégoire XVI et Pie IX, lui ont témoigné en toute occasion la plus grande bienveillance, et l'ont employé dans les affaires de la religion les plus épineuses et les plus importantes. Plusieurs cardinaux professent pour lui une affection particulière et le consultent comme leur théologien. Tout le clergé romain a pour lui la même vénération affectueuse. Il est en relations scientiliques et littéraires avec les savants les plus distingues de l'Europe. Une multitude de personnes s'adressent à lui par lettres et de vive voix dans les questions religieuses et théologiques. Il compte parmi ses élèves plusieurs évoques et prélats et un grand nombre de professeurs.

A cette courte notice, que les convenances dues à la modestie d'un religieux encore vivant ne nous permettent pas d'étendre davantage, nous joindrons le catalogue des savants ouvrages publiés jusqu'ici par le R. P. Perrone.

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