‹ Le psautierChapitre 113 sur 140 · PSAUME XL · texte numérisé non relu

PSAUME XL

Beatus qui inteïligit super egenum et pauperem.

Jésus-Christ a cité le dixième verset de ce psaume , en l'appliquant à la trahison de Judas; et les interprètes et les Pères s'accordent à penser que c'est le Sauveur qui parle, dans les dix derniers, parla bouche du prophète , et qui annonce la gloire de sa résurrection.

Heureux celui qui est attentif aux besoins du pauvre et de l'indigent : le Seigneur le délivrera au jouf de Taffliction.

Il le conservera , le vivifiera et le rendra heureux sur la terre , et ne le livrera point à la méchanceté de ses ennemis.

Il l'assistera sur le lit de sa douleur : oui , la main du Seigneur lui-même retournera son lit, pour l'y reposer dans ses infirmités.

J'ai dit au Seigneur : Ayez pitié de moi , guérissez mon âme, parce que j'ai péché contre vous.

* Mes ennemis ont fait des imprécations contre moi ; ils ont dit ; Quand est - ce qu'il mourra ? quand est-ce que son nom périra ?

Si quelqu'un d'eux s'approchait de moi , c'était pour me tromper ; et il recueillait alors toute sa malignité dans son cœur.

' Ici commencent les dix versets appliqués à Jésus-Christ.

Il s'éloignait, et allait au dehors tenir contre xhoi les mêmes discours d'iniquité.

Tous mes ennemis parlaient en secret contre moi ; tous ne pensaient qu'à me*faire du mal.

Ils répétaient contre tnoi cette parole d'insulte : « Il est tombé ; et pourra-t-il se relever ^ ? »

^ L'homme de ma paix, en qui j'avais espéré, qui mangeait mon pain , a porté l'insolence jusqu'à tramer ma perte.

Vous, Seigneur, ayez pitié de moi, et ressuscitez-moi, et je leur rendrai ce qulls méritent.

J'ai connu que vous mettiez en moi vos complaisances , à ce que vous n'avez pas permis que mon ennemi triomphât de moi ^.

Vous avez pris soin de moi à cause de mon innocence , et vous m'avez établi en votre présence pour l'éternité.

Que le Seigneur Dieu d'Israël soit béni dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. Ainsi soit-il.

Gloire au Père , etc.

^ C'est, en des termes diflférens, ce que disaient les Juifs dans leurs railleries contre Jésus-Christ crucifié : « Toi qui détruis le temple de Dieu et le rebâtis en trois jours , sauve- toi toimême et descends de la croix. »

* « Celui qui mange à présent mon pain est celui qui me trahira. » S, Jean , chap. xiii, vers. 26 K

^ La Passion de Jésus-Christ, suivie de sa résurrection, a été son ti^iomphe , et a mis le monde au pied de sa croix.

* Il y a dans saint Jean : « C'est celui à qui je présenterai un morceau de pain trempé » qui me trahira, ( /. X. )

4io LE PSAUTIER.

PSAUME. Xj^VIII.

Audite hœc y omnes génies.

Ce psaume , qui est tout moral , traite de la vanité des biens de ce monde , et de la folie des hommes qui oublient qu'il faut mourir et que la mort ne leur laissera rien.

Écoutez, nations; écoutez, babitans de la terre : enfans des hommes, je vous parle à tous sans distinction : riches et pauvres , écoutez.

Ma bouche vous dira les paroles de la sagesse ; et la méditation de mon cœur vous enseignera la prudence.

Je prêterai l'oreille à l'inspiration, et j'expliquerai ma pensée dans mes chants.

Qu'aurai-je à craindre au mauvais jour, au jour de la mort ? rien qu'une seule chose : c'est que mon iniquité ne me suive.

Les hommes se sont confiés dans leur puissance ef glorifiés dans leurs richesses.

Mais alors le fi'ère ne rachètera pas son frère ; et l'homme rachètera-t-il l'homme quand personne ne pourra satisfaire à Dieu pour soimême?

Non, personne ne pourra payer la rançon de son âme; et celui qui aura vécu et travaillé le plus long -temps ne verra-t-il pas enfin la mort, après avoir vu mourir les sages et les justes , comme les stupides et les insensés ?

Us laisseront leurs richesses à des étrangers.

et leur tombeau sera pour toujours leur demeure.

C'est là qu'ils habiteront de génération en génération; et il ne restera d'eux sur la terre que leur nom.

Mais l'homme , dans ses vains honneurs , est sans intelligence ; il est semblable à l'animal dépourvu de raison.

C'est là recueil où ils se brisent ; et pourtant ils s'applaudissent eux-mêmes dans la vanité de leurs discours.

Ils seront enefrmés dans l'enfer comme un troupeau dans le bercail , et la mort les y consumera.

Et les justes seront leurs maîtres % quand le jour du Seigneur se lèvera; et les puissans du monde passeront de la gloire de leurs palais dans, la nuit de l'enfer.

Mais mon Dieu rachètera mon âme de l'enfer , parce que mon J)ieu me prendra sous sa protection.

Ne craignez point l'homme quand il sera devenu riche, et qu'il aura étendu la gloire de sa

maison ;

Car en mourant il n'emportera pas ses richesses, et sa gloire ne sera pas avec lui dans le ton^beau.

' C'est-à-dire au jugement dernier, où les saints jugeront le monde avec Jésus-Christ.

4i2 LE PSAUTIER.

C'est pendant sa vie qu'il recevra des applaudisseraens, et que lui-même vous donnera des éloges, si vous pouvez le servir.

Mais il ira rejoindre les générations de ses pères, et perdra la lumière pour toujours.

Et cependant l'homme dans ses vains honneurs est sans intelligence : il est semblable à l'animal dépourvu de raison ^

Gloire au Père, etc.

Page 1