SCENE III
ADRIENNE, MICHONNET, MAURICE, m précipitant par la
porte du fond.
MAURICE, à la cantonade et comme parlant à la femme de chambre qui-
Teut le retenir.
Elle y sera pour moi, vous dis-je! (Conraot à Adrienne.) Adrienne !...
ADRIENNE, te jetant inrolonlairement dan» ses bras, Maurice!... (voulant se dégager de sea brat.)Ah! qu'ai-je fait?...
laissez-moi I laissez-moi !
MAURICE
Non, je viens tomber à tes pieds! je viens implorer mon pardon! si je ne t*ai pas suivie quand tu me Tordonnais... c'est que j'étais retenu par le devoir, par Thonneur... par un bienfait dont le poids m'accablait... je le croyais du moins! et je ne voulais pas laisser finir cette journée sans dire à la princesse : « Je ne puis accepter votre or, car je ne vous aime pas, car je ne vous ai jamais aimée, car mon cœur est à une autre !... » Mais juge de ma surprise !... aux premiers mots que je lui adresse... en m'écriant : c Je sais tout! je sais tout!... » tremblante... éperdue... elle, qui ne tremble jamais... tombe à mes pieds et avec des larmes feintes ou véritables m'avoue que Famour et la jalousie Tout égarée, qu'elle seule est la cause de ma captivité!... elle ose me l'avouer... à moi qui pensais lui devoir ma délivrance...
ciel !.,.
MAURICE, continuant afee cbalenr.
A moi qui, honteux et désespéré de ses bienfaits, venais implorer seulement quelques jours pour m'acquitter, dussé-je jouer mon sang et ma vie !... et j'étais libre... libre de la
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mépriser, de la haïr... de Tabandonnerl libre de courir vers toi et de me réfugier à tes pieds I... ma protectrice, mon bon ange... m'y voici! (Tombant à ses genoax.)Ne me repousse pas !
ÂDRIBNNE,
Faut-il te croire?
MAURICE. '
Par le ciel... et Thonneur I je t'ai dit la vérité... quelque difficile qu'elle soit à expliquer... car, renversé du haut de mes espérances, arrêté, jeté dans un cachot, j'ignore encore quelle main m'a délivré et j*ai beau chercher, je ne puis découvrir par qui me sont rendus ma liberté, mon ép^ et un glorieux avenir peut-être ; le sais- tu ? peux-tu m'aider ft le deviner ?
ADRIENNE, baissant les yeux.
Je ne sais !... je ne puis dire...
MICHQNN]ST, qui pendant la tirade précédente à remonté le théâtre, passe
yiTement entre eux deux.
Que c'est ellel... elle-même !.,,
ADRIENNE, vivement.
Taisez-vous I taisez- vous!
MICHONNET, aveo chaleur.
C'est elle qui a engagé pour vous sa fortune, ses diamants, tout ce qu'elle avait... et plus ^acore !..,
. ADRJENNE.
Ce n'est pas vrai !
MICHONNET, de même, avec force.
C'est vrai!... et s'il faut en donnej* des preuves, apprenez qu'elle a emprunté... emprunté à quelqu'un... (se reprenant.) que je ne connais pas, mais vous pouvez m'en croire, moi!... qui ne veiix que son repos... son bonheur... moi qui l'aime comme un père, (viTement.) oh ! oui... comme un père I
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ADRIENME, Tirement.
Vous pleurez ?
MICHONNET.
De contentement, d'émotion... Adieu. i. tu sais qu'on m*attend au théâtre, et j'y dois être avant la fin du spectacle... adieu... adieu... «
(Il se précipite Tera la porte du fond.)